L'ÉLÉVATION DU PAPE
première fois en 1878, elles eurent lieu, non point à Saint-Pierre, mais à la Sixtine. Au dernier jour, le secrétaire des lettres latines prononça l'éloge de Pie IX : c'est l'acte suprême des « Novemdiali ». Les frais de ces cérémonies ne dépassèrent guère 2(),(X30 francs. Pie IV, au seizième siècle, fixait à 90,(X)0 francs, Alexandre YIII, au dix-septième siècle, réduisait à 53,000 francs les dépenses permises pour un pape mort. L'esprit d'économie dont on fit preuve en 1878 était conforme aux désirs de Pie IX, qui lui-même, dans son testament, réservait pour sa sépulture à Saint-Laurent hors les Murs la somme modique de 400 écus.
l'élévation du I'APE, la LEGISLATION TRADITIONNELLE DU CONCLAVE.
La neuvaine qui suit le transport à Saint-Pierre n'est pas exclusivement remplie par des pompes funèbres : en même temps qu'ils rendent hommage au passé, les cardinaux préparent l'élection du pape, c'est-à-dire l'avenir.
Nicolas II, en 1059, sans supprimer l'intervention du clergé et du peuple romain, confia le choix du pape aux cardinaux-évôques. En 1180, l'adhésion du bas clergé et le consentement du peuple disparurent complètement; mais Alexandre III décida que les cardinaux-prêtres et diacres exerceraient, à l'égal des évèques, un droit électoral. Il prescrivit aussi que nul ne serait pape s'il n'avait les deux tiers des voix, enlevant ainsi tout prétexte à des insurrections
d'antipapes. Si l'on excepte, à la fin du grand schisme, l'élection de Martin V, à laquelle prirent part, avec les cardinaux, trente prélats, délégués par les six nations représentées au concile de Constance, on peut dire que la détermination du corps électoral et de la majorité légale, depuis Alexandre III, est demeurée invariable. Tout cardinal, même excommunié ou frappé de censures, est électeur à moins qu'il ne soit démissionnaire, déposé, ou privé formellement du vote par le pape défunt.
Du treizième siècle date l'institution du conclave. Clément IV était mort en 1269 ; l'interrègne dura deux ans et neuf mois. Encore les dix-sept cardinaux l'eussent-ils prolongé, si la population de Viterbe ne les avait enfermés sans autres vivres que du pain, sans autre boisson que de l'eau. L'austérité de la clôture triompha de leurs tergiversations : Grégoire X fut pape. Le caprice des gens de Viterbe devint loi pontificale; par une constitution de 1274, les électeurs du pape furent soumis à une rigoureuse réclusion. L'abstinence cénobitique, même, passa dans ces règlements primitifs : Grégoire X réduisit à un plat l'ordinaire des cardinaux à partir du troisième jour; il ne leur accordait, au bout de huit jours, que du pain, de l'eau et un peu de vin. Le temps et une bulle de Clément VI atténuèrent ces dernières sévérités. Pie IV en 1562, Grégoire XV en 1621, Clément XII en 1732, codifièrent et précisèrent la législation antérieure. Pratiquement, aujourd'hui, leurs bulles et règlements font lois; mais les initiateurs furent Alexandre III et Grégoire X.
A ces instructions positives il faut joindre deux bulles, l'une de Jules II en 1303, l'autre de Paul IV