‹ Le VaticanChapitre 80 sur 91 · PAUL III KT LA FIN DE LA HK.NAISSA.NCE · texte numérisé non relu

PAUL III KT LA FIN DE LA HK.NAISSA.NCE

nie la construction lût bien avanci-e. Les deux bras ilu transept étaient voûtés, et le chœur exhaussé par une crypte de trois mètres, les Grotte /inocr, qui formaient un demi-cercle autour de la Confession. Le projet de San ( Jallo pour l'achèvement de la basilique n'était pas réalisable. On peut l'étudier dans ses moindres détails, g-ràce au gigantesque modèle en bois qu'il fit exécuter par Labacco, et dont la dépense excéda cinq mille écus d'or. Malgré les éloges déjuges indulgents, on peut bien dire (jue cette coupole et ces deux clochers , avec leurs arcades, leurs colonnades, leurs pyramides, sont dune prétention ridicule et d'une odieuse lourdeur. Le modèle de Michel- Ange, qui coûtait vingt-cinq écus, fut admiré universellement pour sa puissance et sa simplicité.

En 1547, Michel-Ange succt'-dait à San Gallo comme architecte en chef do la basilique, dont il allait être, jusquà sa mort, le maître absolu. Mais Paul III s'éteignait en l'ioO, laissant Rome toute pénétrée de la gl<jiro des Farnèsc. Les murailles de la cité Léonine •étaient relevées et fortifiées. Le bel arrangement de la place du Capitole, dessinée par Michel-Ange, qui y avait installé la statue équestre de Marc-Aurèle, surtout les splendeurs impériales du palais Farnèse, commencé par San Gallo, terminé par Michel-Ange, la gracieuse villa Médicis, f[ue se faisait bùtir le cardinal Iticci de Montepulciano, une infinité de constructions rehaussées de bas-reliefs, égayées de fresques, témoignaient de l'étonnante activité du pape. Malheureusement ce bâtisseur infatigable ne montrait pas toujours une esthéti(iue bien scrupuleuse; il laissait orner son appartement du Château Saint-.Vnge avec un goût trop peu sévère, y prodiguant les caprices

d'une mythologie tout inspirée des souvenirs de cette charmante villa d'Agostino Chigi, qui devait bientôt s'appeler la Farnésine. Quelle que soit la grâce, d'ailleurs un peu mièvre, de ces peintures des derniers raphaélesques, et la finesse de ces bois sculptés et de ces stucs où le lis des Farnèse fleurit tout un Olympe, on conviendra que chez un pape le décor est peu séant. On en peut dire autant de l'élégante villa que le successeur de Paul III se fit construire par Vignole sur la voie Flaminienne ; le casino du pape Jules (tout récemment transformé en musée) n'offre que de légères et mondaines inventions. Il était temps que se fissent sentir les austères réformes du Concile qui, depuis plusieurs années réuni dans une ville lointaine de la Vénétie, resserrait par des liens vigoureux la discipline de TÉglise etla morale chrétienne.

Page 1