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LA DEFENSE DE LA FOI I LE SAINT-OFFICE, L INDEX, LES ÉTUDES

Parlant des consistoires secrets, j"ai mentionné la congrégation de la Consistoriale; et parlant du cardinal-vicaire, celle de la Sagra Visfa (visite apostolique). Ces deux congrégations ont le pape lui-même pour préfet ; avec le Saint-Office, qui présente la même singularité, elles sont les premières que mentionne la Gemrchia, dans la liste générale des congrégations.

« La Sainte Inquisition Romaine et Universelle » : ainsiFondésigneleSaint-Office. En 1542, Paulin chargea six cardinaux d'être « commissaires sur les affaires de la foi, inquisiteurs généraux et généralissimes ». Paul IV, en 1558, donna au Saint-Office sa forme actuelle ; Pie IV l'appelait, en 15G"2, la citadelle de la religion. Les progrès de la Réforme contraignaient l'Église à une rigoureuse défensive, et le bras séculier, dans toutes nations catholiques et protestantes, servait la religion d'État. Aujourd'hui les condamnations du Saint-Office sont dépourvues de sanction temporelle ; et c'est surtout par les campagnes offensives de la Propagande que l'Église Romaine combat les communions adverses. Néanmoins le Saint-Office ne chôme pas. Ses consulteurs et ses qualificateurs

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apprécient les doctrines soupçonnées d'hérésie : c'estainsi qu'en 1887 ils ont condamné quarante propositions extraites des œuvres de Rosmini. L'examen d'un livre n'est pas directement de leur ressort; il appartient à l'Index. Juges des systèmes théologiquos et philosophiques, ils peuvent condamner un écrit où ces systèmes erronés seraient exposés ex jjrofesso, et l'Index, alors, doit enregistrer l'arrêt; mais rarement le Saint-Office descend à ces détails. Il se propose, non de défendre la foi des fidèles contre des lectures qu'il réputerait dangereuses, mais de défendre l'Église enseignante contre le voisinage des spéculations compromettantes ou l'assaut des négations. Les révélations, les phénomènes démoniaques, les questions de magie, sont aussi de son ressort : il surveille les abords du monde surnaturel; c'est à ce titre qu'il a condamné les visionnaires de Loigny. Avec la police de l'orthodoxie et celle de la dévotion, il fait aussi la police des mœurs. 11 accomplit, enfin, une menue besogne absorbante pour sa bureaucratie : c'est cette .ongrégation qui accorde, soit aux évêques soit aux fidèles, les dispenses du jeûne et de l'abstinence; et c'est elle, aussi, qui autorise les mariages mixtes. Trois fois par semaine, dans le palais qu'elle occupe lUX environs du Vatican, elle tient des réunions. Le -samedi, c'est plutôt un simple congrcsso; l'assesseur y préside ; ce prélat est le plus actif de la congrégation ; il surveille la marche de toutes les afTaires et en est le rapporteur auprès du pape ; le commissaire du Saint-Office et son « premier compagnon », deux l'rères Prêcheurs, spécialement chargés des procès, <-ollai)orentavec l'assesseur. Ils déterminent les questions qu'on doit adresser aux consulteurs, celles

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qu'on proposera directement aux cardinaux; ils jugent d'eux-mêmes les requêtes peu importantes. Le lundi, ils appellent autour d'eux les dix-sept autres consulteurs : c'est une assemblée délibérative. Le mercredi, les neuf cardinaux de la congrégation — ils résident tous à Rome — se réunissent; au début, l'assesseur est seul avec eux; puis on introduit les consulteurs; une seconde délibération s'engage, et Ton arrête la décision qui sera soumise au pape. Si l'affaire était très grave, on tiendrait une quatrième séance, le jeudi, en présence du pape; mais le fait est rare. Tous les mercredis soirs, l'assesseur a l'audience de Sa Sainteté : il expose le travail des cardinaux; et les sentences, signées du notaire, sont rendues au nom du pape. Quant aux communications d'une portée générale, émanant de cette congrégation, elles ont la signature du secrétaire, qui n'est autre que le plus ancien cardinal du Saint-Office.

La congrégation de l'Index, aussi, se rattache, par ses origines, à cette action défensive de l'Église romaine, qui tint la Réforme en échec. Paul IV. avec le concours du Saint-Office, avait dressé un premier Index des livres défendus; sur la demande du concile de Trente, Pie IV, en 1564, en lit publier un second. Pie V, en l.oTi, créa une congrégation spéciale. Le Frère Prêcheur qui en est le secrétaire remet à l'un des vingt-neuf consulteurs le livre dénoncé ; celui-ci fait un rapport, qu'on imprime. Sous la présidence du secrétaire, une réunion préparatoire composée de six consulteurs et du maître des Sacrés Palais, Frère Prêcheur chargé jadis de l'approbation des livres imprimés à Rome, donne un avis. Les cardinaux de l'Index s'assemblent ensuite; ils délibèrent, en

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