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LA DISCIPLINE ECCLESIASTIQUE

la réponse qu'il convient de faire aux premières, et qui sera directement adressée par le préfet; ils réservent les secondes à l'examen de la congrégation. Cette commission, qui prépare efficacement le travail, comprend neuf prélats.

Les conciles provinciaux ne doivent publier leurs décrets qu'après les corrections et l'approbation du Saint-Siège. C'est à la congrégation du Concile qu'était confié, jusqu'en 1849, l'examen de ces décrets. Depuis Pie IX existe une « Congrégation spéciale pour la révision des conciles provinciaux »; elle a le même préfet et le même secrétaire que celle du Concile. Dix prélats et quatorze réguliers y sont adjoints comme consulteurs ; pour la besogne de contrôle législatif dont elle est chargée, le zèle des jeunes membres du Studio, surtout rompus à la chicane, ne suffirait point.

On lit dans la Gerarchia : « Immunité Ecclésiastique. Par disposition de Sa Sainteté, cette congrégation est unie provisoirement à celle du Concile ». Elle fut établie par Urbain VIII, en 1022; les privilèges des clercs, les questions concernant la compétence des tribunaux ecclésiastiques, les conflits entre les juridictions temporelles et spirituelles étaient de son ressort. Chez les peuples catholiques, ces immunités sont en général supprimées ou réduites par les concordats; chez les autres, elles ne sont point reconnues : ainsi s'explique la décadence de la congrégation de l'Immunité.

Deux autres congrégations sont préposées à la Résidence des évéques et à l'Examen des évêques : parlant précédemment du cardinal-vicaire et de la préconisalion en consistoire, nous avons indiqué ce que

sont ces deux congrégations — ou plutôt ce qu'elles furent.

LA CONGREGATION DES RITES : COMMENT L EGLISE DÉCLARE LES VÉNÉRABLES, LES BIENHEUREUX, LES SAINTS. — LA CONGRÉGATION DES INDULGENCES ET RELIQUES. — LES INSIGNES BASILIQUES DE SAINT-PIERRE ET DE LORETTE.

« Les rites sacrés et les cérémonies dont l'Église, instruite par l'Esprit-Saint, fait usage, contiennent un enseignement élevé pour le peuple de Dieu, renferment une profession de la vraie foi, expriment la majesté des choses saintes, élèventl'esprit des fidèles à la méditation des mystères de la religion, et allument en eux le feu de la dévotion. Nous avons choisi cinq cardinaux, qui devront s'occuper principalement de faire observer avec exactitude les rites sacrés ». Ainsi écrivait Sixte-Quint, en 1587. La congrégation des Rites s'est singulièrement développée ; la Gerarchia de 1901 lui assigne trente et un cardinaux, dont dix-sept demeurant à Rome ; l'un de ces cardinaux en est le préfet; un prélat en est le secrétaire. Les auxiliaires se rangent en deux catégories : les uns, choisis par le pape pour exercer cette fonction, portent le titre de consulteurs; ils sont dix-huit, dont deux prélats et seize religieux ; les autres, en vertu des fonctions qu'ils exercent dans l'Église, participent de droit aux travaux de la congrégation ; ils portent le titre de prelati officiali; ce sont le doyen et les deux plus anciens auditeurs du tribunal de la rote, le maître

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des Sacrés Palais, le sacriste du pape, le secrétaire de la Cérémoniale, et un protonotaire apostolique spécialement attaché aux rites. Les autres auditeurs de rote, dont Toccupation de Rome a supprimé la juridiction, et les prélats maîtres des cérémonies pontificales, sont également appelés à aider la congrégation des Rites. Elle possède des scribes, un archiviste avec coadjuteur, et un substitut du secrétaire, également doublé d'un coadjuteur. On y trouve, enfin, trois personnages qu'on chercherait en vain dans les autres congrégations : Thymnographe, le promoteur de la foi, l'assesseur et sous-promoteur de la foi; nous expliquerons leurs fonctions.

La congrégation des Rites examine le texte des prières liturgiques : le bréviaire, le missel, les offices en l'honneur d'un saint, les hymnes sont révisés par ses soins; c'est pour cette dernière besogne qu'elle a besoin d'un métricien, le prélat hymnographe. Vin de la messe, cire des cierges, il n'est aucun détail dont elle dédaigne de s'occuper. Elle veille au bon aloi des chants liturgiques, à la sévérité de la musique religieuse; en 189t, même, elle a publié à ce sujet un décret et des instructions spéciales. Elle apprécie et peut condamner les représentations pieuses qu'introduisent l'imagerie et la statuaire. Elle autorise les dérogations ù la liturgie : c'est à elle qu'un prêtre recourt, par exemple, pour célébrer la messe avant l'aurore, ou pour dire dès minuit, le jour de Noël, les trois messes prescrites. Enfin elle déclare les saints.

