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ANTIQUITE ET PAGANISME

antiques réunifs à prix d'or. Chigi, Massimi ot Colocci. If's Sassi, les Brama, les Manilii, les Gotlifrt'di, les Maffoi, les Colonna, les cardinaux lliario, Galeotlo délia Rovere, Piceolomini, Caralïa, Grimani, appuyaifnl leur faste de leur passion pour l'antiquité; et Jean de Médicis, devenu Lt'on X, ne fit que porter au comble ses prodigalités. Le fils de Laurent le Magni- Gque était, et ne pouvait qu'être un collectionneur passionné. Ra[thaël, dans l'admirable portrait du palais Pitti, l'a représenté vêtu de soie damassée et d'hermine, au moment où il étudie, la loupe à la main, les miniatures d'un miss(d. Dans sa figure bouliie et gourmande, dans son regard de myope, on devine les voluptés d'un esprit souple et curieux. Cardinal, il avait célébré' en vers latins la découverte d'une statue de Lucrèce ; pape, il acheta sans compter les marbres «'t les bronzes, les pierres gravées, les monnaies et les médailles antiques. Il plaça au jardin flu Belvédère les deux superbes groupes du Tibre et du Nil , et dans les Loges ornées par Baphaël et Jean d'Udine il disposa des statues et des bustes. Hadrien, un Flamand économe et austère, interrompit un instant, comme jadis Calixte III, les magnificences de la Papauté; il ferma le Belvédère et en garda soigneusement la clef, si bien que les ambassadeurs de Venise eurent peine à s'y intnjduire. .Mais Clément VII renoua la tradition des Médicis, et l'antiquité fut [dus qui' jamais triomphante.

Llle avait façonné l'art à son image. L'architecture imitait docilement le style des ruines romaines; et si l'impulsion donnée par Bramante se fût continuée avec sa force initiale, U<jmo, sous le règne de Léon X, eût été entièrement transformée. Mais l'activité artis-

tique de ce pape n'était pas soutenue, comme celle de Jules II, par une volonté rigide, et Raphaël, qui succédait à Bramante dans les fonctions d'architecte en chef de la basilique Vaticane , dispersait en des œuvres trop variées son mobile génie. Une monnaie de Léon X nous montre le pape agenouillé aux pieds de saint Pierre; il lui présente le modèle bramantesque : « Pierre, voici ton temple - — Peire, ecce templum tuum. » Au revers, devant la basilique qui dresse sa coupole et ses tours, un lion joue avec les boules des Médicis. Ce ne fut qu'une spirituelle fantaisie. La construction de l'énorme édifice engloutissait l'argent du trésor, et n'avançait point. Raphaël , aidé par l'octogénaire Fra Giocondo, qui ne tarda point à mourir, et par Giuliano de San Gallo, fut occupé, pendant longtemps, à consolider le travail de Bramante. Il est assez étrange que ce disciple du grand architecte d'Urbin ait songé d'abord à modiaer profondément le plan de son maître , et à conserver à la basilique sa forme primitive ; ce fut Antonio da San Gallo qui revint aux traditions de Bramante. Mais on put se demander, après la mort de Raphaël et de Léon X, si les impies qui avaient supprimé sans remords l'œuvre des premiers temps chrétiens, n'avaient pas condamné à l'oubli la tombe de l'Apôtre, et si aux ruines de la Rome païenne la Rome chrétienne n'allait pas ajouter une autre ruine aussi vaste et plus lamentable encore. Pendant quatorze ans, et jusqu'à l'avènement de Paul III, la basilique Vaticane fut abandonnée. Les piliers de la coupole dressaient dans les airs leurs grands arcs à caissons, les murailles nouvelles du chœur et du transept n'étaient qu'à demi voûtées , et la vieille nef, ouverte aux intempéries, laissait crou-

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