LA SÉPARATION DES CHRÉTIENS DORIENT
communication du K» juillet lOoi ne visait que le seul Cérulaire; elle marqua Tinstant à partir dufjuel les deux Églises se sont, si l'on ose dire, perdues de vue ; mais peut-on la considérer comme le point initial du schisme ? A Rome, présentement, le mot « schisme » est peu employé : on parle des « frères séparés » ; on dit que les deux Églises se sont oubliées ; et l'on y voit une promesse qu'elles s'uniront de nouveau, comme elles se sont désunies, par un lent et invincible mouvement. A deux reprises, au concile de Lyon en 1274, au concile de Florence en 1439, la réconciliation fut décidée ; elle ne fut pas durable, peut-être parce qu'elle faisait trop de bruit. Le schisme a commencé lentemfnt, sans date ni manifeste : ainsi qu'il a commencé, ainsi peut-il flnir. De ses adeptes nulle rétractation ne sera requise; on ne leur demande ([ue la volonté de se réunir; ils cesseront par là d'être « séparés ».
Depuis huit siècles les chrétientés ainsi détachées de Itome tiennent fort peu de place dans l'histoire du christianisme : elles sont comme endormies ; possédant h^s mêmes dogmes que R<jme, elles demeurent, en face de l'hérésie, d'irrécusables témoignages de l'antiquité de ces dogmes; elles sont des documents. Telles nous les laissons au onzième siècle, telles nous les retrouvons sous Léon XIII, sujettes des puissances civiles, justement attachées à leurs rites, sincèrement fidèles à la vieille foi, inactives, infécondes. Il n'en est pas des socit'tés religieuses comme des individus : la vie achemine ceux-ci vers la mort; celles-là meurent de paralysie à force de ne point vivre. L'Occident seul, désormais , rappelle nos regards : le christianisme, durant tout le moyen âge, y fut un principe de vie.