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IMPRESSIONS DE VOYAGE
éloigné à la base du théâtre, on découvre un rivage échancré de ports, tout parsemé de villes, et de villes qui s'appellent Syracuse, Augusta et Gatane.
Quand on a vu ce rnagniüqiie spectacle une heure, la curiosité, je l’avoue, manque pour tout le reste; aussi, fut-ce par acquit de conscience que, pendant que Jadin faisait un croquis du théâtre et du paysage, je visitai la naumachie, les piscines, les bains, le temple d’Apollon et le faubourg du Rabatto, mot sarrasin qui constate l’occupation arabe en lui survivant.
Après deux heures de course dans les rochers, les vignes et qui pis est dans les rues de Taormine, après avoir compté cinquante-cinq couvens, tant d’hommes que de femmes, ce qui me parut fort raisonnable pour une population de quatre mille cinq cents âmes, je revins à Jadin, tourmenté d’une faim féroce, et le retrouvai dans une disposition qui, malgré sa maladie récente, ne le cédait en rien à la mienne. Comme il ne me restait à visiter, pour compléter mon excursion archéologique, que la voie des tombeaux, et que la voie des tombeaux était juste au-dessous de nous, au lieu de retraverser toute la ville, nous descendîmes moitié glissant, moitié roulant, par une espèce de précipice couvert d’herbes desséchées sur lesquelles il était aussi difficile de se maintenir que sur la glace ; contre toute attente, nous arrivâmes au bas sans accident, et nous nous trouvâmes sur la voie sépulcrale.
C’est le même système d’enterrement que dans les catacombes : des sépulcres de six pieds de long et de quatre pieds de profondeur sont creusés horizontalement, et de petits murs en façon de contrefort séparent ces propriétés mortuaires les unes des autres; il y a quatre étages de tombeaux.
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On ('-omprciul qifil n’élait nullement question de déjeuner* dans les infAmes bouges (jui s’élèvent, sous le nom de maisons, au bord de la mer. Nous fîmes signe au capitaine, que nous reconnaissions sur le pont, et qui ne nous avait pas perdus de vue, de nous envoyer la chaloupe. Nous soldâmes notre cicerone, et nous retournâmes à bord.
Décidément, Giovanni était un grand homme : il avait deviné qii’après une excursion de cinq heures dans des régions fort aperitives, nous ne pouvions manquer d’avoir faim. En conséquence, il s’était mis à l’œuvre ; et notre déjeuner était prêt.
Voyageurs qui voyagez en Sicile, au nom du ciel prenez un speronare ! Avec un speronare, surtout, si cela est possible, celui de mon ami le capitaine Arena, dans lequel on est mieux que dans aucun autre, avec un speronare, vous mangerez toutes les fois que vous n’aurez pas le mal de mer ; dans les auberges, vous ne mangerez jamais. Et que l’on prenne ceci à la lettre : en Sicile on ne mange que ce qu’on y porte ; en Sicile ce ne sont point les aubergistes qui nourrissent les voyageurs, ce sont les voyageurs qui nourrissent les aubergistes.
En attendant, et tandis que le capitaine allait chercher à terre sa patente, nous fîmes un excellent déjeuner. A midi, le capitaine étant de retour, nous levâmes l’ancre. Nous avions un joli vent qui nous permettait de faire deux lieues à l’heure, de sorte qu’au bout de trois heures à peu près, nous nous trouvâmes à la hauteur d’Aci-Reale, où j’avais dit au capitaine que je comptais m’arrêter. En conséquence, il mit le cap sur une espèce de petite crique d’où partait un chemin en zigzag qui conduisait à la ville, laquelle domine la mer d’une hauteur de trois à quatre cents pieds.
Ce fut une nouvelle patente à prendre, et un retard d’une
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heure à souffrir ; après quoi nous fûmes autorisés û nous rendre û la ville. Jadin me suivit de confiance sans savoir ce que j’allais y faire.
Aci me parut assez belle et assez régulièrement bâtie. Ses murailles lui donnent un petit air formidable dont elle semble toute Hère ; mais je n’étais pas venu pour voir des murailles et des maisons, je cherchais quelque chose de mieux, je cherchais le fils de Neptune et de Thoosa. Je pensais bien qu’il ne viendrait pas au devant de moi, je m’adressai à un monsieur qui suivait la rue dans un sens opposé au mien. J’allai donc à lui : il me reconnut pour étranger, et pensant que j’avais quelques renseignemens à lui demander, il s’arrêta.
— Monsieur, lui dis-je, pourrais-je sans indiscrétion vous demander le chemin de la grotte de Polyphême?
— Le chemin delà grotte de Polyphême? Ho, ho! dit le monsieur en me regardant, le chemin de la grotte de Polyphême?
— Oui, monsieur.
