LES BULLES
tionem, si Tacte était un document de circonstance. C'est ainsi qu'est rédigé le début d'une bulle, encore aujourd'hui. Le protocole final ne se fixa qu'après un certain nombre d'incertitudes, et demeura toujours compliqué. Adrien I", pape de 77:2 à 795, fit suivre les bulles d'une double date : Tune, sommaire, était de la main du « notaire et scriniaire » qui avait écrit la pièce; l'autre, plus développée, était apposée par un fonctionnaire supérieur de la chancellerie, qui fut la plupart du temps le bibliothécaire du Saint- Siège. A côté de ces deux dates, le salut final volontiers employé dans les documents du moyen âge : Bene valete, « portez-vous bien » , était ajouté sur l'ordre du pape, parfois même de sa main. Cet usage fut constant aux neuvième et dixième siècles. L'habitude des deux dates disparut dans les bulles de l'âge postérieur; mais on y multiplia, en revanche, dès le temps de Léon IX, les signes d'authenticité. Le hene valete, apposé à droite de l'acte, dans le bas, prit la forme d'un monogramme, accompagné d'abord de trois points et d'une virgule gigantesque appelée Komma, et dépourvu de cet appendice après le pontificat de Grégoire VII. En regard, à gauche, apparut un signe nouveau, la rota; après quelques variations, la forme, dès les premières années du douzième siècle, en fut définitivement arrêtée; elle consistait en deux circonférences concentriques; entre les deux était disposée en cercle la devise du pape; une petite croix, souvent tracée par la main même du pontife, précédait cette devise; la circonférence intérieure était divisée par une croix en quatre segments : dans les deux segments supérieurs se trouvaient les noms des apùtres Pierre et Paul, et dans
se, LE GOUNTRNEMENT CENTRAL DE L'ÉGLISE.
les deux segments inférieurs le nom, le titre et le rang du pape.
Entre la rota et le bene valete, la suscription du pape prenait place : « Ego N. eatholicse ecclesia; episcopus S S. » : ces deux dernières lettres, abréviation du mot suhscripsi, étaient tracées de la main du pape. Au-dessous étaient alignées, sur trois colonnes, les suscriptions des cardinaux présents au consistoire où l'on avait approuvé la bulle ; à gauche, celles des cardinaux-prêtres ; à droite, celles des cardinauxdiacres ; au milieu, sous la suscription du pape, celles des cardinaux-évêques. Mais Urbain II, en même temps qu'il fixait ainsi les grandes bulles, créait le type des petites bulles, beaucoup plus simples, dépourvues de suscriptions, de la rota et du bene voleté. Avec le temps, ces dernières prédominèrent, on prit l'invariable habitude de les dater de l'année de l'Incarnation et de les authentiquer par les nombreuses signatures des employés de la chancellerie; et la forme solennelle de la grande bulle fut réservée pour certaines circonstances exceptionnelles.
LES QUATRE FAÇONS D EXPEDIER UNE BULLE. — LE CAR- DINAL VICE-CHANCELIER ET SOMMISTE. — LE RÉGENT. — LE SOUS-SOMSnSTE. — LES ABRÉVIATEURS DU PARC MA- JEUR. — l'aBRÉMATEUR DE CURIE. — LA GARDE DU PLOMB. — LE PLOMBEUR.
Les bulles de Léon XIII peuvent emprunter quatre voies diverses, qu'on appelle voie de chancellerie, voie de la Chambre apostolique, voie secrète et voie