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LA FIN DU MOYEN AGE

« Pendant que nous édifions dans cette nouvelle Babylone des tours superbes et ridicules, faisant monter jusqu'au ciel notre orgueil, qui bientôt sera humilié, nul ne protège et nul ne venge la très humble demeure du Christ. Ici surgissent des palais dorés, et là-bas le toit des apôtres s'écroule, et les temples des saints gisent à terre ».

Ainsi Pétrarque, de sa retraite d'Avignon, gémissait sur l'état pitoyable de Rome. 11 semblait que, les papes absents, la mort se fût installée dans ses murs. Lorsque Urbain V revint, en l.'iOT, à Viterbe, où il passa l'été, puis à Home, où malgré l'accueil triomphal qu'il reçut il ne s'arrêta que deux ans, pour s'en aller mourir au palais d'Avignon, il fut effrayé de rencontrer tant de ruines. Tout l'or de la chrétienté avait alUué aux rives du Rhône; à peine, de temps à autre, on en distrayait quelques milliers de florins pour des travaux indispensables. C'est ainsi qu'en 1341, Benoit XII donnait ordre de reconstruire la toiture de Saint-Pierre, et une plaque de marbre, dans la crypte de la basilique, en conserve encore le souvenir. En ]3i'{, l'hôpital de la confrérie du Sauveur s'élevait près du Latran : et des marbres antiques, chargés d'inscriptions, formèrent ce magniflque escalier de l'Aracœli, dédié à la Vierge libératrice de la peste. Un nouvel incendie, en 13()1, avait achevé la ruine de la basilique du Latran. Urbain V entre-

prit de la reconstruire, et choisit pour architecte le siennois Giovanni di Stefano. Cet artiste eut sans doute mission d'édifier et de sculpter l'élégant tabernacle guthique de marbre blanc, enrichi d'or et de peintures, dont les quatre colonnes de granit dominent le maitre-autel de la vieille basilique. Là furent enfermées deux reliques des plus précieuses, les chefs de saint Pierre et de saint Paul, dont l'orfèvre Giovanni di Bartolo , un siennois aussi, composa les reliquaires. C'étaient deux admirables bustes d'argent, rehaussés de vermeil, d'émaux et de pierreries; saint Pierre portait la tiare à triple couronne et les clefs ; saint Paul tenait le livre et le glaive; sur leur poitrine s'épanouissaient deux lis gemmés, dons du roi de France Charles V (comme l'enseignait une inscription du piédestal). Ces bustes, qu'un pape et un roi français s'étaient plu à orner splendidement , devaient être volés et détruits par les soldats français de la Révolution.

Le pape, renonçant à l'antique résidence du Latran, qui désormais jusqu'à Sixte-Quint demeure abandonnée, s'installe avec sa cour dans le palais Vatican, encore bien étroit et déjà peut-être délabré. On l'avait aménagé en hâte pour son retour; mais oii étaient les richesses d'Avignon? Les jardins de Nicolas III replantés, les murs relevés rendent le palais habitable, et Urbain s'occupe aussitcjt de l'orner, pour recevoir dignement les visites illustres qui lui étaient promises. Il fait venir des peintres en renom, Giottino, Giovanni et Angelo Gaddi, pour diriger la reconstruction et la décoration de deux chapelles, et nous connaissons, grâce à des documents d'archives les noms d'une foule d'artistes, parmi les-

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