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ANTIQUITE ET PAGANISME. LES PAPES MEDICIS. LE SAC DE ROME

De l'antiquité si chèrement aimée, le quinzième siècle avait mieux connu les écrits «jue les œuvres d'art; mais, aux premières années du siècle nouveau, c'étaient les œuvres d'art (jui les unes après les autres sortaient du sol romain on elles sommeillaient profondément, réservant leur pure beauté aux yeux d'adorateurs enthousiastes. Quels élans de passion et de joie saluaient cette Renaissance des anciens monuments! La Papauté fui la première à former les esprits à l'étude de l'art antique, comme elle avait fait

pour la littérature. Jules II avait ouvert à tout venant les jardins du Belvédère, où il réunissait les éléments du plus merveilleux des musées. Tout dabord il y installait le célèbre Apollon, qu'il conservait depuis quelques années dans son palais des Saints-Apôtres. Bientôt après, en 1506, il achetait pour six cents écus dor le groupe du Laocoon, déjà connu par la description de Pline TAncien, et dont la découverte, dans une vigne voisine des thermes de Titus, fut pour Rome un événement mémorable. San Gallo le vieux et Michel-Ange, avertis par le pape, présidèrent au travail de déblaiement ; et ces Romains , dont la vie et la pensée étaient devenues antiques, se réjouirent comme s'ils possédaient désormais le palladium do l'art. Le Commode sous les traits d'Hercule, et le torse d'Hercule , que l'on appelle encore le torse du Belvédère , trouvés dans les ruines du théâtre de Pompée, eurent une place d'honneur dans le musée de Jules II. L'Ariane couchée, que l'on nommait aussi Cléopâtre, fut chantée par Castiglione, comme le Laocoon l'avait été par Sadolet , et la Vénus qui représente Sallustia Barba Orbana, femme d'Alexandre Sévère, retirée des ruines du temple de Vénus et de l'Amour, égaya de la blancheur de son marbre le merveilleux jardin. Beaucoup d'autres statues et fragments de moindre importance s'ajoutèrent à ces chefs-d'œuvre, abrités sous de petits portiques, ou sous les voûtes du palais d'Innocent VIII.

Cependant le musée du Capitole, organisé par Sixte IV, conservait ses trésors, tandis que se développait avec rapidité le premier musée Vatican. Les cardinaux, les banquiers et les princes suivaient l'exemple du pape, ornaient leurs salons d'oeuvres

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