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LE ROLE A( TLËL DE LA BIBLIOTHEQUE VATICANE

de Sixte-Quint : mais peu ù peu l'accession de manuscrits nouveaux les avaient chassés de place en place; ni les salles de Paul V, qu'ils avaient dû bientôt évacuer parliellemenl, ni la salle ouverte pour eux en H'-i"! par Clément XII, ni les rayons qu'ils occupaient dans la salle de la Palatine ne pouvaient leur suffire. Considérablement accrus, à la tin du siècle dernier, par la bibliothèque du cardinal espagnol François Zelada, bibliothécaire de la Vaticane sous Pie VI, et dans ce siècle-ci par les livres d'Antoine Kuland, bibliothécaire de Wurtzbourg, et ceux d'Angelo Mai, ils avaient été relégués, dès le pontificat de (irégoire XVI, dans l'appartement Borgia. 11 était par suite extrêmement difficile d'en faire usage, et, en même temps, les chambres Borgia, ce joyau de la fin du quinzième siècle, demeuraient inaccessibles au public. Léon XHI a trouvé le moyen de rendre l'appartement Borgia à l'admiration des artistes et de donner du même coup à la belle collection d'imprimés de la Vaticane la place et l'emploi qui leur convenaient. Sous la galerie de Sixte-Quint s'étend maintenant une autre bibliothèque, décorée sobrement, dans le goiU pompéien, et dans laquelle ont été réunis plus de deux cent cinquante mille volumes imprimés. Elle a été mise sous la protection de saint Thomas, dont la statue de marbre préside aux huit salles qui la composent, expression concrète de la pensée qui a inspiré le pape Léon XIII.

On accède à la bibliothèque Léonine de deux côtés : de la bibliothèque Sixtine, par un escalier qui s'ouvre à côté de la nouvelle salle de travail, et des Archives Vaticanes, qui communiquent avec elle de plainpied. .\ussi a-t-il été facile de disposer dans ce vaste

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local une « Bibliothèque de consultation », pour l'usage commun de ceux qui travaillent à la Bibliothèque et de ceux qui explorent les Archives. C'est un trait d'union entre les deux dépôts qui, dans la pensée du pape, doivent concourir à la même œuvre. Avec quelle parfaite entente des besoins particuliers qu'elle doit satisfaire la bibliothèque de consultation a été installée, le nom seul du P. Ehrle, à qui on a fort à propos confié la tâche, suffit à l'indiquer. Pour au}<menter cette bibliothèque spéciale et l'enrichir des ouvrages récents qu'on jugeait particulièrement utiles au but proposé, on a eu recours aux échanges, la Vaticane disposant, grâce â la munificence de Léon XIII, des collections publiées aux frais du Saint- Siège. " Mais beaucoup d'instituts et de gouvernements, renonçant à toute réciprocité, ont donné libéralement les publications qu'on leur demandait, se déclarant très honorés de pouvoir ainsi coopérer à l'avancement de la science si désirée par Léon XIII et manifester au Souverain Pontife leur vive reconnaissance pour avoir ouvert à l'histoire les sources des Archives et de la Bibliothèque Vaticane, en entourant de continuelles faveurs ceux qui viennent y travailler. »

Le monde civilisé peut être, en effet, reconnaissant à Léon XIII. Grâce à lui, la Bibliothèque et les Archives du Vatican sont devenues un grand laboratoire international de science historique. Le pape a nettement aperçu ce qui, dès l'origine, a été le caractère propre de la Bibliothèque et des Archives Apostoliques. Ce dépôt, si intimement lié à l'institution pontificale, a participé à la nature de la Papauté : il est essentiellement quelque chose de catholique, c'est-à-

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