LES ANNEXES DE LA YATK ANE
naturellement au cabinet des médailles. Dès le milieu du dix-huitième siècle, elle était fort riche, et fournissait un large contingent au livre de Ficoroni sur les Gemmœ antiqux litteratx (1757); mais elle aussi eut beaucoup ù souffrir des suites de la Révolution française.
Plus heureuse, parce que composée de matières moins précieuses, fut la collection de sigillographie. Elle a été organisée sous le pontiOcat de Fie VI, qui, par une série d'échanges, obtint du musée Kircher trois cents matrices de sceaux du moyen âge; ce chiffre a été depuis plus que doublé, et il faut compter en outre un nombre considérable d'empreintes de cire et de bulles de plomb, surtout pontificales, dont quelques-unes, qui sont depuis longtemps à la Bibliothèque, ont été publiées dès le dix-huitième siècle par Ficoroni (17 40'.
L'entrée à la Vaticane, en 1744, de la collection archéologique formée par le cardinal Carpegna eut de grandes conséquences. Le médaillier ne fut pas seul à s'en ressentir; Benoit XIV y trouva matière à l'organisation de deux nouveaux. Musées.
Il y avait là un très grand nombre de verres ornés et autres menus objets provenant des Catacombes : à ce point de vue, c'était une collection vraiment unique, et d'une importance originelle d'autant plus grande que les cimetières chrétiens, découverts à la fin du seizième siècle, avaient été laissés, depuis Bosio, dans un funeste abandon; l'ouvrage dans lequel le savant Buonarotti (171()) avait décrit et illustré les principaux objets de verre et de bronze coptenus dans le Musée Carpegna est devenu un des livres classiques de l'archéologie chrétienne. L'acquisition de ce trésor
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par le pape Lambertini fut lorigine du Musée Sacré, ou Musée des antiquités chrétiennes, aujourd'hui encore annexé à la Vaticane.
A la collection Carpegna, Benoît XIV joignit bientôt celle de Vettori; il y ajouta quelques objets qu'il avait lui-même réunis, installa le tout dans une nouvelle salle, qu'il fit aménager au delà de la salle réservée à la Palatine, et y fit transporter les inscriptions cémétériales conservées dans les difTérentes églises de Rome. Les inscriptions ont été transférées sous le. règne de Pie IX dans le somptueux Musée si méthodiquement disposé par M. de Rossi dans les galeries du Palais de Latran, mais les menus objets sont restés à la Vaticane, et d'année en année les fouilles des Catacombes ou la munificence pontiiicale ajoutent à ce trésor de nouveaux joyaux.
Les bijoux et objets précieux delà collection Carpegna qui appartenaient à l'antiquité païenne tels que camées, ivoires, figurines de bronze, fibules et bracelets . formèrent le noyau d'un nouveau Musée, qui fut établi par Pie VI à l'extrémité du bras septentrional de la Bibliothèque, dans la salle des colonnes de porphyre. C'était l'exact pendant du Musée Chrétien que Benoit XIV avait installé à l'extrémité du bras méridional; ce fut, par opposition, le « Musée Profane «. Il s'est, depuis, beaucoup accru.
A la suite du Musée Chrétien, le même Pie VI faisait installer un cabinet pour les Papyrus, entrés à la Vaticane sous Clément XII et Clément XIV, et il en contiait la décoration à Raphaël Mengs; il nous sera permis toutefois de préférer à l'œuvre trop vantée du peintre la publication faite quelques années plus tard de ces précieuses reliques par Gaetano Marini dans
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6QS> Pojjivi diiiloiiifitici, sortis, en ISO,j, des presses de la Propagande et dédiés au pape par leur auteur comme « nés et grandis tout entiers dans la Biijliotlièque ».
En même temps, Pie VI rattachait aux services généraux de la Biblioliièque l'ancien Oi)servatoire de la Torn; dr venli, institué au seizième siècle pour la fameuse réforme du calendrier; il le dotait d'instruments astronomiques nouveaux, et mettait à sa tête le savant Filippo Luigi (iilii, à la lois naturaliste et astronome. Léon XIII s'est inspiré de cette tradition, et l'installation à la Spccola Vadcmia du R. P. Denza, qui honore maintenant l'ordre des Barnabiles comme le P. Secchi illustrait naguère celui des Jésuites, est une des mesures qui caractérisent le mieux les tendances du pontife actuel et son attitude à l'égard de la science.
Le successeur de Pie VI acheva de doter la Vaticane de ses organes secondaires. C'est sous Pie VII que fut créée, au delà du Cabinet des Papyrus, la salle des peintures du moyen âge, oii vint s'abriter la collection de Seroux dWgincourt, singulièrement accrue plus tard par Grégoire XVI, et, latéralement, la salle des fresques antiques, longtemps unique en son genre, où on plaça, en 1S18, les fameuses Noces Aidobrandines et les figures de femmes trouvées ù Tor Marancia, que sont venues rejoindre plus tard les scènes de VOdysst'r, trouvées au Viminal, les peintures (les fouilles d'Ostie, et ces courses de chevaux conduits par des enfants provenant d'un lomlx.'au de la Voie Appienne; tout à côté, Marini installa le petit cabinet des inscriptions doliaires.
Mais ce qui rend le p(jntilicat de Pie VU parlicu-
lièrement important dans l'histoire extérieure de la Vaticane, c'est l'organisation, dans la galerie de Cléopâtre (c'est-à-dire dans le portique oriental de Bramante), d'une bibliothèque lapidaire incomparable. L'œuvre avait été préparée par les prédécesseurs de Pie YII ; elle fut exécutée sous ses yeux par Gaetano Marini, et tandis que la seconde moitié de cette galerie, longue de près de trois cents mètres, devenait le Musée Chiaramonti, toute la partie antérieure, depuis le portique de Jean d'Udine sur la cour Saint- Damase jusqu'à l'entrée de la Vaticane , devint pour la Bibliothèque la plus royale avenue que Sixte-Quint eût jamais pu rêver pour elle.