I.K SPERONAIUC
Nous conimençAmos alors à faire une inspoclion plus dé laillée de noire cacliot. Cest une espèce de cave de dix pas de large sur douze de long, sans autre issue que la porte. Nous sondAnies les murs : partout ils nous parurent pleins. J'allai A la porte, je l’examinai; elle était de chêne et retenue par une double serrure. 11 y avait peu de chances de fuite; d’ailleurs Luigi était enchaîné par le milieu du corps et par un pied. ^
Néanmoins, pendant un an à peu près, l’espoir ne nous abandonna point tout à fait; pendant un an nous rêvâmes tous les moyens possibles de fuir. Chaque semaine, exactement, Cantarello reparaissait et nous apportait nos provisions hebdomadaires ; chose étrange, peu à peu nous nous étions habitués à sa visite, et, soit résignation, soit besoin d’être distraits un instant de notre solitude, nous avions fini par attendre le moment où il devait venir avec une certaine impatience. D’ailleurs, l’espoir, qui ne s’éteint jamais, nous faisait toujours croire qu’à la visite prochaine Cantarello aurait pitié de nous. Mais le temps s’écoulait, Cantarello reparaissait avec la même figure sombre et impassible, et s’éloignait le plus souvent sans échanger avec nous une seule parole. Nous continuions à tracer les jours sur la muraille.
Une seconde année s’écoula ainsi. Notre existence était devenue toute machinale ; nous restions des heures entières comme anéantis, et, pareils aux animaux, nous ne sortions de cet anéantissement que lorsque le besoin de boire ou de manger nous tirait de notre torpeur. La seule chose qui nous préoccupât sérieusement, c’est que notre lampe ne s’éteignît, et ne nous laissât dans l’obscurité; tout le reste nous était indifférent.
Un jour, au lieu de monter sa montre, Luigi la brisa