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C’est sur ce fonds de bonté, de bienveillance, de force et de digmité ; c’est sur cette nature si riche en dons de toutes sortes, que la grâce opéra son travail, faisant de Mgr de Laval le chrétien merveilleux que nous allon$ maintenant admirer.
‘ Il y a, dit M. de la Colombière, certains prédestinés, dont Dieu veut se servir pour l’exécution de si grandes choses, et dont la vocation est accompagnée de grâces si spéciales et de dons si excellents, qu’il semble que le Ciel soit uniquement appliqué à les sanctifier, et qu'il prenne plaisir à s’'épuiser en leur faveur.... Tel a été Mgr de Montmorency-Laval, dont la vie a été un tissu d'actions si saintes et si héroïques, qu’en nous laissant embaumés de l’odeur de ses vertus, il nous a mis dans l’impuissance de faire connaître l’étendue de son mérite. ”
Essayons d’entrer, cependant, dans le détail des vertus chrétiennes que pratiqua ce grand serviteur de Dieu. On peut dire qu'il les possédait toutes à un degré peu ordinaire, à un degré héroïque.
Voyons d’abord sa foi.
Comme le juste, Mgr de Laval vivait de la Foi. C'était l’air qu’il respirait, et il ne sortait pas de cet élément. Fils dévoué de l'Eglise, il s'était nourri de son enseignement dès sa plus tendre
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enfance, sur les genoux de parents chrétiens, et auprès des directeurs du collège de La Flèche. Il l’'aimait comme une mère; il lui avait consacré sa vie ; et il était si bien disposé à mourir pour elle, qu’il accepta de grand cœur d’aller prêcher la foi catholique dans le Tonkin et la Cochinchine, lorsque la chose lui fut proposée; puis, quand son zèle se trouva frustré de cette mission, de se rendre au vicariat apostolique de la Nouvelle-France. Dans un siècle où les erreurs gallicanes et jan-
sénistes firent tant de ravages, où l’on vit pâlir les
plus grandes lumières de l'Eglise de France, il sut garder sa foi pure et intacte. Il se montra toujours ‘un dévoué partisan des doctrines et des prérogatives du siège apostolique. ?
Nul ne fut jamais moins janséniste que ce pieux évêque, qui, accoutumé lui-même dès le bas âge à la communion fréquente, savait mieux que per-
À sonne et enseignait aux autres que c’est là le plus
sûr moyen de se sanctifier.
Les jansénistes avaient cherché à attirer cet homme pieux à leur parti. N'ayant pu réussir, ils le persécutèrent ; et il serait facile de découvrir la main de ces hérétiques au fond de la plupart des épreuves qu’eut à souffrir le saint prélat dans sa laborieuse carrière.
Nul ne fut plus romain que lui. Dès le commencement de son épiscopat, il établit ici la liturgie
SE Le
romaine pure de tout alliage. Le bréviaire, le M de
missel, le cérémonial, le rituel, tout était romain M ria
dans l'Eglise du Canada. La splendeur des offices ,
de la cathédrale de Québec frappa d’étonnement # sort
| Mgr de Saint-Vallier, la première fois qu’il en fut # pul
| témoin. | l Croit-on que si le premier évêque de Québec #Æ no | eût voulu montrer un attachement moins résolu au tin: | siège apostolique, et plus de penchant pour les # et | prétentions de l'Eglise gallicane, faire des conces- M sai | sions à l'archevêque de Rouen, et laisser le Canada M tior | subir peu à peu la tutelle de quelque Eglise de M que | France, plutôt que de travailler à le maintenir sous # pri la dépendance immédiate du saint-siège, il n'aurait M jug . pas pu facilement éviter les luttes glorieuses, mais M une 1: pénibles, qui honoerèrent les débuts de son épis Æ ext | copat ? ©. po Il avait une grande -aversion pour l’hérésie et M cho
| tous ses adeptes : “ Nous ne souffrons ici aucune M tôt À secte hérétique, écrit-il au souverain pontife. C’est # I
| ce que le roi ma accordé pieusement, sur la M con | demande que je lui en ai faite, avant de quitterla M Inc (l France.” M tre A : Quel n’était pas le respect de Mgr de Laval pour M soit | | les saints canons de l’Eglise, pour ceux du concile #f que 1 de Trente, en particulier? C’est sur ces décrets M din | | qu’il s'appuie pour l'établissement de son séminaire, Æ une
pour toutes ses ordonnances et pour la conduite M éga
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de son Eglise, en général : il en fait la règle invariable de sa vie et de tous ses actes épiscopaux.
Mais il témoigne surtout de son respect et de sa soumission à l'Eglise, par l'observation la plus scrupuleuse de ses commandements.
‘ I] faisait tout son possible, dit le F. Houssart, nonobstant son grand âge et ses infirmités continuelles, pour observer tous les jours d’abstinence et de jeûne, tant ceux qui sont commandés par la sainte Eglise, que ceux qui s’observent par dévotion dans le séminaire. Et si Sa Grandenr a quelquefois cédé en cela à l’ordre des médecins et aux prières de MM. les supérieurs du séminaire, qui jugeaient qu’Elle devait faire gras, c'était pour Elle une grande mortification, et ce n’était que par une extraordinaire charité pour son cher séminaire et
pour tout le Canada, qu’Elle donnait quelque
chose à la nature pour l’empêcher de mourir si tôt.”
Il avait pour le souverain pontife et pour les congrégations romaines le respect le plus profond. Incapable de se rendre lui-même à Rome, il veut être toujours représenté auprès du chef de l’Eglise, soit par quelque ami, comme Mgr Pallu, soit par quelque autre personnage distingué, comme le cardinal Spada. Il correspond avec le saint-siège avec une fidélité et une régularité qui nous étonnent, eu égard à la difficulté des communications, surtout à