ALI\TE III, PIE II ET PAUL II
La simplicité apostolique et le zèle guerrier montèrent sur le trône avec l'Espagnol Calixtc III. Ce très pieux Borgia s'effraya devoir le trésor de Saint-Pierre dissipé en constructions immenses, alors que Constantinople devenait la proie du Turc. Architectes, peintres et savants s'effacèrent; llunyade et Capistran, la sainte croisade, furent la seule pensée de l'Ëglise. Les chantiers du Vatican se dépeuplèrent en un jour; de l'abside de la basilique, des cours et des portiques ébauchés il resta des ruines. Jacent adhuc œdificia sicut ruin.r iiiuroriun iufjenlcs, écrira Pie II dans ses Commentaires. Toutefois méûons-nous de la haine des érudits contre le pape qui leur refusa sa faveur. S'il abandonna les travaux du Vatican, il continua la restauration des églises romaines, et Gt éditier dans Saint-Pierre le superbe tombeau de son prédécesseur. Mais ce pape tout ardent, malgré son grand âge, s'il recourait aux aichiloctos, c'était pour faire construire des forteresses; aux peintres, pour faire colorier des étendards; aux médaillenrs, pour perpétuer l'ambition guerrière que la victoire de Belgrade récompensa.
La marche en avant de la Renuissanoe parut quel- (jue temps enrayée. (Juaiid le subtil .Kneas Sylvius, Ihumanistc romancier, eut pris le nom de Pie II, on
crut revoir Nicolas Y; et la joie fut grande; mais les artistes, sinon les savants , furent bientôt déçus. Ce pape, d'esprit si ouvert et d'universelle curiosité, qui aima voyager et décrivit aimablement ses voyages, ne sut se contenter de Rome. Il goûtait en poète les ruines antiques et les beaux horizons; il n'y prit pas. comme Nicolas V, la fièvre de l'architecture; les plans dÂlberti et de Rossellino semblaient abandonnés sans retour. Mais sa délicatesse d'amateur ne se refusa point à embellir la basilique de Saint-Pierre, condamnée à disparaître, il le savait bien, et à laquelle, avant sa ruine définitive, il voulait mettre une dernière parure. A l'intérieur, et à gauche de l'entrée principale, il édifia une chapelle destinée à recevoir une relique particulièrement vénérée, le chef de saint André. Deux sculpteurs de talent, établis à Rome depuis plusieurs années (le second travaillait déjà sous Eugène IV), Paolo di Mariano et Isaïe de Pise, eurent mission de construire la châsse de marbre où reposa la relique ; dé gracieux bas-reliefs (des anges soulevant le chef de l'apùtre) ornaient les trois faces du tabernacle; ils sont conservés aujourd'hui dans les cryptes Vaticanes. Ce fut aussi par les soins de Pie II que le même Paolo di Mariano, appelé aussi Paolo Romano, éleva, près du Ponte Molle, aux bords du Tibre, la statue de saint André portant sa croix. Il sculpta, pour la basilique Vaticane, les statues assez médiocres de saint Pierre et de saint Paul, que l'on voyait autrefois sur l'escalier du parvis elles ont été, sous Pie IX, reléguées à la sacristie, et remplacées par des œuvres modernes). Il travailla aussi, en compagnie de sculpteurs renommés, parmi lesquels Mino da Fiesole, à réédiûer et décorer, dans