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E bleu du crépuscule est si tendre et si pâle Qu'il semble qu'en l'éther se soient vaporisés, Après la mort, des cœurs las et désabusés Dont la mélancolie inquiète s'exhale.
Et le ciel est pour nous une grande âme sœur; Et dans le soir d'avril, le souffle de la brise Est comme le murmure ou la plainte indécise De cette àme qui n'est qu'amour et que douceur
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A saison sort de Teau telle qu'une novée, Les cheveux tout collés sur son corps ruisselant. Au fond de l'âme en deuil d'amour, son pas tremblant Résonne comme au fond d'une allée effeuillée.
Pars vite sous le ciel d'automne pluvieux,
Saison grise qui par les averses t'achèves,
Saison aux regards froids, glauques de tant de rêves
Tant de nos rêves morts qui gisent dans tes yeux.
-<Si^
Sfè
E ciel à travers les arbres nus rougeoyant Est comme une àme où brûle une peine soufFerte Un nua^e troué saigne, tout défaillant.
Et le couchant jaillit par cette plaie ouverte.
Ciel d'hiver, chair blessée, azur décoloré Où le soleil qui meurt met ses éclaboussures, N'es-tu pas, ciel malade, un grand cœur déchiré, Un cœur qui ne peut plus refermer ses blessures?
Parfums
i ARFUMS venus des bois, des jardins ou des grèves,
Arômes dérobés à toutes les saisons.
Vous grisez de vos sucs imprégnés de poisons
Le cortège amoureux et chantant de nos rêves.
Vous les entrainez loin par les champs vaporeux Où se tissent dans l'air vos fluides guipures ; Et là, vous dépravez nos ferveurs les plus pures En stimulant l'essor de nos désirs peureux.
Parfums, timbres des fleurs, muette symphonie Dont les thèmes ardents s'en vont entre-croisés, Le vent qui vous apporte à nos sens attisés Etend sur nous, comme un baume, votre harmonie
Votre murmure est sourd et module sans bruit Il semble qu'en vos voix s'exprime le silence. Et lorsque votre rythme en effiuves s'élance, Il est le souffle émis par le cœur de la Nuit.
ES parfums à nos veux entr'ouvrent des Sésames Evoquent, dans de l'or, des parterres d'oeillets Ou la bouche des fleurs aux ardeurs des juillets Se pâme de langueur comme la chair des femmes.
Des paysages clairs s'esquissent d'autres fois : L'arôme des premiers muguets, qui vous arrive Tout imbibé par une acidité d'eau vive, A la fraîcheur d'un son de flûte au fond des bois,
Et dans la rue étroite et que Tombre enlinceule La senteur d'un jardin par-dessus un vieux mur Fait sursir du profond d'un losis très obscur Une femme à bandeaux qui se meurt d'être seule,
EL parfum compliqué nous entraîne à sa suite Dans un boudoir ambré de linges féminins Dont les effluves sont d'insidieux venins Avivant l'appétit de notre chair séduite.
On rêvait d'amour frais dans un verger d'avril, De baisers sentant l'herbe et l'eau des cressonnières Notre cœur dépliait ses feuilles printanières Ht tremblait à l'éveil d'un émoi puéril.
iMais qu'un parfum sur nous imprime sa morsure, Nous hurlons de fureur après des baisers roux, Des baisers frelatés de fards et de bijoux Dont le désir nous brûle ainsi qu'une blessure.
N VOUS voyant poudrer vos épaules, Dorise, Dans votre chambre tiède où flotte le péché, Pourquoi l'arôme vif d'un flacon débouché, En humectant mon front comme un afflux de brise.
M'a-t-il transporté loin dans d'obscures forêts. Au pied d'un chêne épais où dansaient des dryades, Tandis qu'en une flûte aux limpides roulades Chantait l'âme d'un faune au cœur du matin frais?
C'est que ce matin-là, pareils à des faunesses Qu'emporte le bouc noir qu'elles ont enfourché, Dans votre chambre tiède où flottait le péché S'ébattaient les désirs de nos folles jeunesses.
Et Todeur du flacon qui conduisait aux bois. Tel un frivole essaim, vos rires et mes rêves. C'était Todeur de vos vingt ans, riches de sèves, Dont le chant roucoulait comme un air de hautbois.
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^Quelquefois le parfum se fond avec la chair On en garde à la lèvre une saveur étrange; Le goût à tout ce qu'on aspire se mélange Et Tarome vous suit, incorporé dans l'air.
Effluves d'une chair saine de jeune fille Circulant parmi la fièvre des soirs d'été Et qui donnent comme un bouquet plus velouté Aux parterres pâmés qui fleurent la vanille.
Dans le jardin désert nous ne sommes pas seuls Un corps évaporé près de nous vagabonde, Et l'ambre qui montait de sa jeunesse blonde Se mêle dans le soir au parfum des tilleuls.
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Vç^UAND s'exaspère, sur la côte, la tourmente Qui déchaîne tout un ouragan de parfums, Dans les bras de l'amant qui l'enserre, l'amante Blottit son front peureux mouillé par les embruns
Et les mouettes sont des fileuses de brumes Qui tournent en rouet avec de petits cris; Et, pareille au duvet effrité de leurs plumes. L'écume de la mer flotte dans le vent gris.
L'odeur des algues rend amère la caresse Des lèvres, parmi les crépuscules glacés. Les amants sont navrés d'une atroce détresse : Et l'angoisse du soir tremble dans leurs baisers,
Fu
mees
A brume, c'est de la tristesse qui chemine, De la tristesse qui par Pair se dissémine, Du vague à l'àme dans l'ëther se dissolvant. Du chagrin qui vovage, emporte par le vent, Le désenchantement de quelque abandonnée Qui s'est à la douleur de vivre résignée. La brume, c'est comme un murmure vaporeux, Le soupir débordé d'un destin douloureux. Toute une lassitude en elle se résume : Et les femmes sont les genèses de la brume, Les femmes dont le cœur est mort à tout espoir, Quand le lin de leur spleen pleure aux fuseaux du soir
A fumée a la grâce imprécise d'un songe Dont la trame se fait transparente, et s'allonge, Et s'effiloche, et n'est bientôt qu'un ruban bleu Qui se déchire, qui se dissout peu à peu. Et dont les filaments l'un de l'autre s'éloignent. Et meurent pour renaître, et, disjoints, se rejoignent, Se coordonnent en figures d'animaux.
S'opposent, comme des promontoires jumeaux. Evoquent des pâleurs froides de paysages. S'effilent, langoureux, en féminins visages, Et s'absorbent dans Pair une dernière fois Comme un amour blessé s'éteint dans une voix.