‹ Le Vatican (volume 2)Chapitre 18 sur 123 · L ÉLÉVATION DU PAPE · texte numérisé non relu

L ÉLÉVATION DU PAPE

rn l.")5S. La première annule toute élection entachée de simonie; elle excommunie et prive de leurs dignités les cardinaux qui trafiqueraient de leur suffrage. La seconde décrète l'excommunication majeure, la malédiction éternelle et la déchéance, contre tout personbage, fùt-il roi, qui traiterait, à l'insu du pape vivant, de l'élection du pape futur. Rien n'empêche, en revanche, le pape vivant d'indiquer au Sacré Collège le successeur qu'il souhaiterait : ainsi firent, à la suite de Grégoire VII, plusieurs papes du douzième siècle. Clément VII au seizième. Innocent X ot Innocent XI au dix-septième. Mais ces recommandations n'avaient pas force de loi. La tentative que tirent au sixième siècle Félix IV et Boniface II pour s'adjoindre un coadjuteur qui serait le pape futur réussit assez mal à ce dernier pontife; elle ne fut jamais renouvelée.

On peut dire, strictement, qu'il n'est aucun catholique masculin qui ne soit éligible à la papauté. Jean XIX, pape en 102i, et peut-être Adrien V, pape en 1270, étaient laïques. Durant les onze premiers siècles on élisait, d'habitude, des diacres ou des prêtres; jusqu'à la fin du neuvième, un seul évêque, Formose, obtint la tiare; llildebrand, devenant Grégoire VII, n'était que diacre. La consécration épiscopale du pape était alors le complément de l'élection. Depuis Mcolas II, tous les papes, sauf neuf, sortirent du Sacré Collège : le dernier à qui la pourpre ait fait défaut fut Urbain VI, en 1378; cette exception faillit se produire en 1740, au conclave d'où sortit finalement Benoît XIV. On a vu des cardinaux devenir papes, qui n'avaient reçu ni la consécration épiscopalc ni môme la prêtrise : Pie III en 1503, Léon X en

1513, étaient seulement diacres; Martin Y en 1417, Sixte IV en 1471, Clément VIII en 1594, Clément XI en 1700, Clément XIV en 1769, Pie VI en 1775, et Grégoire XVI en 1831, étaient de simples prêtres. Depuis le dix-septième siècle, les élus sont en général de grande ou petite noblesse : mais Sixte-Quint était fils d'un paysan. Depuis le grand schisme, les élus sont des Italiens, à Texception des deux Borgia, Espagnols, et dWdrien VI, Hollandais; mais avant cette époque, dix Français à Rome et sept à Avignon, cinq Allemands, vingt-deux Espagnols ou Anglais, et dans les huit premiers siècles vingt-deux Orientaux, furent papes. Les publicistes qui soutiennent que « le pape doit être Italien » ne sont pas des canonistes.

Quant au lieu du conclave, dans le haut moyen âge, c'était souvent le Latran, parfois le Septizonium, au flanc du Palatin, ou bien telle ville d'Italie où mouraitun pape exilé. Grégoire X et Clément V fixèrent une loi : où est mort le pape, là doit être élu le successeur. Mais depuis le trsizième siècle, elle a subi de fréquentes dérogations; car elle n'annulait pas une règle de Nicolas II et Grégoire VII, stipulant qu'en cas de périls ou de difficultés, les cardinaux choisiraient eux-mêmes le lieu de leur réunion. Le Sacré Collège, à cet égard, eut toujours une certaine liberté, et les précédents, non plus que les règlements, ne permettent de dire que l'élection du pape, pour être régulière, doit être faite à Rome.

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