— Vous vous êtes trompé, monsieur, de trois quarts de lieue à peu près. C’est au-dessous d’ici en allant à Caiane. Vous reconnaîtrez le port aux quatre roches qui s’avancent dans la mer et que Virgile appelle cyclopea saxa et Pline scopttli cyclopum. Vous mettrez pied à terre dans le port d’Ulysse, vous marcherez en droite ligne en tournant le dos à la mer, et entre le village d’Aci-San-Filippo et celui de Nizeti, vous trouverez la grotte de Polyphême.
Le monsieur me salua et continua son chemin.
— Eh bien I mais voilà un monsieur qui me semble posséder assez bien son cyclope, me dit Jadin, et ses renseignemens me paraissent positifs.
Aussi, à moins que vous n’ayez quelque chose de par-
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üciilior à faire ici, nous retournerons à bord, si vous le voulez bien.
— Apprenez, mon cher, me dit Jadin, que je n’ai rien ù faire là où il y a quarante degrés de chaleur, que je ne suis venu que pour vous suivre, et que désormais, quand vous ne serez pas plus sûr de vos adresses, vous me rendrez service de nous laisser où nous serons, moi et Milord. W’est-ce pas, Milord ?
Milord tira d’un demi-pied une langue rouge comme du feu, ce qui, joint à la manière active dont il se mit à souffler, me prouva qu’il était exactement de l’avis de son maître.
Nous redescendîmes vers la mer, et nous nous rembarquâmes. Au bout d’une demi-heure, je reconnus parfaitement, à ses quatre rochers cyclopéens, le lieu indiqué ; d’ailleurs je demandai au capitaine si la rade que je voyais était bien le port d’ülysse, et il me répondit affirmativement. Nous jetâmes l’ancre au même endroit que l’avait fait Enée.
Telle est la puissance du génie, qu’après trois mille ans ce port a conservé le nom que lui a donné Homère, et que là, pour les paysans, l’histoire d’ülysse et de ses compagnons, perpétuée comme une tradition, non-seulement à travers les siècles, mais encore à travers les dominations successives des Sicaniens d’Espagne, des Carthaginois, des Romains, des empereurs grecs, des Goths, des Sarrasins, des Normands, des Angevins, des Aragonais, df’s Autrichiens, des Bourbons de France et des ducs de Savoie, semble aussi vivante que le sont pour nous les traditions les plus nationales du moyen âge.
Aussi le premier enfant auquel je demandai la grotte de Polyphême se mit à courir devant moi pour me montrer le chemin. Quant à Jadin, au lieu de me suivre, il se jeta ga •
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lamment à la mer, sous le prétexte d’y chercher Galathée.
Au reste, on retrouve tout, avec des proportions moins gigantesques sans doute que dans les poèmes d’Homère, de Virgile et d’Ovide ; mais la grotte de Polyphême et de Galathée est encore là après trente siècles ; le rocher qui écrasa Acis est là, couvert et protégé par une forteresse normande qui a pris son nom. Acis, il est vrai, fut changé en un fleuve qu’on appelle aujourd’hui le Aque-grandi^ et que je cherchai vainement ; mais on me montra son lit, ce qui revenait au même. Je supposai qu’il était allé coucher autre part, voilà tout. Quand il fait 55 à 40 degrés de chaleur, il ne faut pas être trop sévère sur la moralité des fleuves.
Je cherchai aussi la forêt dont Enée vit sortir le malheureux Achéménide, oublié par Ulysse, et qu’il recueillit quoique Grec ; mais la forêt a disparu ou à peu près.
La nuit commençait à descendre, et le soleil que j’avais vu lever derrière la Calabre disparaissait peu à peu derrière l’Etna. Un coup de fusil tiré à bord du speronare, et qui me parut s’adresser à moi, me rappela que^ passé une certaine heure, on ne pouvait plus s’embarquer. Je me souciais peu de .coucher dans une grotte, fût ce dans celle de Galathée ; d’ailleurs je ressemblais trop peu au portrait du beau berger Acis pour qu’elle s’y trompvat. Je repris le chemin du speronare.
Je trouvai Jadin furieux. Le dîner était brûlé; il m’assura que, si je continuais à voir aussi niauvaise compagnie que les cyclopes, les néréides et les bergers, il se séparerait de moi et voyagerait de son côté.
Nous étions écrasés de fatigue ; entre Taormine, Aci- Reale et le port d’Ulysse, nous avions fait une rude journée p
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aussi la veillée ne fut pas longue. Le souper fini, nous nous jetAincs sur nos lits et nous endormîmes.
Notre réveil fut moins pittoresque que la veille : je me crus en face d’une église tendue de noir pour un enterrement. Nous étions dans le port de Catane.
