LES ORIGINES DU COLLEGE CARDINALICE
dûment de leurs titres ou des églises qui survivent aux diaconies. Quant aux Éminences qui régissent, à l'étranger, de lointains diocèses, les liens qui les rattachent à leurs titres sont nécessairement plus lâches encore. Il y a des cardinaux à Baltimore, à Sydney : dans les églises romaines dont ils sont titulaires, un tableau les représente ; ils n'y régnent que par ce portrait. Même, la juridiction que possédaient jadis les cardinaux sur les prêtres ou tidéles de leurs titres, est fort réduite depuis Innocent XII, et limitée par le droit de surveillance que conserve le cardinal vicaire sur le clergé de ces titres. Enfin le lien qui unit un cardinal à son titre n'est pas indissoluble : les cardinaux-prêtres peuvent devenir cardinauxévèques, en réclamant, au fur et à mesure des vacances, les diocèses suburbicaires ; les cardinauxdiacres, après avoir passé dix ans dans cet ordre, ont le droit de demander un titre presbytéral.
Dans le haut moyen âge, on devenait cardinal par le fait même qu'on était curé d'un titre ou président d'une diaconie; aujourd'hui, par le fait même qu'on est cardinal, on est invité par le pape à prendre possession d'un litre ou dune diaconie : les rapports sont renversés. La répartition du Sacré Collège en trois ordres date de l'époque où Ton appelait cardinaux les chefs du clergé romain et du clergé suburbicaire; elle a survécu à ce recrutement local; et longtemps encore, sans doute, elle y survivra. Elle ne traduit en aucune façon la conception actuelle du Sacré Collège; mais elle perpétue jusqu'à nous, avec une précision suggestive, l'antique organisation de l'assemblée cardinalice.