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LES MUSÉES, DE CLEME.NT XIV A LEON XIM

b élevant à la base mAme de la cour supérieure du Belvédère. Pendant quil accroissait ainsi les trésors du Vatican, le pape s'efforçait de conserver à Rome les galerit^s privées qui étaient une de ses gloires. Pour empêcher leurs chefs-d'œuvre de passer à l'étranger (tout récemment encore, le gouvernement français avait acheté les collections de sculptures des Borghèse), il faisait promulguer par le cardinal Pacca un édit sévère, qu'accompagnait un minutieux recensement des grandes galeries romaines. Luimême achetait infatigablement. En 1818, il faisait entrer au Vatican la célèbre fresque antique des Noces Aldobrandines, découverte sous Clément VIII près de l'arc de Gallien; en 1819, il formait le musée égj'ptien avec les collections d'un amateur romain, Andréa Guidi.

Léon XII faisait consolider le Colisée, ordonnait les fouilles du cirque de Maxence, et commençait, en 182", celles du Forum, qui dès lors continuèrent presque sans interruption. Il entreprenait en même temps une œuvre darchitecturf considérable, à laquelle son nom et celui de ses successeurs reste attaché, la reconstruction de Saint-Paul hors les Murs. La basilique du quatrième siècle avait été ravagée, en 1823, par un immense incendie. Toute sa nef, avec ses colonnes antiques, ses mosaïques et ses Iresques, était perdue sans retour, et le cho'ur seul demeurait intact. Léon XII confia ce grand travail aux architectes Bosio, Camporese et Bflli, auxquels Grégoire XVI, en 18;{3, adjoignit Poletti. Les cinq nefs de la basilique nouvelle furent soutenues de quatie-vingts coloimes en granit du Siiiiplon, le chœur et If mailre-autel enrichis de malachite et dalbàtre.

Un pavé de marbres précieux, un plafond à caissons dorés complétèrent des magnificences vraiment royales, et que l'extérieur ne laisse point soupçonner, si Ton en excepte la belle façade, orientée vers le Tibre, avec sa colonnade de granit, et des mosaïques exécutées en 1885 dans les ateliers pontificaux d'après les peintures d'Agricola et de Consoni. C'est également en mosaïque qu'ont été refaits, dans un style malheureusement bien banal, les célèbres portraits des papes, autrefois peints à fresque tout au long des nefs.

Grégoire XVI, qui menait activement les travaux de la basilique (il en consacra le transept en 1840), s'occupait aussi des fouilles, et restaurait les monuments antiques. En 1836, il créait au Vatican le musée étrusque, où il répartissait, en douze petites salles, les statues, les peintures, les vases et les bijoux trouvés dans les nécropoles que l'on explorait depuis peu. En 1843, il fondait le musée profane du Latran, précieux complément des musées du Vatican et du Gapitole, où il y a des chefs-d'œuvre comme la statue de Sophocle découverte en 1838 à Terracine et la mosaïque des thermes de Caracalla.

Pie IX donna un nouvel et magnifique essor aux études d'art et d'archéologie. De grandes restaurations furent terminées par ses soins. En 18.'ji, il consacrait la basilique de Saint-Paul; de 1804 à 1870, il rétablissait, par de savantes et discrètes retouches, l'aspect archaïque et pieux de la charmante basilique de Saint-Laurent hors les Murs, dont Fracassini ornait la nef de peintures qui répètent, de façon bien moderne, les scènes de la vie de saint Laurent et de saint Etienne peintes au Vatican par Fra Angelico.

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restaurait également Sainte-Agnès hors les Murs et Sainte-Marie du Transtévère. Dans le Vatican, il ajoutait aux Chambres de Raphaël, en 1858, la salle de rimmaculée Conception, décorée de fresques par Francesco Podesti (dès 1854 se dressait sur la place d'Espagne la colonne de VImmacolata); il remplaçait, en 1800, par un large escalier couvert, en travertin, en marbre blanc et en stuc, l'ancienne rampe d'accès à la cour de Saint-Damase ; et il revêtait de marbres et de vitraux le superbe escalier qui pénètre par ses trois cents marches dans le palais de Sixte-Quint. Par ses ordres, le peintre Alessandro Mantovani réparait habilement les peintures de Jt>an d'Udine et de Pomarancio au premier étage des Loges, et les continuait en décorant l'aile de Sixte-Quint de paysages et de gracieuses allégories chrétiennes.

Le zèle de Pie IX se portait en même temps vers la Rome souterraine, vers ces Catacombes que Bosio avait révélées aux savants du dix-septièmo siècle, et qu'Hn érudit, vraiment digne de la tendre amitié de ce pape aimable et saint, Jean-Baptiste de Rossi, découvrait à nouveau avec une science servie par une sorte de divination. De Rossi ouvrait au pape tout ••mu la crypte du cimetière de Calliste où les papes du troisième siècle avaient été ensevelis, et celle, non moins vénérable, oîi le corps de sainte Cécile avait reposé. Pie I.\ se passionnait bientôt pour l'ar- ("héologie chrétienne, qui devenait, grâce à de Rossi, une science méthodicjue et féconde : il encourageait les innombrables découvertes et les grandes publications (lu mailre dont nous déplorons la perte récente; il lui faisait enrichir des trésors de l'art primitif le précieux musée chrétien du Vatican, et organiser,

au Latran une incomparable galerie de tombes et d'inscriptions cbrétiennes. Son âme, éprouvée par la souffrance, aimait à se reporter vers les premiers temps de l'Église, vers les siècles des persécutions ; et c'est dans un sarcophage de style primitif, encadré de fresques des Catacombes, qu'il voulut être enseveli, au chœur de sa chère église de Saint-Laurent hors les Murs.

De graves événements politiques s'étaient accomplis. L'année 1870 avait enlevé aux papes la Ville qu'ils avaient conquise au Christ; et de nouveau l'on voyait se transformer la figure de cette Rome, jadis maîtresse du monde, et dont la papauté avait été l'âme. A la Rome des Césars et des papes se mêle une troisième Rome, construite avec une hâte furieuse de s'installer définitivement auprès de ses glorieuses aînées, fne spéculation effrénée élève en quelques mois des palais, perce des rues, assemble des quartiers que l'on ne réussit pas à peupler, et dont les maisons s'écroulent. Des forts rompent les lignes grandioses de la Campagne. Et, tout autour du Vatican, de la cité Léonine, se resserre un hideux lacis de casernes, ces Prati di Castello qui cachent aux fenêtres du Vatican la noble vue du Tibre. Les menaces de la Rome nouvelle n'ont pu arrêter l'activité artistique de Léon XIII. Tout en ouvrant aux lettres et aux sciences un domaine nouveau, avec une libéralité qui suffirait à illustrer à jamais son nom, s'il n'avait entrepris, pour la gloire de l'Église et le salut des âmes, une œuvre plus haute encore, il a voulu que ce nom fût inscrit sur les marbres et les fresques des monuments. Au Latran, l'œuvre accomplie sous son inspiration, mais qu'il n'a pu ni diriger ni voir, est

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