‹ Le Vatican (volume 2)Chapitre 105 sur 123 · LA VATICANE. DE PIE VI A PIE IX · texte numérisé non relu

LA VATICANE. DE PIE VI A PIE IX

M. do Rossi y a fait ses premières armes, et il se plaisait à rappeler avec quelle curiosité et quel intérêt le vieux cardinal suivit les progrès de cette jeune vocation suscitée ou révélée par de précoces visites à la Bibliothèque Yalicane.

Pie IX se montra largement hospitalier, et ce serait une liste longue à dresser que celle de tous les hôtes que reçut la Vaticanc durant ce pontificat de trente-deux ans. Elle aida puissamment au développement des études archéologiques et fournit un large contingent aux recherches des historiens et des phihïlogues; Bethmann en 1854 et Dudik en ISoo pouvaient dépouiller page par page les inventaires vaticans.

Mais le pape n'avait garde d'oublier le caractère premier et fondamental de la Bibliothèque apostoli- ([ue, et la nomination du savant cardinal Pitra au poste de bibliothécaire, en 18(»9, se rattache au dessein nourri par Pie IX de reprendre, à l'égard de l'Orient, les travaux d'Allatius et des Assémani. C'est à l'année 1857 que remontaient les premiers rapports du pape avec Dom Pitra; une dissertation sur les constitutions et collections canoniques des Grecs, publiée par Térudit bénédictin l'avait signalé à l'attention de Pie IX et désigné « comme un des savants les mieux préparés à réunir et à éditer les monuments anciens du droit des Grecs et à montrer par Tétude de ces sources ({ue jusqu'au schisme de Photius et aux tentatives qui l'ont amené, l'Église orientale a été étroitement unie à l'Église Romaine ». Appelé par le pape, il vint à Rome; il travailla à la Vaticane et à la Propagande, fut envoyé en Russie, et revint par l'Autriche et la Bavière « avec quinze cents

pages de notes sur toutes les matières canoniques, liturgiques, historiques, touchant le monde slave et grec antique et moderne ». De là sortirent, en deux volumes, les Juris ecclesiastici Grœcorum hisloria et moninnenfo (1865-08i, et de nombreux textes liturgiques et hymnographiques, doù le savant éditeur dégagea le premier les lois de l'hymnographie grecque. Le poste de bibliothécaire était la récompense de tous ces travaux, et le moyen de les poursuivre pour la plus grande gloire de l'Église et de la Bibliothèque.

En même temps, Pie IX avait mis à la tète des Archives Vaticanes un oratorien connu d'abord comme canoniste. En quelques années, avec une fougue extraordinaire, le P. Theiner tira des Archives la matière d'énormes volumes qui sont, pour toute une partie de l'Europe, comme des fragments de bullaires nationaux, tandis qu'il tentait de dresser comme une barrière aux convoitises de l'Italie nouvelle les trois in-folios de son « Recueil de diplômes concernant le domaine temporel du Saint-Siège ».

Avec le pontificat de Léon XIII, ces tendances à tirer parti des trésors que renferment la Bibliothèque et les Archives se précisent et se systématisent. Les érudits placés à la tète de ces deux grands dépôts avaient souvent travaillé vite, préoccupés qu'ils étaient d'amasser en peu de temps des gerbes dans le vaste champ qui s'ouvrait devant eux. L'heure était venue de donner satisfaction aux exigences de l'esprit critique de notre temps, et de continuer l'oeuvre avec plus de méthode et de rigueur, sur des bases renouvelées et élargies.

Page 1