‹ Le Vénérable Père Eudes: 1601-1680Chapitre 10 sur 37 · I. Le P. Le Beurrier, qui complète le P. de Monilgny · texte numérisé non relu

I. Le P. Le Beurrier, qui complète le P. de Monilgny

Le P. Eudes, lui, était tout prêt à remplir le siea tel qu'il Tentendait, c'est-a-dire sans réserve et sans mesure. Il força, pour ainsi dire, la main à son Supérieur, M. de Repichon, qu'il devait bientôt aider à mourir au cours de l'épidémie, et pour ne contaminer personne, il logea — si on peut appeler cela loger — dans un grand tonneau qu'on lui avait établi au milieu d'un pré. Le souvenir en demeura et le pays parla pendant longtemps de ce qu'on appelait « le pré du saint » . Cette fois cependant il paraît avoir été plus secondé qu'à Argentan. Si certaines communautés avaient subi l'influence du siècle, d'autres avaient gardé plus intact l'esprit de leur vocation. On cite ainsi des Jésuites et des Capucins qui soignaient les malades pauvres dans l'hôpital de l'un des faubourgs et y trouvèrent saintement la mort. Le P. Eudes allait de préférence vers les gens en péril dans leurs propres demeures. Il était aidé par Mme de Budos*, abbesse des Bénédictines de la Sainte-Trinité, qui tous les jours lui faisait envoyer de la nourriture près de son abri de Diogène chrétien. Les Carmélites de la réforme de sainte Thérèse établies dans la ville, et qui avaient usé de son ministère, lui faisaient savoir qu'elles le soutenaient de leurs prières et de leurs actes de piété. Après avoir assisté bien des mourants, converti bien des pécheurs — on dit aussi des calvinistes — il fut à son tour atteint, non de la peste, mais d'une fièvre intense qui mit ses jours en danger. Avait-il cherché la mort, comme les siens

I. Nommée abbesse à quinze ans, elle n'avait pas tardé à prendre conscience de ses devoirs et à les remplir : car on lit dans les annales du P. Coslil : « Ayant trouvé sa maison sans clôture, sans communauté, sans habit régulier, sans vrai silence et sans presque aucune observance, elle remédia à tout avec le temps, par sa patience, sa douceur et son exemple a..

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