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DÉCADENCE DE L'INSTITUTION DES CONSISTOIRES

tion. En loute autre circonstance, ces assemblées acquièront une exceptionnelle portée : tel le consistoire du 30 juin 188!), où Léon XIII tint un discours sur les manifestations faites à Rome en Thonneur de Giordano Bruno. On publie, dans les consistoires, les actes les plus importants du Saint-Siège, mais ce n'est plus là qu'en les prépare, qu'on les décide. De conseil délibératif, la réunion plénière des cardinaux est devenue une chambre d'enregistrement; on n'y travaille plus, on y officie.

Le seizième siècle introduisit dans le gouvernement de l'Église la division du travail. Les cardinaux furent répartis en commissions : la besogne, ainsi, se fît plus régulièrement, plus vite et plus sûrement. \u surplus, cette organisation était mieux appropriée aux progrès de la centralisation pontificale : la papauté, fortifiée par le concile de Trente, souhaitait de posséder, non point un vaste comité parlementaire qu'elle associât à ses décisions, mais un certain nombre de sections administratives, qui en préparassent les éléments. Ces sections s'appelèrent congrégations. Tour à tour furent créés le Saint- Office, l'Index, la congrégation des Évèques, et sous Grégoire XIII des congrégations spéciales pour les affaires d'Allemagne et de France. Longtemps ces essais furent incomplets : le poids de l'Église retombait toujours sur les consistoires. La bulle Immcnsn yEterni Dei, publiée par Sixte-Ouint en janvier 1587, fit une révolution; elle établit quinze congrégations, dont six devaient pourvoir à l'administration des États Romains, et les neuf autres à l'Église.

Depuis trois siècles, les noms mêmes et la répar-

tition des congrégations ont varié. Certaines ont succombé, faute de raison d'être : telles, en 1870, les congrégations préposées aux États de l'Église, en particulier la Sagra Consulta, conseil d'État et cour de cassation, qui a légué son nom de Consulta au palais actuellement occupé par le Ministère des Affaires étrangères du roi d'Italie. D'autres ont fusionné, soit faute de besogne (c'est ainsi que la congrégation de l'Immunité a été jointe à celle du Concile), soit pour prévenir des conflits d'attribution i^c'est ainsi que la congrégation des Évêques et celle des Réguliers furent réunies, dès le temps de Sixte-Quint). Certaines congrégations extraordinaires, créées pour lexamen d'une affaire spéciale, achevèrent leur existence en même temps que leur travail : telle, la docte congrégation de Auxiliis graine divinse, que Clément VIII avait chargée d'étudier le problème de la grâce et de la prédestination. Mais ces changements de détail n'intéressent que l'érudition. Le fait essentiel, c'est que, depuis trois siècles, le système de gouvernement inauguré par Sixte- Quint a constamment prévalu. Même, au début du pontificat de Léon XIII, l'auguste mécanisme de plusieurs congrégations fut pourvu d'un nouveau rouage. Aux congrégations de la Propagande, des Évêques et des Réguliers, du Concile et des Rites» une consulte de prélats fut adjointe : les circonstances politiques, qui les excluaient de l'administration de l'État Romain, les laissaient désœuvrés ; Léon XIII les a conviés à l'administration de l'Église Romaine. Le pape, après le consistoire, assigne aux nouveaux cardinaux quatre congrégations. S'ils sont étrangers à Rome, cette désignation ne leur impose

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