‹ Le vengeur de Montcalm [microforme]Chapitre 22 sur 26 · ER · texte numérisé non relu

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Il s'attendait à la riposte. Aussi s’élait-il rangé de côté. Il savait que son coup ne dev it pas porter, mais il obtint le résultat qu'il voulait. En effet, les sauvages accouraient comme des démons.

Rochetonnerre s'était arrèlé. Un éclair sinistre

passait dans ses yeux. Ses traits avaient une expres-

sion de dureté qui montrait que sor {ne était fermée à toute miséricorde, Il avait déposé son fusil et tenait d'une main son couteau, de l’autre sa hache, Sachant exactement où il se trouvait et sûr de n'avoir affaire qu'à un petit nombre d’Indiens, il avait résolu d’en finir et de vaincre ou de mourir,

Le passage était étroit, le comte s’adossa à une légère dépression de la paroi, de manière à forcer les Indiens à défiler devant Il: Les Peaux-Rouges, poussant des aboiements et des rugissements horribles, arrivaient avec l'impétuosité d’un torrent.

Tout à coup la lourde hache du rhasseur s’abattit; le sauvage qui venait en tète tomba, le crâne fendu par le milieu. L’arme se releva, puis s’abattit encore, et toujours elle montait et descendait. A cha: que mouvement un nouvel Indien roulait, affreusement mutiié, aux pieds du Buffle-Gris. Quénd la hache cessa de manœuvrer, ce füt le tour du couteau.

Enfin, jetant un cri terrible qui domina toutes les clameurs et tous les râles, le Supplicié-Vivant tomba sur ses ennemis épouvautés, en brandissant à la fois ses deux armes couvertes de sang. On eût dit qu'une

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folie furieuse s'était emparée de lui. Il ne s'aperçut

. point que ses bras frappaient le vide. Le peu de sau- : vages qui avaient survécu au carnage avaient re- Ion broussé chemin et fuyaient éperdus.

| Ils ne pouvaient concevoir qu'un être humain . eût assez de puissance pour soutenir à lui seul cette HE lutte de géant sans qu'il fût possible de l'atteindre a jamais. Les événements qui s'étaient succédé depuis Lie le commencement du siège, l'étrange disparition des saut deux hommes blancs, la manière absolument incomsa préhensible dont l’un de ces hommes avait repris Éa possession de la caverne si bien gardée, tout portait à croire que l'on n'avait point à se mesurer avec un sa mortel, mais avec quélque esprit surnaturel, quelque Ho démon quise riait de“ balles, des rifles, des tomaie hawks et des couteaux.

DUC Cependant le salut qu'ils croyaient trouver dans ' à la fuite devait leur échapper également. La plupart ur des Iroquois tombèren’ dans les gouffres par-dessus Été les cadavres de leurs frères. Trois d’entre eux seule ment parvinrent jusqu’au centre de la caverne. Lane Ils se croyaient en sûreté.

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Tout à coup d’une galerie latérale déboucha le chasseur fondant sur eux avec frénésie.

Effrayés, ils se jetèrent vers l'entrée. Dans son effarement, l’un des trois se lança par-dessusla pierre dans l’espace et alla s’écraser au pied du rocher. Le

second trébucha, La hache du chasseur descendit sur — MONTCALM 9

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lui comme ia foudre et fit voler sa tête à dix pas du tronc.

Le comte de Rochetonnerre cherchait des yeux le

dernier Iroquois pour l'immoler à sa fureur. L’In-

dien avait réussi à s'évader et s'était laissé glisser le long du rocher, déchirant son corps uux nombreuses saillies.

Lorsque le comte interrogea l'horizon, il vit le sauvage affolé disparaître dans la forêt,

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