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LES FONCTIONS D'UN CARDINAL-SECRETAIRE D'ETAT

Jusqu'au dix-neuvième siècle le carmerlingue avait dans les États Romains, du vivant même du pape, un rôle politique; entre lui et le secrétaire d'État, des rivalités étaient fatales. Par surcroît, celui-ci était rhomme du pape ; sa nomination résultait d'un choix personnel, et était soustraite à toute proclamation en consistoire; il apparaissait comme la créature et l'agent du souverain ; au lendemain de la mort du pape, il redevenait simple cardinal. Celui-là, au contraire, se considéraitcomme le représentant de l'aristocratie cardinalice, à laquelle il présidait, de droit, dès l'instant 011 le pape expirait. Au temps de Pie YII, l'antagonisme du cardinal Pacca, camerlingue, et du cardinal Consalvi, secrétaire d'État, fut célèbre. Grégoire XVI, pour mettre un terme à ces conflits, dépouilla la Chambre Apostolique de ses prérogatives politiques, et créa un second secrétaire d'État pour les aflfaires intérieures. Les « aflaires intérieures » de la papauté sont réduites, depuis ;1870, à l'enceinte du Vatican; la secrétairerie d'État a retrouvé son unité. Le secrétaire actuel est le cardinal Rampolla.

les fonctions et l existence d un cardinal-secretaire d'État.

Dans notre régime parlementaire, un ministre des affaires étrangères, en môme temps président du conseil, exerce, outre les attributions spéciales de son ministère, une surveillance générale du gouvernement. De même le cardinal-secrétaire est spéciale-

ment chargé des rapports entre le Saint-Siège et les États ; mais en fait, parmi les actes importants de la curie, aucun n'échappe à sa collaboration. Il exerce un office, qui lui impose certaines besognes déterminées ; et il occupe un poste, dont les exigences sont plus considérables et moins définies. De par son office, il est le directeur de la diplomatie pontificale; de par son poste, il esiValter ego du pape, et sans cesse associé à toutes les préoccupations du souverain, qui ne sont pas exclusivement diplomatiques.

Au début de 1901, dix-neuf États entretenaient des représentants auprès du Saint-Siège : la France, l'Autriche, la Prusse, la Bavière, la Russie, l'Espagne, le Portugal, la Belgique, la principauté de Monaco, le Brésil, la Bolivie, l'Argentine, la Colombie, l'Equateur, le Nicaragua, le Pérou, le Chili, Haïti, Saint-Domingue. Le Saint-Siège, de son côté, entretenait des nonces en France, en Autriche, en Espagne, en Portugal, en Belgique, en Bavière, des internonces en Hollande et au Brésil, et quatre délégués apostoliques et envoyés extraordinaires, l'un pour la Colombie, le second pour l'Equateur, la Bolivie et le Pérou, le troisième pour Saint-Domingue, Haïti et le Venezuela, le quatrième enfin pour l'Argentine, le Paraguay et FUruguay. H est à remarquer que la Hollande, qui n'est pas représentée à Rome, accueille un internonce, et quele Saint- Siège d'autre part ne délègue aucun envoyé auprès du czar, du roi de Prusse, empereur d'Allemagne, et du prince de Monaco.

C'est par certains actes du pontificat de Pie VI que les prérogatives des nonces ont été le plus exactement définies. Certains prélats allemands, qui professaient les doctrines antiromaines de Fébronius,

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