‹ Le Vatican (volume 2)Chapitre 2 sur 123 · T.KS ORIGINES DC COLLEGE CARDINALICE · texte numérisé non relu

T.KS ORIGINES DC COLLEGE CARDINALICE

nombre des évêchés suburbicaires : Ostie et Velletri, Porto et Sainle-Rufine, Sabina, Albano, Paleslrina, Frascati. Les cardinaux-évèques, appartenant au conseil du Pape, sont dispensés de résider dans leurs diocèses; ils ne peuvent quitter Rome, au con. traire, qu'avec la permission pontificale.

Dans l'intérieur même de la communauté chrétienne de Rome, certaines circonscriptions paroissiales furent tracées, dès une époque ancienne. On les appela des Titres [litulï). Leur organisation remonte certainement aux débuts de la « paix de l'Église », décrétée par Constantin; même, par ses origines, elle semble se rattacher à certaines institutions de la période antérieure. Les actes du concile de 499, tenu par Symmaque, et ceux du concile de 595, tenu par Grégoire le Grand, énuraèrent déjà ces « titres ». Il y en avait alors vingt-cinq : les églises qui en étaient le centre étaient généralement situées dans les quartiers reculés, à l'écart des monuments et des souvenirs païens; seule, Sainte-Anastasie, installée au pied du Palatin, faisait exception. A la tète de chaque titre, un prêtre portait le nom de cardinal. Et de même que les cardinaux-évêques desservaient la basilique du Latran, cathédrale du pape, ainsi les cardinaux-prêtres desservaient Saint- Pierre, Saint-Paul, Saint-Laurent et Sainte-Marie Majeure, cathédrales spéciales des quatre patriarches d'Orienl. Le nombre des cardinaux-prêtres fut porté à vingt-huit par Calixle II, à cinquante par Sixte- Quint.

Au septième siècle apparaît la mention des diaconies. On appelait ainsi des institutions charitables, des dispensaires, auxquels était jointe une chapelle.

Le savant M»"" Duchesne a prouvé qu'il n'y a rien de commun entre ces diaconies d'une époque tardive et les sept régions ecclésiastiques, découpée^ dans Rome, au troisième siècle, par le pape Fabien, et confiées à sept diacres. Lorsqu'on édifiait, au lendemain de la persécution, les églises des « titres », on les installait timidement à la périphérie de Rome ; la crainte d'une revanche païenne subsistait encore dans les esprits. Les diaconies, au contraire, s'élevèrent au centre de la ville ; douze sur seize, au moins, empruntèrent l'emplacement ou lés restes des monuments païens. Une chapelle était jointe au dispensaire ; lorsque celui-ci disparut, celle-là subsista sous le nom de diaconie. Le diacre qui présidait à l'établissement de bienfaisance s'appelait cardinal-diacre; il y avait donc, au moyen âge, seize, cardinaux-diacres. Sixte-Quint fixa le nombre à quatorze.

Le total des cardinaux-évèques, prêtres et diacres s'élève à soixante-dix. Le total des évèchés suburbicaires, des titres presbytéraux et des diaconies, s'élève présentement à soixante-quatorze. Un certain nombre de ces titres ou diaconies sont donc nécessairement vacants : d'autant que le Sacré Collège est rarement au complet. En avril 19(j1, il y a soixantesept cardinaux. Innocent X est le seul pape, depuis le seizième siècle, qui soit mort sans laisser un seul vide dans le Sacré Collège.

Les trois ordres sont un archaïque vestige; ils rappellent l'époque où le collège cardinalice était une assemblée proprement romaine, plutôt que le grand conseil de la Papauté. Membres de congrégations diverses, les cardinaux-prêtres ou diacres qui résident à Rome ne peuvent s'occuper assi-

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