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exploit du chasseur. Rochetonnerre, laissant tomber son rifle,se jeta sur sonennemiet lesaisit à la gorge ; mais il relira presque aussitôt ses mains. Elles ruisselaient de sang. La tête du sauvage était à demi séparée du tronc. La mort avait été instantanée.
Il n’y avait pas de temps à perdre. L’alarme était donnée à ceux du dehors, peut-être même à ceux
du dedans. Il s'agissait, avant tout, de fermer la ga-
lerie.
Le comte ramassa son arme. Il passa par-dessus le cadavre de l’Indien ; tout à coup sa main toucha le cornet à poudre de l'froquois. IL saisit la corde qui le tenait attaché et l'arracha. Puis il s’élanez, réprimant avec peine un cri de joie en se voyant d’une mauière inattendue en possession de l’unique objet pour lequel il avait couru de si terribles dangers.
Si prompt qu’eût été son mouvement, un instant plus tard il serait devenu inulile, car les hurlements féroces des [roquois ébrarlèrent la galerie, et le chasseur put se convaincre que le poste du dehors accourait. Néanmoins il eut le temps d'arriver jusqu'à la pierre, et il la-trouva telle qu'il l'avait laissée.
Usant de toute sa vigueur, il souleva le formidable bloc et le fit rouler à sa première place ; puis, avec les éclats de pierre qui servaient de coins, il l’assuettit solidement, de menière à lui faire faire en
cr
quelque sorte corps avec le rocher lui-même, Le chasseur avait à peine terminé cette rapide besogne, qu'il entendit les exclamations et les lamentations des sauvages qui venaient de découvrir le cadavre de leur compagnon.
Cependant Rochetonnerre ne resta point en place.
Il craignait l'approche des ennemis, et, sans hésiter,
il s'engagea promptement dans les méandres du labyrinthe. Il parvint ainsi à une galerie latérale qui menait au cœur de la caverne. Il s’y arréta, détacha son couteau de son rifle, etse mit enposition pour recevoir les assaillants.
Pendantce temps, les froquois du dehors battaient à coups redoublés le bloc de pierre qui leur barrait le passage, et ilsaccablaient d'imprécations l'ennemi, encore inconnu, qui s'était joué de leur vigilance.
Le comte savait Lrès bien qu'il leur était impossible de renverser cel obstacle. Les Peaux-Ruges ne pouvaient l’allaquer que d’un seul côté, ct ce côté, lui seul en avait le secret. À moins d’être au courant du mystère des galeries latérales, cequ'il croyait absolument impossible, les Indiens ne pouvaient arriver à lui que par la galcric principale, qui était, en cet endroit, très basse et très étroite. Quant à la galerie latérale, elle formait avec l’autre un angle rentrant, où le chasseur pouvait se mettre à l'abri sans qu'aucune balle püt l'atteindre.
Soudain, ceux qui étaient dehors cessèrent d.