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battre le bloc de pierre. Rochetonner:e n’eut aucune peine à en comprendre la raison. Ils s'étaient évidemment décidés à faire le tour de la caverne pour avertir leurs compagnons du dedans que l'ennemi était pris dans la souricière,
Grâce à la connaissance qu’il avait des détours du labyrinthe, le chasseur croyait n'avoir à redouter aucun danger. Aussi résolut-il de surprendre les Iroquois au moment où ils entreraient dans la galerie. IL était décidé d'avance à abattre le plus possible de Peaux-Rouges, car il savait que, s’il tombait dans leurs mains, il aurait à subir le plus effroyable supplice.
Le poids du cornet à poudre représentait au moins une livre de la précieuse substance. Le chasseur s’assura que la lumière de son rifle était en état; ensuite il avança, sans hésitation, dans les ténèbres, Au bout de quelques pas, la galerie devint plus large et plus haute. Alors le comte se prit à courir ; puis il s'arrêta brusquement, pour s’enfoncer dans une espèce de niche formée par une excavation, et où il
pouvait aisément contenir tout entier. |
… Un regard lancé dans la profondeux Je la caverne :
permit au comte de Rochetonnerre de distinguer un faible rayon de lumière qui passait par les crevasses
du passage fermé, et annonçait l'approche des
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Le rifle épaulé, le Français altendit les Peaux- Rouges.
Il put distinguer les murmures confus de leurs voix, et, à leur tumulte, il reconnut que ceux du dehors étaientrentrés de l’autre côté, et qu'ils avaient donné à leurs compagnons communication des étranges événements qu. venaient de se passer.
Le hruit des voix cessa tout à coup. Le comte entendit les sauvages remuer prudemment la lourde pierre, et, vareil au doigt du destin, sox long rifle se leva lentement jusqu'a ce qu'il visât le point où
“brillait la lumière. Le bloc de pierre s’ébranla, disparut, et une tête rasée prit sa place.
Le vieux pionnier ne ressentait en ce mozaent au cune pilié. Il tenait le sauvage au bout de son rifle. Il eût pu l’épargner. Mais les Indiens l’avaient forcé à les combattre avec leurs propres armes et leurs propres ruses, ou à se livrer à eux sans espoir de merci.
De part et d’autre l'enjeu était la vie même du combattant. Aussile comte de Rochetonnerre éprouvat-il une joie pour ainsi dire infernale lorsqu'il pressa la détente de son arme. Le coup partit et l’roquois tomba foudroyé. Il n'eut pas un geste, il ne proféra pas un cri, L'écho roulant de profondeur en profondeur, de galerie en galerie, porta au loin, semblable äu roulement du tonnerre, le bruit indéfiniment ré-
percuté de la délonalion. Avec la promptitude de
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l'éclair, le chasseur avait rechargé son rifle, et tandis qu'il versait Ja poudre dans le canon, des cris de vengeance retentissaient à ses oreilles : les compagnons de l’homme rouge juraient que sa mort serait vengée par un châtiment horrible.
Le cadavre de l'Iroquois avait été enlevé. Une autre tête apparut à l'entrée. Avant que le chasseur eût pu lever son arme, quatre sauvages étaient entrés dans la galerie, Un cinquième allait les suivre.
Tout à coup une seconde détonation, non moins formidable que la première, éclata. Un second «x d'agonie lui répondit. Les Peaux-Rouges, ivres de fureur et guidés par la lumière, déchargèrent de commun accord leurs rifles dans la direction d’où le coup était parti.
Un rire strident, accompagné d’une exclamation de défi, fit résonner la voûte. Le comte, aussitôt après
voir fait feu, s'était effacé et avait disparu dans la
niche. Les sauvages surexcités firent pleuvoir une nouvelle grèle de balles contre les parois de la galerie,
Un second éclat de rire plus insolent encore que le premier porta leur exaspération au comile. Ils se précipilèrent comme une seule masse vers l'endroit où ils étaient persuadés de trouver leur ennemi: ils furent déçus dans leur attente.
Rochetonnerre avait quitié sa retraite, et, profitant du tumulte, il ava:! disparu sans bruit dans la galerie,
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tout en rechargeant son arme pour ure prochaine occasion, Rassuré par les avantages qu’il venait d’obtenir, il craignait néanmoins que les Iroquois, frappts de terreur, n’abandonnassent momentanément la partie. 11 se trompait. L’opiniâtreté est le propre des Indiens. Ceux-ci étaient d’ailleurs tellement désespérés, tellement furieux d'avoir perdu tant de braves, qu'ils préféraient mourir jusqu’au dernier plutôt que de rentrer dans leur tribu avec la honte d’avoir été vaincus.
Leur troupe, grossie par ceux qui étaient restés d’abord à l'intérieur, s’élança à la poursuite de l'onnemi. Le comte serré de près allait comme le vent. Il savait que dans un instant une aide puissante allait l’assister dans son œuvre de mort. Et il ne se faisait pas illusion, car au même moment il entendit le bruit #pouvantable de la chute de plusieurs corps qui tombaient d'une grande hauteur, tandis que des cris de désespoir et d'horreur atlestaient que ses vœux élaient exaucés. |
L'homme blanc ne put se défendre d’nn serrement de cœur en se représentant le spectacle de cet effroyable écrasement d'êtres humains : il mesurait de la pensée les gouftres où les Iroquois venaient de e‘abimer. Meis, se reprochant aussilôt sa compassion pour des monstres qui n’avaient de l’homme que la face, le pionnier releva son rifle, se retourna et fil feu sur ses ennemis.
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