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LA BIBLIOTHEQUE DU PAPE DAMASE

La Bibliothèque du Saint-Siège remonte aux plus anciens temps de lÉglise Romaine. A Rome, en effet, comme dans les autres Églises, les Livres Saints qu'on lisait chaque jour dans l'assemblée des fidèles constituèrent un premier fonds de bibliothèque, auquel vinrent peu à peu s'ajouter les écrits liturgiques, les traités des docteurs et des Pères.

La correspondance avec les autres Églises et les actes de l'administration intérieure accrurent bien vite le nombre des documents à conserver. De bonne heure, un double des lettres pontificales demeura dans les archives du Saint-Siège sous la forme de registres rédigés sur le modèle des registres impériaux, et de bonne heure aussi les discussions doctrinales laissèrent à Rome d'importants dossiers : professions de foi, appels au Saint-Siège, rétractations et condamnations, Rome conservait tout cela dès le temps de TertuUien. Bientôt, les notaires ecclésiastiques enregistrèrent soigneusement le « témoignage » rendu à la vérité par les martyrs et les confesseurs dans des procès-verbaux détaillés des interrogatoires, jugements et exécutions subis par

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leurs frères en Jésus-Christ : c'est ce qu'on a appelé les « Actes des martyrs >^

En même temps, la gestion des intérêts temporels, 11' budget des recettes et des dépenses créait des li- \ res de compte dont l'importance alla croissant avec les revenus du Saint-Siège. De très bonne heure, la bienfaisance de l'Église Romaine s'exerça non seulement sur les pauvres de Rome et des villes voisines, mais sur « les frères éloignés et sur les autres Églises ». Au milieu du troisième siècle, les clercs et les pauvres nourris par l'Église de Rome s'élevaient à plus de quinze cents, et chacun d'eux était inscrit sur les matricules de l'Église. Bien avant Constantin, on avait dressé un état des revenus et des dépenses du Saint-Siège, dans le genre de ce Polyptyque rédigé à la fin du cinquième siècle par le pape Gélase et retouché plus tard par Grégoire le Grand, dans lequel étaient inscrits les traitements et subventions fournis par le pape « au clergé, aux fonctionnaires du l)alais pontifical, aux monastères, églises, cimetières, diaconies, hospices urbains et suburbains ».

La persécution de Dioclétien dispersa cette première bibliothèque; perte à jamais déplorable, qui a privé l'Église Romaine de ses plus anciens titres de gloire, car les actes des martyrs romains qui nous sont parvenus sont tous, à très peu d'exceptions près, postérieurs à la Paix de l'Église, refaits de mémoire en des temps moins agités. Ainsi ont disparu les pages glorieuses de ces lettres encycliques où le clergé romain avait raconté le martyre des deux papes Fabien et Sixte II ; et, de toutes les pièces relatives aux nombreuses controverses sur le dogme ou la disciplin»' qui ont été agitées et résolues à Rome pendant

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les trois premiers siècles, bien peu ont échappé^ qui toutes (à commencer par la lettre du pape Clément à TÉglise de Corinthe) ne nous ont été conservées que par des manuscrits d'Afrique, d'Egypte ou d'Orient. L'ère qui s'ouvre avec la paix de l'Église vit se reformer la Bibliothèque du Saint-Siège. Le pape Damase, soucieux de réparer les ruines entassées par les persécutions et de donner à la Rome chrétienne sa place au grand jour, fit construire, pour loger la bibliothèque et les archives reconstituées, un vaste édifice dont les portiques enveloppèrent la basilique qu'il élevait, non loin du théâtre de Pompée, en l'honneur de saint Laurent et qui garde aujourd'hui encore le nom de San Lorenzo in Damaso , comme Damase le souhaitait :

ARCllIlîIS FATEOR VOLVI NOVA CONDERE TECTA

ADDERE PRAETFREA DEXTRA LAEVAQVE COLVMNAS

QVAE DAMASI TENEANT l'ROPRIVM l'ER SAECVLA NOMEN.

C'est là sans doute que furent conservés les actes du concile romain de 369, que souscrivirent cent quarante-six évéques orientaux; c'est delà que saint Jérôme, qui fut secrétaire du pape Damase, dut « répondre aux consultations de l'Orient et de TOccident » ; c'est là ce qu'il appelle le « chartrier » de l'Ëglise romaine [chartarium], où il était aisé, selon lui, de venir consulter la série des lettres pontificales.

Ce dernier détail est important parce qu'il nous montre qu'une organisation intérieure des services correspondit à l'installation matérielle dans de nouveaux locaux.

De fait, à partir de ce moment, les registres ponti-

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