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LES FUNERAILLES PAPALES

quatrième jour des funérailles, qu'eut lieu linhumation provisoire de Pie IX. 11 faisait nuit; la foule avait pris congé du pape, les portes étaient fermées. Dans la chapelle du Saint-Sacrement, projetant sur le cadavre la lueur de leurs cierges, les cardinaux attendaient. Les chanoines soulevèrent le lit de parade, et derrière leur fardeau une procession s'aligna. La chapelle du Saint-Sacrement s'ouvre sur la nef droite de la basilique; et c'est à une niche de la nef gauche que le pape doit être confié. Pour rejoindre cet asile, la funèbre pompe évoluait à travers l'église; elle fr(jla la statue de saint Pierre, assise à droite de la grande nef, et longea la Confession, que la coupole surplombe. Elle s'acheminait ainsi vers la chapelle du choeur des chanoines, où trois cercueils s'ouvraient. Le premier était en cyprès : parmi les chants funèbres, chapelains et gardes-nobles y couchèrent le cadavre; le majordome y déposa trois bourses; elles contenaient les médailles d'or, d'argent et de bronze, frappées annuellement à l'effigie de Pie IX; et le plus ancien des cardinaux créés par le défunt mit à ses pieds un tube en métal ; un parchemin, contenu dans ce tube, donne l'histoire résumée du pontificat. Un voile blanc fut jeté sur la tète, un voile pourpre sur le buste, un linceul en brocart sur le tout. Le notaire du cliapitre lut un procès-verbal et le couvercle fut vissé. On y mit quatre cachets en cire, rouge, aux armes du majordome, de rarchiprêtre et du chapitre. Dès ce moment, le corps de Pie IX n'était plus sous la garde (lu Sacré Collège; les chanoines en avaient le dép(M. Deux cercueils restaient béants : l'un de plomb, l'autre de chêne. On renferma le cercueil de cyprès

dans le cercueil de plomb; le camerlingue, le majordome, rarchiprètre et le chapitre scellèrent de leurs armes; on avait gravé, en latin, sur cette seconde enveloppe : « Corps de Pie IX pontife souverain, qui vécut quatre-vingt-cinq ans, qui gouverna lÉglise universelle trente et un ans, sept mois et vingt-deux jours. Il .mourut le sept février mil huit cent soixante-dix-huit ». La croix et Técusson du mort surmontaient cette épitaphe. Elle disparut bientôt, avec le cercueil de plomb, sous le couvercle du troisième cercueil.

A gauche du chœur des chanoines, au-dessus d'une porte qui mène à la tribune des chantres, à mi-hauteur d'un pilier, une niche est pratiquée : c'est là que font halte tous les papes, avant d'être remis à leur sépulture définitive. Pour hisser le triple cercueil, un échafaudage, des treuils et des poulies, étaient à Tavanco disposés. On l'introduisit dans la niche; un maçon la referma ; une plaque de marbre oîi on lisait Plus lA, Pont. Max. fut appliquée. Et Pie IX resta là jusqu'en juillet 1881, date de son transport à Saint-Laurent hors les Murs. A la mort de chaque pape, ces scènes se répètent. Lorsque le Souverain Pontife descend à Saint-Pierre, la Confession, la Chaire, la Statue séculaire de l'Apùtre, lui rappellent l'immortalité de l'Église; la chapelle du Saint-Sacrement à droite, la niche funèbre à gauche, stations nécessaires entre son lit d'agonie et sa dernière demeure, lui rappellent sa propre mortalité.

Ce n'est pas autour du cercueil, renfermé dès le quatrième jour, mais autour d'un catafalque pompeux, haut de .3", 50, que les cardinaux célébrèrent le triduum final des « grandes funérailles ». Pour la

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