‹ Le Vatican (volume 2)Chapitre 31 sur 123 · DÉCADENCE DK L'INSTITUTION DES CONSISTOIRES. G · texte numérisé non relu

DÉCADENCE DK L'INSTITUTION DES CONSISTOIRES. G

aucun travail; elle les autorise seulement, lorsqu'ils, viendront ad l'imina, à suivre les réunions dont ils sont membres. Au contraire, c'est à la besogne des congrégations que les cardinaux vivant à Rome dévouent assidûment leur temps. On pourrait donc distinguer, dans ces éminentes commissions, les membres ad pompam et les membres laborieux : les premiers sont occupés, sous les diverses latitudes, par le soin de leurs diocèses; les seconds seraient inoccupés, s'ils n'avaient des congrégations, et sans l'agrément du pape ils ne peuvent quitter Rome. Une partie seulement du Sacré Collège est associée au gouvernement central de l'Église; il suffit, au reste^ que trois cardinaux assistent à une congrégation pour qu'elle délibère efticacement. Les congrégations les plus importantes comptent en général de dix à quinze membres demeurant à Rome.

Dans ces assemblées, même, le préfet, qui est un cardinal (sauf trois exceptions que nous signalerons en leur lieu), et le secrétaire, qui est presque partout lin prélat, ont un rôle prépondérant. C'est au dixseptième siècle que les congrégations reçurent des préfets; les travaux, à l'origine, étaient dirigés, dans chacune d'elles, par le plus ancien des cardinaux. Le pape désigne les préfets : il examine, à cet effet, I,a compétence, la science, on pourrait même dire le tempérament des Éminences : telle préfecture requiert un juriste, et telle autre un théologien. Il est un certain nombre d'affaires, à la fois banales et de médiocre gravité, dont le préfet et le .secrétaire sont juges : le pape, une fois pour toutes, leur a donné tout pouvoir pour en expédier la solution. Pour une seconde catégorie de questions, la

délibération du préfet et du secrétaire est encore réputée suffisante ; mais la décision doit être soumise au pape avant d'être rendue. Ce sont là les menues occupations : aussi simples que multiples, elles échappent aux cardinaux de la congrégation, aux consulteurs aussi, s'il y en a; on y pourvoit dans le tête-à-tète du Congresso, chez le préfet. Les causes graves et toutes les questions contentieuses ont une autre destinée. Le secrétaire en fait deux parts. Sur les unes il fera lui-même un rapport aux Éminences, qui voteront. Quant aux autres, vraiment importantes, il en forme le dossier; il le transmet à un cardinal qui sera rapporteur du débat et qu'on appelle ponent. Il en fait imprimer un résumé, qu'il transmet aux membres de la congrégation. Si des consulteurs et, par surcroît, une consulte prélatice y sont adjoints, leurs avis sont recueillis avant la séance de la congrégation. S'agit-il enfin d'un procès, les mémoires rédigés par les avocats des deux parties sont, à l'avance, soumis aux cardinaux; car on ne plaide que par écrit devant les congrégations romaines. A la séance, le ponent expose l'afTaire et donne son vote ; les autres cardinaux énoncent le leur. Du calcul résulte la sentence. Elle n"a pas de considérants; elle est brève et nette. Les cardinaux répondent : Négative, ou bien Affirmaiive; ce qui veut dire « non » ou « oui » : la difficulté est clairement résolue. Parfois ils introduisent des nuances : Juxta menlemy disent-ils, et menft est... » : ce qui signifie : « Oui, en un certain sens, et au sens que voici... ». 11 leur arrive d'indiquer au questionneur les sources d'information qu'il ignore : « Denlur decretœ », c'està-dire : « Les décrets antérieurs de la congrégation

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