‹ Le Vatican (volume 2)Chapitre 107 sur 123 · LÉON XIII ET LA SCIENCE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LÉON XIII ET LA SCIENCE HISTORIQUE

Mais les trésors de la Yaticane ne sont point faits pour demeurer enfouis comme ceux des avares; il importe (et cette conception est aussi ancienne que la Bibliothèque elle-même) que le capital intellectuel qui y est emmagasiné ne reste pas improductif; il y a longtemps que le pape se sait le dispensateur du bien des pauvres, de ceux qui souffrent la faim et la soif physique comme de ceux qui ont faim et soif de vérité.

Léon XIII veut que nous n'ayons aucun doute à cet égard, et lorsqu'en octobre 1888 il a promulgué pour la Bibliothèque un règlement nouveau, il a pris soin d'indiquer lui-même, dans l'exposé des motifs qui précède le texte de son ordonnance, le sens de ses réformes à la Bibliothèque et les résultats qu'il en attend :

« Nous ne désirions rien tant, dit-il, que d'apporter une réforme qui fût à l'honneur de l'Église et qui favorisât le progrès de la vraie science. Nous savions combien les hommes de notre temps sont passionnés pour la recherche historique et avec quel soin ils s'efforcent de découvrir les causes cachées des événements, et Nous n'ignorions pas que les ennemis de la religion abusaient de ces tendances pour obscurcir la lumière de l'histoire et la souiller par le mensonge, ajoutant foi aux inventions les plus fausses,

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calomniant les innocents, et déversant la haine et le mépris sur des hommes dignes de toute l'admiration de la postérité. Or, pour réduire à néant toutes ces faussetés, rien n'est plus propre et plus efficace que d'exposer à tous les yeux la vérité telle qu'elle résulte du témoignage irréfragable des textes et des monuments, et comme la Vaticane est, à ce point de vue, admirablement outillée, Nous avons jugé que si Nous voulions lui demander lumière et force pour découvrir à tous la vérité, pour défendre l'institution catholique, et combattre l'erreur, il était utile de la pourvoir de ressources de tout genre, d'y installer tous les offices nécessaires au bon fonctionnement du service et susceptibles d'aider les érudits à explorer le plus facilement possible les trésors quelle contient. »

Faciliter l'accès des trésors de la Vaticane, voilà donc le but que poursuit le Souverain Pontife. De là, la publication des catalogues ordonnée par lui. Cette grande œuvre, entreprise sous les auspices du cardinal Pitra, a été poursuivie sous ses deux successeurs, le cardinal Schiaffino et le cardinal Capecelatro ; plusieurs volumes ont déjà paru il), dans les-

'I, La |iréface '^èoéTBlc a (-tê imhlii'c on 18«t!. cii tétc du calalogm- «If'S manuscrits laiins de la Bihliciilicque l'alaliiic. M. de K<>ssi y a iiia- SistiHlcnuMit retracé, dans lampli-ur de ce style latin don! il avait le secret. l'Iiistoire des origines et des \icissitudes de la Bibliothèque A|)<)stolii|UC, et je voudrais qu'on pût retrouver à travers les pages île ce rapiile exposé un lointain écho de la voix si chère qui m'a servi de guide et qui manquera tant dc-sorniais. I)e|)uis. s'inspirant de l'œuvre du Maître. Monseif?neur Carini. préfet de la Vaticane. a expos»', dans un savant mi-nioire sur • I.a Bibliothèque Vaticane propriété du Saint- Siè^'e .. quels principes ont présidé à la formation et à l'accroisscraeni de la Biblioiliéque et quelles ressources y ont été affectées. Je lui dois plus d'un rcnscigncnicnl utile.

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quels ont été successivement décrits les manuscrits grecs et latins de la Palatine, les imprimés du même fonds, les manuscrits grecs de la Reine, de Pie II et du fonds Ottoboni, ainsi que les papyrus égyptiens de la Vatican e.

On peut y rattacher deux publications collectives de la Vaticane, parues à l'occasion des deux jubilés de 1887 et de 1893, et auxquelles le cardinal bibliothécaire, les deux préfets et les « scriptores » ont chaque fois contribué. Ce n'est pas là seulement une intéressante collaboration de tout le personnel, c'est la collaboration de ce personnel à l'œuvre même du Saint- Père. Interprètes de sa pensée, les savants placés à la tête de ce grand établissement scientifique ont illustré chacun une partie du domaine qui leur est spécialement confié. Il y a là un tableau suggestif des ressources qu'offre la Bibliothèque et des travaux auxquels elle peut donner lieu : ce sont autant de fenêtres ouvertes au public sur l'intérieur de cette magnifique création du pontificat romain.

Léon XIII d'ailleurs s'est fait l'éditeur des richesses de la Vaticane. C'est sur des manuscrits Vaticans — et en particulier sur les fameux autographes offerts, en 1871, au pape Pie IX — qu'a été faite la grande édition des œuvres de saint Thomas d'Aquin, sortie des presses de la Propagande 1882-180-2) et à laquelle le pape a attaché son nom ; du fonds Capponi, on a tiré, sur son ordre, le commentaire dantesque de Fra Giovanni da Serravalle et on l'a publié avec le texte de la Divine Comédie fourni par des manuscrits Vaticans; on a reproduit photographiquement le fameux Codex Vaticanns giwcus des Saintes Écritures, et le célèbre manuscrit des Prophètes connu sous le nom de

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