‹ Le Vatican (volume 2)Chapitre 39 sur 123 · LES BULLES · texte numérisé non relu

LES BULLES

cée de part en part d'un trou, on introduit des attaches; elles ont été passées, auparavant, dans deux trous ménagés à la partie inférieure du parchemin; on prend une pince, qui porte, au bout de ses deux branches, deux matrices gravées en creux; avec cette pince on aplatit la sphère de plomb; ses deux faces reçoivent les deux empreintes ; le sceau est obtenu.

Du septième siècle au milieu du neuvième, le sceau portait, au droit, le nom du pape, disposé d'abord en lignes horizontales, puis en cercle; au revers le titre même de pape. Pascal II, au début du douzième siècle, introduisit un type nouveau : au droit les tètes des saints Pierre et Paul, séparées par une croix; les poils de la barbe et les cheveux sont marqués par des traits sur la tète de Paul, par des points sur celle de Pierre ; leurs auréoles sont indiquées par des cordons de points, et souvent une dernière circonférence pointillée entoure l'ensemble; au revers, le nom du pape, son titre, son numéro d'ordre. « Faute d'un point Martin perdit son âne », dit le proverbe. Si le bienheureux Pierre, au treizième siècle, sur le sceau qui fermait la bulle, n'avait pas vingt-cinq points en guise de cheveux et vingt-huit en guise de barbe, et les deux cercles soixante-treize et soixante-quinze points, c'en était fait de la faveur accordée par la bulle. Le type créé par Pascal II fut embelli par Sixte IV au quinzième siècle et ramené par Pie VII à sa forme archaïque. Léon XIII, par un Molu proprio du 29 décembre 1878, en a réservé l'usage pour les bulles relatives à des évèchés et pour les actes solennels du Saint-Siège; les autres bulles, spécialement celles qui concernent des dispenses de

84 LE gouverneme:<t central de L'église.

mariage, sont authentiquées, désormais, par un timbre à Fencre rouge représentant les têtes des apôtres et portant en légende le nom du pape. La nécessité d'accommoder les bulles aux exigences des transports postaux devait entraîner cette disgrâce du traditionnel sceau de plomb.

Les bulles furent toujours de très grande dimension ; elles mesurent, aujourd'hui, soixante-dix centimètres de large sur cinquante de hauteur ; au moyen âge, certaines atteignirent six mètres cinquante. On employa le papyrus, fragile et coûteux, jusqu'au onzième siècle; ensuite le parchemin.

Clément VIII, à la fin du seizième siècle, adopta pour les bulles une écriture spéciale, fort laide à la vue, illisible aux profanes; composée de pleins énormes et de déliés extrêmement fins, elle offrait, par surcroît, un système d'abréviations nouvelles et compliqués ; on l'appelait littera sancti Pétri ou bollatica. La chancellerie romaine devait joindre aux documents ainsi transcrits une copie en écriture ordinaire, qu'on appelait transsumpfum. Léon XIII, par le Motu proprio de 1878, ordonna de substituer à cette écriture le caractère latin ordinaire.

La teneur des bulles fut elle-même assujettie, dans le cours des siècles, à certaines lois formelles. A partir du neuvième siècle, la suscription de la bulle est invariablement : N... episcopus servus servorum Dei; cette formule, que saint Grégoire le Grand avait employée le premier, était suivie de l'adresse. Régulièrement, à partir de Léon IX, pape en 1048, on écrivait ensuite, pour commencer la bulle, la mention i??jjer/?e/uu?n, si l'effet de cet acte devait être perpétuel, et les mots salutem et apostolicam benedic-

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