‹ Le Vatican (volume 2)Chapitre 89 sur 123 · L\ VATICANE DE S1\TE IV · texte numérisé non relu

L\ VATICANE DE S1\TE IV

Son premier soin fut de l'installer dans un local digne d'elle :

Templa, domum expositis, vicos, fora, mocnia, pontes, Virfjinemn Trivii quod repararis aquam,

Prisca liccf naulis statuas dare commoda porfus /:t Vaticanum cingere, Sixte, jugum.

fins tamen Urbs débet : nam quae sguallore latebat Cernitur in celebri bibliotheca loco.

Peut-être ne faut-il pas prendre trop à la lettre le sqnallor dont parle Platina dans cet éloge métrique, mais il est certain que Nicolas V n'avait pas eu le temps de donner à sa collection l'emplacement qu'il avait rêvé pour elle : pour loger les huit armoires qui contenaient sa Bibliothèque latine, il n'avait disposé qu'une seule salle où le jour n'entrait que par une unique fenêtre.

Sixte IV affecta à la Bibliothèque les locaux occupés aujourd'hui par les magasins du Garde-meuble {florcria apostolica), au rez-de-chaussée de la cour dite du Pappagallo, au-dessous de l'appartement Borgia, dans un corps de bâtiment élevé par Nicolas V et dont les différents étages furent aménagés par ses successeurs. Sans se laisser égarer par les humanistes, si nombreux pourtant à sa cour et si bien vus (If lui il se préoccupa de conserver à la collection qu'il installait le caractère du Bibliothèque apostolique, dans la large acception du mot. Revenant à la tradition Damasienne, il voulut que les documents d'archives rt les livres proprement dits fussent conservés rùte à côte, pour servir à une tin commune. A côté de la Bibliotltrque publiqui- ou /iiblio(hi''qur covimitne,divisée elle-même en deux saMes (jnuidi- salle ou sali''

210 LA BIBLIOTHEQUE YATICANE.

latine, et salle grecque , il constitua \a Bibliothèque secrète (nous dirions aujourd'hui la « Réserve ») où fut placée, entre autres choses, la collection des registres pontificaux. Dès 1479, on prépara une nouvelle salle, qui fut prête en 1481. On l'appela d'abord Nouvelli' Bibliothèque ou Bibliothèque Pontificale : ce fut en réalité comme une seconde bibliothèque secrète, dans laquelle on installa les registres et quelques manuscrits particulièrement précieux; au seizième siècle, après les changements opérés par Jules II, elle forma la Grande bibliothèque secrète^ tandis que l'ancienne Bibliothèque secrète prenait le nom de Petite bibliothèque secrète.

On ne peut plus aujourd'hui se faire que difficilement idée de la magnificence qui éclatait partout dans laBibliothèqueSixtine; pavé en mosaïque de verre et de marbre, peintures murales (auxquelles travaillèrent Ghirlandajo et Melozzo da Forli), fenêtres à vitraux peints, sur lesquels étincelait le chêne des délia Rovere, portes en marqueterie, boiseries sculptées, armoires et bancs finement travaillés, rehaussés de couleurs et de dorures, tout cela est comme évanoui. Il n'est guère resté d'intact que la grande fresque de Melozzo da Forli qui ornait le mur de la grande salle latine en face de la porte d'entrée : elle a été transportée sur toile, et elle est conservée maintenant à la Pinacothèque Yaticane ; quelques fragments de l'ancien pavé, et, sur les murs, quelques figures de docteurs et de philosophes, échappées au badigeon qui recouvre les murs, rappellent pourtant dans la Floreria solitaire la destination primitive des locaux et implorent une restauration tardive mais possible encore.

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