Avant Alexandre III, le privilège des canonisations n'était pas réservé au Saint-Siège; en Uri.'J, cncoïc, Gautier de Ponloisc était élevé aux honneurs du culte

par Tarchevêque de Rouen. Urbain VIII au dix-septième siècle, Benoît XIV au dix-huitième, furent les grands législateurs des canonisations.

Un chrétien meurt avec une réputation d'éminente sainteté. Lorsque la piété publique, après quelques années, entretient cette réputation, Tévêque ouvre un procès sur la vie édifiante qui a laissé de tels souvenirs. Il constitue un tribunal, convoque des témoins, forme un dossier, le signe, le scelle, et l'adresse à Rome. Auprès de la congrégation des Rites, il s"assure le concours de deux personnages : un postulateur, généralement ecclésiastique, qui surveillera et pressera la marche du procès; un avocat, souvent laïque, qui rédigera les mémoires nécessaires pour les diverses phases.

La congrégation des Rites, par un premier décret, autorise l'ouverture du pli scellé qu'a envoyé l'évèque. On commence par faire une copie du dossier, traduit en italien. L'avocat, ensuite, fait les premiers pas : il rédige une vie du saint personnage, un sommaire de ses vertus, un résumé de l'enquête épiscopale, il rassemble les lettres qui réclament sa canonisation : le travail, qui forme souvent un gros volume, est remis au prélat promoteur de la foi. Celui-ci remplit les fonctions de ministère public; avec laide du prélat sous-promoleur, il épluche minutieusement le sommaire remis par l'avocat; il critique les vertus du personnage, en conteste l'exceptionnelle éminence; ce réquisitoire forme à son tour un gros volume. L'avocat réplique, plaide pour les vertus attaquées, nie le bon aloi des arguments invoqués; certaines causes sont l'occasion de litiges historiques. Le promoteur de la foi peut de nouveau

répondre; s'il le juge inutile, la partie préparatoire du procès est terminée. Aux sérieux travaux du promoteur et de l'avocat, on joint, s'il y a lieu, le rapport d'un consulteur sur les écrits du personnage. La congrégation se réunit en assemblée générale ; <^lle décide s'il faut introduire la cause du serviteur de Dieu. Dix ans au moins doivent s'être écoulés depuis l'ouverture du procès. La décision est approuvée par le pape; si elle est favorable, le candidat à la sainteté a droit au titre de Vénérable : la première étape est parcourue. Jeanne d'Arc, en 1894, est devenue Vénérable.

Alors commencent les procès apostoliques. On recherche, dans le premier procès, si le candidat à la sainteté n'a pas été, jusque-là, l'objet d'un culte pu- Ijlic; par là, sa cause serait compromise; ce culte public prématuré apparaîtrait au Saint-Siège comme une usurpation commise par les fidèles. Le promoteur de la foi élève des objections ; et le procès de non cultu est tranché par la congrégation. Le second procès porte « sur la renommée du saint », super famam sancAitaiis ; il soulève une nouvelle discussion générale, dans laquelle s'escriment à nouveau le promoteur et l'avocat. Lorsque la congrégation se juge éclairée, elle arrive à deux procès plus détaillés ; il faut, à ce moment, que cinquante ans au moins aient passé depuis la mort du saint; pour les martyrs seuls, on apporte parfois des atténuations à ces rigueurs. Le premier de ces procès a trait aux vertus; on en examine le degré d'héroïcité. L'autre a trait aux deux miracles que la congrégation des Rites juge nécessaires pour une béatification; l'authenticité, la réalité, la portée, en sont critiquées. Les clii-

canes du promoteur de la foi peuvent ralentir ces examens, ou même les arrêter. Quand ils paraissent toucher à leur terme, les vertus sont étudiées dans trois congrégations : la première, dite antépréparatoire, se tient chez le cardinal rapporteur de la cause ; elle ne comprend que les consulteurs et les auditeurs de rote; la seconde, dite préparatoire, réunit tous les cardinaux des Rites, en présence desquels les consulteurs apportent leur vote ; la troisième, dite générale, se tient devant le pape; il entend les votes des consulteurs, ceux des cardinaux, et se réserve de publier, au bout de quelques jours, le décret constatant l'héroïcité des vertus. Pour les miracles, de même, ces trois congrégations se succèdent; et le pape les couronne, s'il y a lieu, par un décret affirmant que les deux miracles témoignent la puissance du serviteur de Dieu. Une dernière congrégation générale se réunit; elle est dite congrégation de tiilo. « Peut-on sûrement procéder à la béatification? An tiito procedi possit ad beaiificationem? » Telle est la question. Une dernière fois, le pape recueille les avis. A ce moment, ils sont naturellement favorables; un bref pontifical, peu de jours après, annonce la béatification. De Vénérable, le personnage devient Bienheureux. Au jour fixé pour la cérémonie, dans la Loggia, qui domine la façade de Saint-Pierre, toute la congrégation des Rites se réunit. Avant la messe, le secrétaire de la congrégation lit le décret pontifical. Immédiatement, audessus de l'autel, le portrait du saint, que jusque-là cachait un voile, est découvert ; et le nouveau Bienheureux apparaît dans une gloire. L'après-midi, le pape se rend à la Loggia pour le vénérer officielle-

