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Sa charité pour le prochain n'était pas moins admirable ; ou plutôt, elle n’était que la conséquence toute naturelle de l’autre.
‘On ne peut aimer Dieu sans aimer le prochain,” dit l’apôtre saint Jean.
Mgr de Laval avait une charité sans bornes pour les malades et pour les infirmes. A Québec, comme il avait fait à Caen, il les visitait, les consolait, leur rendait les services les plus répugnants à la nature. :
‘ A peine est-il arrivé de France pour la première fois, dit M. de la Colombière, qu’il vole au secours des pauvres de l’hôpital. Leur ressemblance avec le Fils de Dieu, dont ils sont les plus vives images, est pour lui un aimant auquel il ne peut résister. Nulle prière, nulle considération ne peut l'empêcher de se loger au hout de leur salle, d’aider tous les jours à faire leurs lits et à leur rendre tous les services les plus abjects.”
Son dévouement héroïque était une prédication à laquelle il était difficile de résister. Un jour, à l'Hôtel- Dieu de Québec, trente malades hérétiques qui y avaient été reçus furent tellement touchés de la charité du Serviteur de Dieu, qu’ils abjurèrent leurs erreurs, et entrèrent dans le sein de l'Eglise.
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‘“ On l’a vu, dit encore M. de la Colombière,
dans un vaisseau, où il se comportait en François- |
Xavier, où, en traitant les matelots et les passagers, il les nettoyait de leurs vermines et respirait le mauvais air et l'infection qu’ils exhalaient ; on l’a vu se défaire en leur faveur de tous ses rafraîchissements, et leur donner jusqu’à son lit, ses draps, ses couvertures. Pour leur administrer les sacrements, il ne craignait pas d'exposer sa vie et celle des personnes qui lui étaient les plus chères.”
Et cependant, en reconnaissance de tant de
dévouement, il n’éprouva souvent que des duretés. |
‘ On l’a vu, dans ce même vaisseau, ajoute M. de la Colombière, traité avec autant d’indignité et de mépris que le dernier des matelots.”
Il avait une charité admirable pour ceux qui le persécutaient. Le gouverneur du Canada, M. def
Mésy, lui devait sa position ; et cependant, par une
conduite inexplicable, ïl se mit à contrecarrer son bienfaiteur et son ar, dans les actes les plus
légitimes de son administration épiscopale. Il alla f
même jusqu'à l’insulter publiquement et de la manière la plus outrageante. Aux injures du gouverneur, Mgr de Laval n’opposa que le silence et
la résignation. A l'exemple de saint François-Xavier
vis-à-vis du gouverneur de Malaca, il se contenta de prier berucoup et de faire prier pour M. de Mésy. Il disait même la messe tous les jours pour
olombière,
| François- | passagers, |
espirait Île nt; on l’a rafraîchis- ses draps, r les sacrevie et celle ières.”
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les duretés. |
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lui. Le gouverneur étant tombé gravement malade rentra en lui-même, fit venir Mgr de Laval, le prià d'entendre sa confession et se réconcilia sincère- ‘ment avec lui.
Sa tendresse pour les pauvres était toute paternelle. ‘“ C’est un homme .saint, écrivait Marie de l’Incarnation, le père des pauvres et du public. C’est un autre Thomas de Villeneuve pour la charité et pour l'humilité, car il se donnerait lui-même pour cela. Il ne réserve pour sa nécessité que le ‘pire.... Il donne tout et vit en pauvre ; et l’on peut dire avec vérité qu’il a l’esprit de pauvreté. ”
Il voyait dans les pauvres les membres souffrants de Jésus-Christ, et leur consacrait toutes les ressources de sa mense épiscopale, dont il ne gardait
| rien pour lui. :
ada, M. de
“ Nonobstant les dettes, les pertes, les incendies, et toutes les grandes disettes du séminaire, où il avait la meilleure part, dit le F. Houssart, il ne manquait pas de donner aux pauvres, tous les ans, la valeur de quinze cents et deux mille livres.”
‘ Pendant les trois premières années de son épiscopat, dit M. de la Colombière, il distribua par ses mains ou par les mains d'autrui, secrète-
| ment, dix mille écus à ses ouailles.”
Il menait la vie la plus frugale, afin d'économiser pour les pauvres, et surtout de leur procurer des vêtements.
