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LES CONCORDATS

lution avait détrôné une dynastie ancienne sacrée par l'Église à chaque avènement : « Sa Sainteté reconnaît dans le premier consul de la République Française les mêmes droits et prérogatives dont jouissait près d'Ella l'ancien gouvernement ». Enfin la Révolution laissait en présence deux tronçons de clergé : l'un fidèle aux anciens canons, l'autre docile à la Constitution civile. Pie VII ne se laisse enchaîner ni par la reconnaissance à l'égard de ceux qui ne firent que leur devoir ni par la rancune à l'égard de ceux qui méconnurent le leur : « Sa Sainteté déclarera aux titulaires des évêchés français qu'Elle attend d'eux avec une ferme confiance pour le bien de la paix et de l'unité toute espèce de sacrifice, même celui de leurs sièges ». Voilà trois concessions explicites, qui semblent faire bon marché de la propriété ecclésiastique, de la légitimité politique, du lien qui unit un évêque à son siège.

Confrontez, d'autre part, les concessions implicites de l'État. La royauté bourbonienne s'atlirmait maîtresse de l'établissement religieux; alléguant la protection exclusive dont elle le couvrait, la sanction matérielle que l'État prêtait aux lois de l'Église, elle usurpait parfois, et toujours menaçait d'usurper. La Constituante prétendit refaire à sa guise l'établissement religieux; elle ne le considérait plus comme une pièce organique de l'État, mais comme une propriété de l'État.

En traitant avec Pie VII, la France révolutionnaire reconnut que les innovations qu'elle avait apportées dans l'Église ne pouvaient être, sans le concours du pape, ni maintenues ni défaites : acculée dans une impasse, elle en sortit au prix d'un désaveu.

Sans le pape, aucune innovation ne pouvait être maintenue, car un prodigieux vice de forme, résultant dune fausse conception du christianisme, les entachait toutes : la Constituante avait disposé de l'Église sans l'Église. De même, sans le pape, aucune innovation ne pouvait être défaite; à l'Etat français, en 1801, rétractations et palinodies n'eussent servi de rien; vainement eût-il ra^é de l'histoire douze années de sa politique religieuse ; il ne pouvait restituer à l'Église de France la régularité canonique <iu'elle possédait avant 1791 : un certain nombre d'évêques insermentés étaient morts et leurs sièges vacants. Voilà la difficulté qui s'offrait au Premier Consul. Maintenir le statu quo était politiquement impossible; les alarmes des consciences, l'opinion catholique, la paix publique s'y opposaient. Restaurer le statu quo antérieur à 1791 était matériellement impossible. Une tierce solution s'imposait, elle avait un collaborateur nécessaire : le pape.

Ajourner cette collaboration, c'était prolonger, non seulement une crise religieuse, mais une crise sociale. La nouvelle répartition de la propriété foncière demeurait précaire, tant que la question des biens ecclésiastiques n'était pas résolue par le pape, seule autorité compétente. Or la nouveauté la plus palpable, la plus perpétuellement présente à chaque Français, était précisément l'œuvre agraire de la Révolution, inachevée faute d'un paraphe pontifical. Pour enlever à l'Italie actuelle une parfaite sécurité et je ne sais quelle intégrité, il suffit d'une protestation souvent muette et toujours désarmée. Grâce à Bonaparte, l'intervention de Pie YII épargna ce péril à la France. La Révolution avait prétendu dissocier l'État

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