nient. Jadis ces cérémonies se passaient à Saint- Pierre; et la canonisation de Jean-Baptiste de la Salle a été célébrée dans cette basilique en 1900.

Le postulateur, après la béatification, apprend-il des miracles nouveaux : aussitôt il demande à la congrégation de reprendre TaHaire. L'avocat et le promoteur font l'étude de ces miracles. Si le premier l'emporte, le pape, sur le rapport de la congrégation des Rites, déclare par décret qu'il y a lieu de conduire la cause jusqu'à la canonisation. Il réunit alors trois consistoires : dans le premier, qui est secret, il recueille l'avis de tous les cardinaux; dans le second, qui est public, l'avocat expose, en présence du pape, des cardinaux, d'archevêques et d'évêques, les titres du saint à la canonisation; dans le troisième, semi-public, les cardinaux, archevêques, évêques, donnent une dernière fois leurs suffrages. Peu de jours après, à Saint-Pierre, le pape chante pontificalement la messe et lit lui-même, à l'évangile, la bulle de canonisation. Le Bienheureux est devenu Saint; le culte qui lui est décerné oblige désormais le monde entier.

La congrégation de la Cérémoniale est, en quelque mesure, une annexe des Rites. Présidée par le doyen du Sacré Collège, ayant pour consulteurs les maîtres des cérémonies pontificales, elle fixe les détails du costume ecclésiastique et tranche les questions de préséance ou d'étiquette. Les Rites règlent le formalisme des cérémonies liturgiques; les solennités d'apparat, qui ne sont point des actes religieux par essence, sont du domaine de la Cérémoniale; c'est elle, par exemple, qui donne les instructions aux ablégats et aux gardes-nobles dépêchés aux nou-

veaux cardinaux. Elle fut créée par Grégoire XIII en

Une autre congrégation intéresse la piété des fidèles : c'est celle des Indulgences et Reliques. Elle résout toutes les difficultés au sujet des indulgences; elle évince les fausses reliques, signale les fausses indulgences ; elle expédie les faveurs spirituelles que souhaitent les évêques et les clercs, soit directement, soit par la secrétairerie des Brefs.

La congrégation de la « Révérende Fabrique de Saint-Pierre », fondée par Clément VIII en 1592, conserve l'administration de la basilique. Son préfet est Tarchiprètre de Saint-Pierre; depuis 1894, le cardinal Rampolla a cette charge. L'économe de la basilique en est le secrétaire. Elle est pourvue d'une secrétairerie ecclésiastique, dune section administrative qui veille au budget, d'une section légale qui tranche les questions contentieuses, enfin d'un office technique de quatre architectes, qui prennent soin de. l'édifice. Le prélat secrétaire est le président de la fabrique de mosaïque (Studio del musaico), installée dans l'enceinte du Vatican, et qui exécute, pour les diverses églises, des copies en mosaïques des tableaux célèbres. Avant 1870, la Révérende Fabrique surveillait l'exécution des legs pieux dans les États Romains; aujourd'hui encore, elle accorde aux églises ou aux clercs les permissions nécessaires pour déroger, en certains détails, aux clauses accompagnant les créations temporaires ou perpétuelles de messes, ou autres fondations pieuses faites par testament.

De droit, à titre de secrétaire d'État, le cardinal Rampolla est préfet de la congrégation dite « Laure-

tana », préposée par Innocent XII à la basilique de Lorelle. Elle a perdu, depuis roccupation de cette ville par les troupes italiennes, l'administration du sanctuaire; elle maintient seulement la juridiction spirituelle du Saint-Siège sur la Sanla Casa, c'està-dire sur la maison miraculeuse, conservée dans la basilique, et sur un espace de deux mètres tout autour; le reste de Téglise, comme l'ensemble du diocèse, relève de Tévèque de Lorette.

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