LA GARDE DU VATICAN
ments de la Zecca, l'ancienne Monnaie pontificaVe. Celte rue est aujourd'hui territoire italien; sur le pt'lit mur qui la borde et qui longe la via dei Fundauiriiti, une sentinelle italienne se promène. Soldats du pape et soldats du roi vivent ainsi depuis vingtquatre ans, les uns en face des autres, à une portée de fusil; mais les fusils ne partent point. Il suffit du plus léger incident pour que ce coin de terre isolé absorbe l'attention de l'Europe. Lorsque le V) juillet 181>0 la voiture du pape, passant des cours Yaticanes à l'allée des musées, traversa le Corlile del Forno, la presse du Quirinal conclut que le pape rompait sa réclusion ; celle du Vatican répondit que le Cortile del Forno était un territoire pontifical, et que le pape, en s'y montrant, avait voulu faire acte de propriétaire. Le Cortile, depuis lors, n'a plus reçu la visite de Léon XIII; les Suisses y veillent toujours; entre la porte du Vatican et la fontaine centrale du Cortile, ils se promènent librement. Enfin sur le palier des appartements du pape et dans la grande antichambre à laquelle il donne accès, un troisième piquet de Suisses est de service.
Forcément, on passe devant eux pour entrer chez le pape. A ce vestibule succède la salle des Bussobinti. On appelle ainsi des laïques, habillés de velours rouge, préposés à la garde d'une porte à tambour {liussola) qui donne accès dans les antichambres privées. La Gerarcliia mentionne trente-si.\ bussolanii. (Test dans leur salle qu'un laïque, admis à l'audience pontificale, doit laisser son chapeau. Dès quil a franchi le tambour, il parcourt une série d'antichambres. La première est gardée i)ar des gendarmes :les secrétaires des cardinaux attendent, dans cette pièce, le
retour de leurs maîtres. La seconde est confiée à la garde palatine. Obliquant à droite, le visiteur, par une troisième salle ornée de tapisseries, accède à une quatrième, qu'occupent des gardes-nobles : à droite, une porte, qui peut être largement ouverte, communique avec la chapelle du Saint-Père, et c'est dans cette salle qu'on assiste à la messe du pape. Une cinquième pièce, dite antichambre d'honneur, est décorée du trône papal : lorsqu'on est convoqué pour une audience privée, on attend dans cette salle, et c'est là que le pape s'installe pour accueillir des groupes importants de visiteurs, pour entendre, au nouvel an et à l'anniversaire du couronnement, les vœux des prélats et des cardinaux, et durant le Carême et l'Avent les prédications destinées à la cour pontificale. Deux camériers d'honneur, l'un en habit violet, l'autre de cape et d'épée, font le service dans cette antichambre. Devant une porte, au fond, un gardenoble est en faction : cette porte accède à l'antichambre secrète, réservée aux prélats qui sont au moins camériers secrets, et aux cardinaux. Dès qu'on y est parvenu, on n'a plus qu'un seuil à franchir; on est aux pieds du pape.