‹ Le vénérable François de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada [microforme]Chapitre 11 sur 15 · PS · texte numérisé non relu

PS

ses hésitations : ‘“ Monseigneur, lui dit-il, dois-je continuer mon voyage ? — Mon Père, lui répond doucement l’évêque, toute raison humaine semble vous retenir ici; mais Dieu, plus fort que tout, vous veut en ces quartiers là.”

Cette parole quasi prophétique est comme un éclair qui dissipe les incertitudes du P. Ménard ; elle est un baume qui guérit tous ses chagrins. Il part, le‘cœur débordant de joie, et vole où le devoir l’appelle.

‘ Oh ! que j'ai béni Dieu depuis cette entrevue, s’écrie ce bon missionnaire, et que ces paroles, sorties de la bouche d’un si saint prélat, me sont doucement revenues dans l'esprit : Dieu me veuf en ces quartiers-la ! Que j'ai souvent repassé ces paroles par mon esprit, parmi le bruit de nos torrents, et dans la solitude de nos grandes forêts ! ”

Le P. Gravier vient à Québec en 1697. Ila le bonheur de voir Mgr de Laval, d’assister au cinquantième anniversaire de son sacerdoce, et d’entendre sa voix. Les paroles du saint vieillard réconfortent son cœur, et 1] repait pour ses missions illinoises avec une nouvelle énergie.

Il y avait dans les avis du prélat à ses missionnaires une onction vraiment admirable, qui ne pouvait venir que du Ciel. ‘“ Il avait puisé dans

le cœur de Jésus-Christ, dit M, de la Colombière,

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les flammes dont le sien était embrasé ; ” et il communiquait à tous le feu de la charité et du zèle.

Les trois vertus théologales, la foi, l'espérance et la charité, brillaient au front de Mgr de Laval d’un radieux éclat. Elles projetaient une vive lumière sur les vertus cardinales qu’il pratiquait, ces vertus qui règlent et ordonnent la conduite de l’homme, et gouvernent tous les actes de sa vie.

“ Dicite justo quoniam benè. Dites au juste:

BIEN.” Ce message que Dieu envoya autrefois au juste par le prophète Isaïe s’appliquait naturellement à Mgr de Laval. Tout en lui était si bien ordonné, chaque faculté était si bien à sa place et maîtresse d’elle-même, la prudence, la justice, la force et la mortification réglaient si parfaitement toute sa conduite, qu’en le voyant on ne pouvait s'empêcher de dire : Quel homme juste, quel homme de bien !

La prudence chrétienne lui fit toujours choisir 8

les moyens les plus sûrs de servir Dieu, de sauver son âme et de procurer le salut du prochain, Dès

sa jeunesse, on le vit, sous l'inspiration de l’Esprith

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