‹ Le Vatican (volume 2)Chapitre 92 sur 123 · LA VATICANE DE SIXTE IV · texte numérisé non relu

LA VATICANE DE SIXTE IV

cIo Paul II. .\u couvent de Subiaco, où ils avaient trouvé un asile, il donnèrent, en 1465, la Grammaire de Donat, les Jnslilutions de Lactance et le De Oralore de Cicéron ; la Cité de Dieu de saint Augustin suivit en 1407, et, la même année, les compagnons vinrent installer leurs presses à Rome même, dans le palais Massimo, où ils éditèrent les Lettres de Cicéron. Le pape fit le meilleur accueil à ces représent^mts de l'invention nouvelle, qui secondait si admirablement l'œuvre tentée à la Vaticane. Nous en avons la preuve dans les préfaces de Jean-A.ndré Bussi, dont le nom est inséparable de ces premières éditions romaines. C'est lui, en efTet, qui était chargé d'établir le texte des œuvres qu'imprimaient Conrad et Arnold; il était, comme on disait alors, leur <• correcteur » ou « réviseur ». Dès l'année 14G8, dans sa préface au Saint Jérôme, Bussi se présentait comme l'auxiliaire de l'œuvre apostolique : •< nous savons, disait-il, que c'est pour l'Église Romaine une ancienne coutume de rechercher les livres et de les conserver soigneusement pour qu'on puisse facilement les consulter en cas de besoin »; or, l'imprimerie seconde excellemment les vues du Saint-Siège, « puisque, grâce à elle, des ouvrages qu'on ne pouvait se procurer autrefois pour cent ducats en coûtent maintenant à peine vingt, si bien qu'il devient possible aux plus pauvres de se constituer une bibliotlièque. On paie moins aujourd'hui pour un livre qu'autrefois pour une reliure. C'est véritablement une grâce que Dieu a faite à Paul II que de choisir son pontifical pour accorder à l'univers chrétien un don qui promrt d'avoir de si heureux résultats ».

Le Sacré Collège tout entier « accueillait l'art nou-

veau avec bienveillance et faveur » ; le cardinal Marc Barbo mettait à la disposition de Bussi les ressources de sa très belle bibliothèque, et le pape prodiguait à Tinfatigable éditeur les témoignages de sa satisfaction : en li69, Paul II le faisait évêque d'Aléria, et Sixte IV, dès son avènement, lui marquait son estime et sa confiance en lui ouvrant toutes grandes les portes de la Vaticane par sa nomination au poste de bibliothécaire. C'était, en effet, le collaborateur désigné du souverain pontife dans la mission que le Saint-Siège avait assumée.

Tout venait à point. L'admirable collection formée par Nicolas V, et que Sixte IV allait augmenter encore, fournissait abondamment aux travaux de ces im-primeurs qui semblaient venus tout exprès pour mettre en œuvre tant de richesses accumulées. Aussi l'extension que prit à Rome l'imprimerie à ses débuts fut véritablement merveilleuse. On reste confondu, quand on parcourt la liste des éditions romaines sous Paul II et Sixte IV, de la rapidité avec laquelle les livres se succèdent : antiquité profane, antiquité chrétienne, ouvrages d'auteurs contemporains, tout cela défile chez Sweinheim et Pannartz, chez Ulrich Hahn, chez Philippe de Lignamine, chez Georges Laver, chez Georges Sachsel, le plus souvent avec dédicace au pape en qui on sait un protecteur. On voit, pour ne citer que quelques exemples, Tite-Live, Virgile, Aulu-Gelle, César, Térence, Quintilien imprimés pour la première fois, et avec eux saint Cyprien, saint Ambroise, saint Thomas, Guillaume Durand, Nicolas de Lyra, Jean Torquemada, Sanchez d'Arevalo. Les érudits abondent à la cour pontificale, qui peuvent utilement remplir les fonctions de corrcc-

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