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LA VATICANE DE SIXTE IV. 2U

Quant à la disposition intérieure des salles, il faut, si on veut se la représenter, songer à la Laurentienne de Florence ou à la bibliothèque Malatesla d<' Césène, en y ajoutant par la pensée quelques mappemondes et sphères célestes, ainsi que la tradition s'en est conservée, par exemple, à la bibliothèque Barberini. La salle latine était garnie de seize bancs avec pupitres {plutei), auxquels les manuscrits étaient fixés par des chaînes courant sur des verges de fer; la salle grecque en avait huit. Dans les deux bibliothèques secrètes, il y avait en outre des armoires et des coffres, les uns flanquant les pupitres à droite et à gauche, les autres rangés le long des murs : cette disposition est à retenir, car, même après les remaniements opérés par Jules II, la distribution des livres et du matériel n'a pas été modifiée pendant plus d'un siècle.

A la tète du service, Sixte IV plaça un des premiers humanistes de son temps, Bartolomeo Platina. Il lui assigna un traitement de deux ducats par mois iliTo), et lui donna pour auxiliaires, en 1481, deux savants de mérite, Démétrius de Lucques et Jean Chadel de Lyon, qui eurent le titre de gardiens ou custodes, et furent logés dans un local construit tout exprès à côté du dépôt dont ils avaient la garde.

En même temps, il constituait à la Bibliothèque un revenu propre, qui devait en assurer désormais l'entretien et le développement normal. Les dons en argent et en nature que tout nouveau titulaire d'un emploi à la curie était tenu d'offrir au pape, ainsi que les étrennes obligatoires icent ducats par an) et les droits de dispense acquittés par les secrétaires apostoliques formèrent dès lors un fonds spécial, admi-

nistré par le bibliothécaire et affecté .tout entier aux besoins de la Bibliothèque.

u Notre Seigneur Sixte IV, écrivait Démétrius de Lucques, a dépensé tant dargent et tant de soin pour sa bibliothèque qu'elle sera bientôt complète. Pour attirer à lui les hommes les plus instruits, il n'épargne ni présents ni promesses. Il leur fait traduire en langue latine, de Fhébreu, du grec et de l'arabe. Il a à son service des copistes habiles, appelés de partout, qui transcrivent ces traductions ou qui copient des ouvrages que la Bibliothèque ne possède pas encore, et il ne leur ménage ni sa faveur, ni ses bienfaits ».

La collection de Nicolas V formait le premier noyau de la bibliothèque de Sixte lY; Sixte nous en avertit lui-même. Mais il sut bientôt l'accroître; l'inventaire de 1475 mentionne déjà 2.527 manuscrits, dont 770 grecs et 1.757 latins, c'est-à-dire trois fois plus de volumes que n'en comptait la Vaticane de Nicolas V, et pendant les neuf dernières années du pontificat, près de 1.100 volumes nouveaux entrèrent à la Bibliothèque. Parmi ces acquisitions peut-être faut-il compter le plus ancien texte grec de la Bible, le fameux Vaiicanus de la critique biblique, coté aujourd'hui 1209 dans le fonds grec du Vatican; c'est, en effet, dans l'inventaire de 1481 qu'il est pour la première fois mentionné d'une manière bien explicite : Bible en (rois colonnes, sur parchemin.

Dans son ensemble, la Bibliothèque Sixtine est avant tout ecclésiastique : l'Écriture, les Pères, les canonistes et les théologiens en forment la plus grosse part, c'est bien la bibliothèque qui convient au chef de l'Église.

Sixte IV, en effet, n'a jamais perdu de vue la vraie

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