‹ Le vénérable François de Laval, premier évêque de Québec et apôtre du Canada [microforme]Chapitre 9 sur 15 · LORR, À OR · texte numérisé non relu

LORR, À OR

Un jour, pendant qu’on pansait une plaie de sa jambe, il souffrait des douleurs telles que tout $on corps en frémissait. Le frère infirmier, touché de compassion, lui dit : “ Eh bien, monseigneur, que voulez-vous que nous fassions ? Que mettrons-nous sur votre plaie ? ” — Le Serviteur de Dieu, avec un accent tout empreint de l’amour divin, et les mains jointes, lui répondit : ‘* Mon frère, je ne veux que Dieu ; faites tout ce qu’il vous plaira, et ce que vous jugerez bon.” — Paroles vraiment dignes de celui qui, durant toute sa vie, n’avait professé d’autre maxime que celle de son pieux ami Boudon : Dieu seul /

C’est par la prière, surtout, que Mgr de Laval exprimait le grand amour de Dieu dont son cœur était rempli. Elle était vraiment son pain quotidien.

À deux heures du matin, en hiver comme en été, il était debout. Il se hâtait de s’habiller, puis restait en prière jusqu’à quatre heures, profitant de ce temps où tous les fidèles de sa ville épiscopale étaient en repos, pour s'offrir, et les offrir avec lui, en holocauste au Seigneur. Il fit cela durant plus de quarante ans ; et ce n’est que dans les dernières années de sa vie qu’il consentit à se lever à trois heures.

A quatre heures, il se rendait à l’église, sa lanterne à la main, ouvrait les portes, et sonnait luimême sa messe, qu'il disait à quatre heures et demie pour les pauvres journaliers.

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‘Il ne manquait jamais de monter au saint autel, malgré les grandes souffrances que lui faisaient endurer les plaies et les ouvertures qu’il avait aux pieds et aux jambes.

Après sa messe, Mgr de Laval restait encore en prière, à la sacristie, jusqu’à sept heures, ‘ n’ayant, dit le F. Houssart, d'autre feu pour se chauffer, durant les plus grands froids, que celui du réchaud dont il s'était servi pour dire la sainte messe.”

Il donnait encore une grande partie de la journée à la prière ; mais, comme il dormait peu la nuit, il était obligé de réciter son bréviaire et son chapelet, et de faire ses lectures spirituelles, en marchant, afin de ne point s’assoupir. Il se promenait ainsi, en hiver, dans sa chambre, en été, dans les allées de son petit jardin, édifiant ceux qui avaient le

bonheur de le voir, par la grande piété avec laquelle 4

il remplissait ses devoirs envers Dieu.

Le soir, il était toujours le dernier à se coucher, au séminaire, comme il était le premier à se lever le matin. ‘* Il ne se mettait jamais au lit, ditleF. Houssart, qu’il n’eût dit et ne se fût acquitté de tous | ses offices, prières, lectures, chapelets, quelque tard qu’il fût, et quelque affaire qu'il eût eu à régler.”

Voilà la part de sa journée que le premier évêque de Québec donnait exclusivement à Dieu ; voilà de quel amour divin son cœur était embrasé,

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