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‘ Un jour, au plus fort de l'hiver, il trouve.dans. les rues de Québec, dit M. de la Colombière, un dé petit garçon ayant les pieds nus et le reste du À «] corps fort mal habillé. Touché de cet objet, que M ;., sa foi lui représente comme le très saint enfant |# Jé
Jésus, il amène cet enfant dans sa chambre, illui # ,
lave les pieds et les baise avec tendresse, Puis il D ét
les chausse de son mieux, l’habille des pieds jus- D
qu’à la tête, fait un paquet de ses haillons, et le K
congédie après l'avoir comblé de mille caresses.” ti
Dans une autre occasion, le séminaire, qui À ave
venait de passer au feu pour la seconde fois, avait ; D:
besoin de cent écus pour achever quelques travaux té
ji indispensables. Le saint évêque, qui lui avait déjà | sale
li) donné tous ses biens, ne voulut pas frustrer les # aprè
1 pauvres des aumônes qu’il avait coutume de leur 4 dés
| distribuer. Dans la crainte que le séminaire ne L d'u
| lui demandât ces cent écus, il envoya secrètement M ;
ll le F, Houssart acheter cent peaux de chevreuil, et és
EL il en fit la distribution à ses pauvres avec une joie 1 Il
| indescriptible, profitant de l’occasion pour faire 4 ë
| pénétrer dans leurs cœurs des semences fécondes 4 vage
| de vertus. Æ RR.
| “ Il ne se contentait pas, en effet, dit le F. ! tend
1 Houssart, de soulager les pauvres dans leurs # .;,
besoins corporels, il voulait que ses aumônes | vage
remédiassent aux besoins de leurs âmes, et leur. Æ (},:
1h fussent une aide pour servir Dieu et éviter le Mio) il péché,”
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Vers la fin de sa vie, il se plaignait amèrement de n’avoir plus rien pour assister les malheureux. “Il m'est impossible, disait-il, de vivre plus longtemps, si je ne puis soulager les membres de Jésus-Christ.”
Et de fait, il mourut six mois après, la vie lui étant devenue intolérable, parce qu’il voyait la misère d'autrui, sans pouvoir y remédier, Il avait tout donné ; et l’on ne trouva chez lui, après sa mort, absolument rien dont on püût disposer en faveur des pauvres.
Dans ses visites épiscopales, chaque village était témoin de sa charité. Il entrait dans les huttes sales et infectes des sauvages, les visitait l’une après l’autre, consolant les malades, distribuant des aumônes, et parlant à tous avec la tendresse d'un père. Sa bonté touchait même les Iroquois
© infidèles, dont plusieurs devenaient doux comme
des agneaux.
Il poussa un jour la charité jusqu’à prendre chez lui et garder dans sa maison un pauvre petit sauvage qui fréquentait la classe de sixième chez les RR. PP. Jésuites. Ille combla de marques de tendresse ; et, laissant de côté tout ce que pouvaient avoir de répugnant les mœurs de ce sauvage, pour ne voir en lui que l’image de Jésus- Christ, il lui donna tous les soins de la plus douce hospitalité.
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Ïl aimait ses prêtres avec tendresse, les regardant comme les coopérateurs de son zèle ; et il n'avait pas de plus grande jouissance, dit Latour, que lorsqu'il les voyait arriver chez lui avec les insignes de leur apostolat : une vieille soutane déchirée, un chapeau tout usé, de gros souliers chargés de boue. Il reconnaissait alors en eux ses enfants de prédi-
lection, et de véritables apôtres.
‘“ La joie éclatait sur son visage, lorsque ses curés venaient loger chez lui, avec la confiance d’un enfant qui entre dans la maison paternelle. Il voyait ces hommes que le climat et le travail avaient exténués, et qui portaient sur leur visage le témoignage écrit de leur zèle. Il courait à eux, il les embrassait et les comblait de caresses, entrait dans le plus menu détail de leurs peines, et s’épuisait pour les soulager dans leurs besoins.”
Ii avait un don merveilleux pour encourager ou consoler ses prêtres.
Le P. Ménard, le saint apôtre des Hurons et des Outaouais, était venu à Québec se reposer un peu de ses fatigues, et s’en retournait dans ses missions, le cœur triste, pressentant, pour ainsi dire, le sort qui l’attendait.
Tout à coup, il rencentre sur le fleuve, non loin de Montréal, son évêque, en visite pastorale, Il se hâte de lui communiquer ses peines, sa tristesse et
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egardant il n'avait our, que insignes hirée, un de boue.
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