LES NOUVEAUX FONDS
manuscrits hébreux, cent soixante-cinq manuscrits grecs, et dix-sept cent soixante manuscrits latins et italiens, la plupart de grand prix.
Après les richesses littéraires de l'Allemagne et de l'Italie, ce fut le tour de celles de la France. La lameuse Christine, reine de Suède, guidée par le conseil dérudits tels que Vossius, Naudé, Heinsius, avait eu la main singulièrement heureuse dans la composition de la bibliothèque manuscrite qu'elle avait formée. Elle avait acquis en particulier linappréciable collection formée par le savant Alexandre Peteau : Vossius l'acheta pour elle à Paul Peteau, en 1650, pour le prix de quarante mille livres, et elle entra ainsi en possession de précieuses reliques. Les trésors littéraires que renfermaient les grande^ bibliothèques monastiques de France avaient été misérablement dispersés par les guerres de religion, et Peteau avait recueilli bien des épaves échappées ù ce grand naufrage, en particulier un bon nombre de manuscrits provenant de la célèbre abbaye de Fleury (Saint-Benoît-sur-Loire). Il y avait là, selon le mot de Saumaise, « la moelle des manuscrits de France ». De Stockholm, où la Bibliothèque se trouvait tout entière en Hjr33, les manuscrits de Christine la suivirent sur le continent et la rejoignirent à Rome (I608), où elle les établit près d'elle au palais Corsini, avec ses autres collections. C'est là que se termina, le 19 avril 1689, cette vie aventureuse. Avant de mourir, Christine avait institué pourlégatiiire universel le cardinal Azzolini, qui mourut luimême deux mois après, laissant pour héritier son neveu Pompeo Azzolini. La Bibliothèque allait être mise en vente et probablement dispersée. Le pape