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LŒUVRE DES DOUZIÈME ET TREIZIEME SIÈCLES

pape Nicolas IV et le cardinal Jacques Colonna. Plus bas, de menus tableaux, pareils à ceux que vers le même temps Cavallini achevait à Sainte-Marie du Transtévère, représentent l'Annonciation, l'Adoration des Bergers et des Rois, la Présentation au Temple, et la Mort de la Vierge. L'œuvre du peintre franciscain fut complétée, quelques années plus tard, par les mosaïques dont Gaddo Gaddi et Filippo liusuti ornèrent la façade de la basilique. Le Christ et la Vierge y apparaissent entourés d'apôtres, et quatre petits tableaux racontent la légende de Sainte-Marie des Neiges.

La dernière mosaïque romaine fut exécutée par le grand artiste qui ouvrait à la peinture italienne un champ nouveau. Giotto, qui était à Rome, en môme temps que Dante, à l'époque solennelle du Jubilé de Boniface VIII, travailla d'abord pour le cardinal Jacques Caetano Stefaneschi. Il peignit à la détrempe un Crucifix pour Sainte-Marie de la Minerve; il décora de fresques la petite église de Saint-Georges au Vélabre. Tn manuscrit superbe, conservé aux archives des chanoines de Saint-Pierre, la messe de saint Georges, dont on lui attribue les miniatures, est sans doute d'une main siennoise ou ombrienne. Mais il laissa dans la basilique do Saint-Pierre des œuvres de la plus grande importance. Au revers de la façade de l'atrium, il plaça une vaste composition en mosaïque, la Ndvicflla. C'est la nef des apôtres battue par la tempête; les vents, sous forme de démons, souillent en des conques, tandis que Jésus, tendant une main secourable à saint Pierre, s'avance sur les Ilots. Cette mosaïque célèbre, tant de fois déplacée et restaurée, n'a plus rien conservé du travail primitif:

et c'est bien plutôt une œuvre du dix-septième siècle que l'on voit maintenant sous le portique du nouveau Saint-Pierre. Les fresques peintes dans le chœur de la basilique ont disparu, mais le retable du maîtreautel, dont les panneaux sont encadrés isolément, est conservé dans la sacristie des chanoines. C'est un triptyque peint à la détrempe sur fond d'or, avec la finesse dune miniature. Les panneaux, comme il sied pour une œuvre de ce genre, sont peints sur les deux faces. D'un côté on voit la Majesté du Christ entouré d'anges, le Crucifiement de saint Pierre et la Décollation de saint Paul. Au revers, on voit saint Pierre en costume pontifical, trônant entre deux anges, et recevant du cardinal agenouillé le triptyque de Giotto: sur les panneaux latéraux sont debout les apôtres André et Jean, Jacques et Paul. Au gradin, la Madone, trônant aussi entre deux anges, a pour cortège les douze apôtres. Dans les retables qu'il peignit ensuite. Giotto ne retrouva jamais cette délicatesse et cette minutie de détail, les vraies qualités du miniaturiste, aussi étroitement jointes à l'austère et forte simplicité dont ses fresques offraient le parfait modèle.

Stimulé par l'exemple de Stefaneschi, le pape appela Giotto au Latran, oîi il lui fit revêtir de fresques la grande loggia de la Bénédiction', terminée pour le Jubilé de 1300. Le peintre eut mission d'y retracer le souvenir de cette année fameuse, où toute l'Italie et les grandes nations dEurope envoyèrent à Rome leurs ambassades, où, de la loggia sculptée dans le style des Cosmas, Boniface VIII put si souvent bénir la Ville et le monde. Giotto représenta le pape instituant le Jubilé: et de cette

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