Calane se lève comme une île entre deux rivières de lave. La plus ancienne, et qui enveloppe sa droite, est de 1381 ; la plus moderne, et qui presse sa gauche, est de 1669. Saisie par l’eau, qu’elle a commencé par refouler à la distance d’un quart de lieue, cette lave a enfin fini par se refroidir comme une immense falaise pleine d’excavations bizarres et sombres, qui semblent autant de porches de l’enfer, et qui, par un contraste bizarre, sont toutes peuplées de colombes et d’hirondelles. Quant au fond du port, il a été comblé, et les petits bâtimens seuls peuvent maintenant y entrer.
Pendant que le capitaine allait prendre patente, nous montâmes dans la barque, et nos fusils à la main, nous al lâmes faire une excursion sous ces voûtes II en résulta la mort de cinq ou six colombes qui furent destinées à servir de rôti à notre dîner.
Le capitaine revint avec notre permission d’aller à terre ; nous en profitâmes aussitôt, car je comptais employer la journée du lendemain et du surlendemain à gravir l’Etna, ce ce qui, au dire des gens du pays même, n’est point une petite affaire; dix minutes après, nous étions à la Corona d’Oro, chez le seigneur Abbate, que je cite par reconnaisnaissance ; contre l’habitude, nous trouvâmes quelque chose à manger chez lui.
Catane fut fondée, suivant Thucydide, par les Chalcidiens, et selon quelques autres auteurs, par les Phéniciens, à une époque où les irruptions de l’Etna étaient non seulement rares, mais encore ignorées, puisque Homère, en parlant de
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cette montagne, ne dit nulle part que ce soit un volcan. Trois ou quatre cents ans après sa fondation, les fondateurs de la ville en furent chassés nar Phalaris, celui, on se le rappelle, qui avait eu l’heureuse imagination de mettre ses sujets dans un taureau d’airain, qu’il faisait ensuite rougir à petit feu, et qui, juste une fois dans sa vie, commença l’expérience par celui qui l’avait inventée. Phalaris mort, Gelon se rendit maître de Gatane, et, mécontent de son nom, qui, en supposant qu’il soit tiré du mot phénicien caton^ veut dire petite, il lui substitua celui d’Etna, peut-être pour la recommander par cette flatterie à son terrible parrain, qui à cette époque commençait à se réveiller de son long sommeil ; mais bientôt les anciens habilans, chassés par Phalaris, étant revenus dans leur patrie, grâce aux victoires de Ducetius, roi des Siciles, la religion du souvenir l’emporta, et ils lui rendirent son premier nom. Ce fut alors que les Athéniens rêvèrent do conquérir cette Sicile qui devait êlre leur tombeau. Alcibiade les commandait; sa réputation de beauté, de galanterie et d’éloquence, marchait devant lui. Tl arriva devant Gatane, et demanda à être introduit seul dans la ville,, et à parler aux Catanais : peut-être, s’il n’y eût eu que les Catanais, sa demande lui eût-elle été refusée, mais les Catanaises insistèrent. On conduisit Alcibiade au cirque, et tout le monde s’y rendit. Là l’élève de Socrate commença une de ces harangues ioniennes si douces, si flatteuses, si éloquentes, si terribles, si colorées, si menaçantes. Aussi les gardes des portes eux-mêmes abandonnèrent leur poste pour venir l’écouter. G’est ce qu’avait prévu Alcibiade, qui ne pêchait point par excès de modestie, et c’est ce dont profita Nicias, son lieutenant: il entra avec la flotte athénienne dans le port, qui, à cette époque, n’était point comblé par la lave, et s’empara de la ville sans que personne s’y opposât. Gin-
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qualité ou soixante ans plus tard, Denis l’Ancien, (|ui venait de traiter avec Carthage et de soumettre Syracuse, atteignit le même but, non point par l’éloquence, niais par la force. Maniercus, mauvais poète tragique et tyran médiocre, lui succéda, fournissant à la postérité des sujets de drame dont Timoléon devait être le héros. Puis vinrent les Romains, ces grands envahisseurs, qui apparurent à leur tour vers l’an 540 de la fondation, et qui commencèrent par piller • Valérius Messala fut sous ce point de vue le prédécesseur de Yerrès. Seulement, du temps de Valérius Messala, on pillait pour la république, tandis que, du temps de Yerrès, la chose s’était perfectionnée, on pillait pour soi. Le vainqueur envoya donc les dépouilles à Rome ; c’était encore la Rome pauvre, la Rome de terre et de chaume; aussi fut-elle on ne peut plus sensible au présent. Il y avait surtout dans le butin une horloge solaire que l’on plaça près de la colonne Rostrale, et à laquelle, pendant un demi-siècle, le peuple roi vint regarder l’heure avec admiration. Chacune de ces heures était alors comptée par des conquêtes. Ces conquêtes enrichissaient Rome, et Rome commençait à devenir généreuse. Marcellus résolut alors de faire oublier aux Siciliens la façon dont les Romains avaient débuté avec eux ; Marcellus avait la rage de bâtir : il bâtissait, partout où il se trouvait, des fontaines, des aquéducs, des théâtres. Catane avait déjà deux théâtres; Marcellus y ajouta un gymnase, et probablement des bains. Aussi Yerrès trouva-t-il la ville dans un état assez florissant pour qu’il daignât jeter les yeux sur elle; il s’informa de ce qu’il y avait de mieux dans ce qu’y avait laissé Messala cl dans ce qu’y avait ajouté Marcellus, On lui parla d’un temple de Cèrès, bâti en lave et élevé hors delà ville, lequel renfermait une magnifique statue, connue seulement des femmes, car il était défendu aux hommes I. 10
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d’entrer dans ce Icmple. Yerrès, qui de sa nature était peu galant, prétendit que les femmes avaient déjà bien assez de privilèges sans qu’on respectât encore celui-là, puis il entra dans le lemple et prit la statue. Quelque temps après, Sextus Pompée pilla Catane à son tour, sous prétexte qu’elle avait été fort tiède pour son père dans ses discussions avec César, de sorte qu’il était grand temps que vînt Auguste, lorsque effectivement Auguste vint.
