‹ Le vent dans la nuitChapitre 4 sur 12 · SS · texte numérisé non relu

SS

'ame du jour qui meurt se résout dans la brume Il ne reste de lui qu'une cendre qui fume; Et, là-bas, le brouillard qui monte à l'horizon, C'est de son être la suprême exhalaison. Et d'un défunt amour pareillement s'élève Une amère vapeur de tristesse et de rêve; Un regret nostalgique aux floconnements gris Flotte comme un encens autour de ses débris. Et, de même que la cendre de la journée Dans les ombres du soir disparait entrainée. Ainsi notre cœur sent résorbé son ennui Par les ténèbres d'une irrévocable nuit.

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OMME un beau vers longtemps enchante la pensée Et la garde sous sa magie influencée, Le charme d'une femme ainsi demeure en nous. Un émoi nous étreint, voluptueux et doux, Et l'on se sent vraiment captif d'un parfum d'àme. Le souvenir de la grâce de cette femme, La grâce du maintien, du sourire, des yeux. Eveille en nous tout un trouble mystérieux Et laisse dans le cœur une molle traînée. L'ambiance dont elle était environnée Nous obsède, vapeur légère et grise un peu, Perpétuant le cher poème de l'adieu.

-tsiy-

A vapeur de l'encens qui monte dans l'église Baigne de sa douceur la pensée imprécise. On rêve; on revit son enfance, son passé; Et le cœur, tout à l'heure encor tant oppressé. Voit l'indulgence ici saintement lui sourire. L'église sent la dalle et la nappe et la cire. Ht les chants floconneux, à l'entour des piliers. S'enroulent comme autant de rubans dépliés, Et dans les nefs, l'encens qui voyage en fumée N'est plus que notre foi confiante exprimée, Le murmure du cœur qu'encourage l'espoir. Et notre âme vers Dieu lève son encensoir.

u X soirs d'été fiévreux comme des veux de femme. On dirait que la ville amoureuse se pâme Sous les baisers de feu d'un couchant sensuel. Tout le corps de la ville est imprégné de miel Et trempe mollement dans une brume chaude, Caressante fumée autour d'elle qui rôde Et qui semble échappée en ces déclins de jour De la ville où tient tant de jeunesse et d'amour. Cette vapeur dorée aux transparences roses Q^ui tremble, c'est un peu la tristesse des choses, La tristesse qui prend, quand leurs sens sont calmés, Les amants qui se sont trop ardemment aimés.

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