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LES FUNÉRAILLES PAPALES

quitta la chambre. Désormais la garde suisse l'escortait. 11 déposa la mantellella, puisque le pape éUiit vraiment mort. Et, le soir même, les trois chefs d'ordres se joignirent à lui : le gouvernement intérimaire était constitué.

Dans l'antichambre secrète, sur un lit recouvert de soie rouge. Pie IX fut couché. Il est d'usage, depuis Paul IV, « de faire une fente dans le corps du pape, de l'ouvrit, d'en retirer les viscères, de le laver, de l'apprêter ». Ainsi fut embaumé Pie IX, dans la nuit du 8. On mit son cœur dans une urne de marbre, et l'urne elle-même dans les cryptes de Saint-Pierre. Depuis Sixte-Quint, on confiait le plus souvent ces dépouilles à l'église des Saints-Vincent et .\nastase, paroisse du « palais apostolique » du Quirinal, où beaucoup de papes moururent : le Quirinal n'est plus « apostolique » ; et le caveau des Saints-Vincent et Anastase, construit sur l'ordre de Benoît XIV, attend toujours le cœur de Pie IX.

Il faut beaucoup de lenteurs, plusieurs étapes et plusieurs toilettes, pour que le cadavre d'un pape sorte du Vatican. Une de ces étapes fut supprimée en 1878. L'usage voulait que le mort, revêtu des ornements avec lesquels il officiait, passât une nuit dans la Sixtine. Le cardinal Pecci craignit l'irruption de la foule, l'importun concours, surtout, de la police italienne, trop jalouse de rétablir l'ordre dans le Vatican pour qu'on lui en offrit le prétexte. L'adieu de Pie IX aux fresques de Michel-Ange n'eut pas lieu. Cette suppression permit au camerlingue de faire transporter Pie IX à Saint-Pierre dès le soir du \) : l'ouverture du conclave, ainsi, fut avancée d'une journée.

Dans la salle même où il était exposé, Pie IX fut revêtu des ornements liturgiques. Un cortège se forma. Les hallebardes des Suisses, les torches du clergé précédaient les livrées rouges des Sediani, qui soutenaient la bière du pape mort, comme ils élèvent la Sedia du pape vivant. La cour et la famille pontificale suivaient. On traversa les Loges de Raphaël, la salle Ducale, la salle Royale; et par une issue latérale qui relie Saint-Pierre au Vatican, on déboucha dans la chapelle du Saint-Sacrement. La grille en était fermée : au delà, dans l'église, la foule se pressait, maintenue par la police italienne ; en deçà, dans la chapelle, le chapitre de la basilique attendait. Pie IX fut étendu sur un petit catafalque : les pieds dépassaient les barreaux, afin que la foule pût les baiser. Il était alors cinq heures du soir. Jusqu'au 13, le corps resta là. Grégoire XV prescrit que les funérailles se prolongeront neuf jours; les chrétientés d'Orient observent ce délai pour l'enterrement de leurs patriarches. L'épisode quotidien de la neuvaine funèbre [Novemdiali) doit être la célébration d'une grand'messe à Saint-Pierre. Jadis, les six premiers jours, cet office était célébré dans la chapelle des chanoines par un cardinal; durant les trois derniers jours dits des grandes funérailles, autour d'un catafalque monumental dressé dans la grande nef, cinq cardinaux donnaient les absoutes. En 1878, le sixième service des chanoines et le premier office du triduum final eurent lieu en même temps; le conclave, par là, fut avancé d'une seconde journée.

Il est de règle qu'un pape séjourne à Saint-Pieire douze mois au moins après sa mort. C'est le 13,

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