Celui-là, c’était le réédificateur général et le pacificaleur universel. Dans sa jeunesse, emporté par l’exemple, il avait bien proscrit quelque peu, pour faire comme Lépide et An toine ; mais il avait pris de l’âge, s’était fait nommer tribun du peuple et non pas impemtor^ comme le disaient les républicains du temps. Il aimait les bucoliques, les géorgiques et les idylles, les chants des bergers, les combats de flûte et le murmure des ruisseaux. C’était enfin le dieu qui faisait le repos du monde. Catane ressentit les bienfaits de ce doux règne. Auguste releva ses murs et lui envoya une colonie qui, sous Théodose encore, était restée une des plus florissantes de la Sicile ; mais, à partir de la mort de ce dernier, les tribulations de Catane recommencèrent : les Grecs, les Sarrasins et les Normands se succédèrent les uns aux autres, et là traitèrent à peu près comme avait fait Messala, Verrès et Sextus Pompée. Enfin, pour couronner toutes ces déprédations successives, un tremblement de terre, arrivé en 1469, la renversa sans lui laisser une seule maison ; quinze mille habitans y périrent. Le tremblement de terre calmé, ceux qui s’étaient sauvés revinrent à leurs ruines comme des oi^ seaux à leurs nids, et, avec l’aide de Guillaume le Bon, reconstruisirent une ville nouvelle. Elle était à peine sur pied, que Henri VI, dans un moment de mauvaise humeur, y mit le feu et passa les habitans au fil de l’épée. Heureusement,
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il s’en sauva (luelquos-uns. Ceux qui étaient échappés au père conspirèrent contre le tils. Frédéric Earberousse était dans les principes de son dij’ue père; il rehrûla de rechef, et repassa de nouveau au fil de l’épée. Après Henri et Frédéric, il n’y avait de pis que la peste : elle vint en 15^8, et dépeupla Catane. Celte ville commençait enfin à se remettre de tous les tléaiix successifs qui l’avaient dévastée, lorsque en 1009, un fleuve de lave de dix lieues de longueur et d’une lieue de large sortit du Monte-Rosso, descendit jusqu’à elle, couvrant trois villages dans sa course, et, la sapant dans sa base, la poussa dans son port, qu’il combla avec ses ruines.
Voilà rhistoire de Catane pendant vingt-six siècles, et cependant la ville obstinée a constamment repoussé au même endroit, enfonçant chaque fois davantage dans ce soi mouvant et infidèle ses racines de pierre. Il y a plus : Catane est, avec Messine, la ville la plus riche de la Sicile.
Aussiiôt le déjeuner terminé, nous nous mîmes en route à travers la ville. Notre cicerone nous mena tout droit à ses deux places ; j’ai remarqué que ce sont les places que les cicerone vous font généralement voir tout d’abord. Je leur en sais gré, en ce qu’une fois qu’on les a vues, on en est débarrassé.
Les places de Catane sont, comme toutes les places, de grands espaces vides entourés de maisons; plus l’espace est grand, plus la place est belle : c’est convenu dans tous les pays du monde. Une de ces places est entourée d’insignifiantes constructions. Je ne sais pas comment s’appellent ces sortes de fabriques : ce ne sont point des maisons, ce ne sont point des monumens ; on prétend que ce sont des palais ; grand bien leur fasse !
L’autre place est un peu plus pittoresque, en ce qu’elle est un peu plus irrégulière. Au milieu s’élève une fontaine de