LES COLLÈGES DE LA PROPAGANDE
En octobre 1804, le pape, le cardinal archevêque lie Reims et trois patriarches orientaux, réunis à Kome en un de ces colloques dont l'habitude avait depuis longtemps disparu, ont avisé aux moyens de rendre plus florissantes les chrétientés unies d'Orient^ de développer leur vitalité, de les pourvoir d'écoles et de séminaires indigènes.
Il n'est pas impossible, même, que les affaires d'Orient soient conhées, dans la suite, à l'étude d'une congrégation spéciale, complètement distincte de la Propagande. La réunion des frères séparés demeure l'idéal lointain du Saint-Siège; mais pour l'instant, l'œuvre immédiate et pratique qu'il entreprend peut être définie : le relèvement des frères unis.
LES COLLÈGES DE LA PROPAGANDE. — INSTRUCTIONS DE LÉON Mil POUR LA FORMATION DE CLERGÉS INDIGÈNES.
Sous Urbain VIII, un prélat espagnol, Jean-Baptiste Vives, offrit à la Propagande le palais qu'il possédait a Rome sur la place d'Espagne. En 1020, le pape acepta l'offre. II érigea, dans le palais, un collège pontifical ou séminaire apostolique, « sous le patronage des Apôtres Pierre et Paul, et sous le nom d'Urbain, pour la propagation et la défense de la foi catholique et apostolique ». Ce collège était destiné aux clercs « de toutes nations et de toutes races », ex omni cjcnte et natione. La création de vingt-cinq bourses par le capucin Antoine Harberini, frère d'Urbain VIII, et de dix bourses nouvelles par le testa-
ment de Vives, enfin les bulles de 1G37 et 1639, qui assuraient au collège certaines ressources, affermirent cette fondation. Elle est aujourd'hui dirigée par des séculiers subordonnés au préfet et au secrétaire de la Propagande. Les élèves sont originaires des pays infidèles ou hérétiques. En 1892, ils étaient cent vingt, d'origines fort diverses. Clément XIV qualifiait le collège Urbain « séminaire de l'Église universelle ». Jadis, le dimanche après l'Epiphanie, on y donnait une solennelle séance littéraire, appelée la fête des langues; le 6 janvier 1870, devant une assemblée cosmopolite d'évêques réunis pour le concile, la cosmopolite jeunesse des clercs développa, en trente idiomes différents, des textes relatifs à l'Epiphanie. (( MoiN... fils de N..., du diocèse de N..., parfaitement informé de l'organisation de ce collège, je me soumets de moi-même à ses lois et à ses constitutions, j'y adhère conformément à l'interprétation des supérieurs, et je promets de les observer dans la mesure de mon pouvoir; en outre, je jure que, tant que je resterai dans ce collège et lorsque, mes études achevées ou non achevées, j'en serai sorti, je n'entrerai dans aucun ordre religieux ou dans aucune congrégation de réguliers, sans la permission du Siège Apostolique ou de la congrégation de la Propagande. Je jure d'envoyer à la Propagande des rapports sur mon activité et les conditions de l'endroit où je séjournerai: et cela chaque année si je suis en Europe, tous les deux ans si je suis hors d'Europe. Je jure que, sur l'ordre de la Propagande, je gagnerai sansretardma province, afin d'y dépenser perpétuellement mes fatigues et mes soins, pour le salut des âmes, dans l'administration des choses divines; ainsi