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D’après cet écrivain, par exemple en Ecosse, on croit qu’il y en a sous les sh et qu’ils sont gardés par des géants et des fées; en Bretagne, on croit qu'ils sont gardés par un vieillard, par une vieille, par un serpent, par un chien noir ou par de petits démons, haut d’un pied ; dans les autres pays, il en est de même, moins quelques variantes.
Pour se saisir de ces trésors, ‘il faut, disent-ils, après quelques prières, faire un grand trou sans dire un mot. Puis le tonnerre gronde, éclair brille, des charrettes de feu s'élèvent dans les airs, un bruit de chaînes se faitentendre, et bientôt on découvre une tonne d’or. Parvienton à l’élever au bord du trou, un mot qui vous échappe la précipite dans l’abîme à mille pieds de profondeur.”
Voici maintenant une des abominables conjurations que des hommes, qui se targuent d’être chrétiens, ont l’audace de prononcer en pareille circonstance : |
‘© Je vous commande, démons qui résidez en ces lieux, ou quelque partie du monde ‘que vous soyez, et quelque puissance qui vous aient été donnée de Dieu et des saints anges sur cé lieu même, je vous envoie au plus profond des abîmés infernaux. Ainsi, allez tous, maudiis esprits et damnés, au feu éternel qui vous est préparé et à tous vos compagnons; si vous m'’êtes rebelles et désobéissants, je vous ‘contrains et condamne par toutes les puissanees de vos supérieurs démons, de venir, obéir et-répondre positivement à ce que je vous ordonnerai au nom de Jésus-Christ, etc? :
Les commentaires deviennent inutiles après avoir rapporté de semblables blasphèmes, le simple bon sens du lecteur saura les répudier justement. |
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12 LE VÉRITABLE nd CHAPITRE .
Les trois fameux Grimoires,
Nous nous bornerons à signaler ici les trois
rimoires les plus connus, en les accompagnant de quelques notes. Un bon nombre de gens croient encore, d'après la tradition, qu’on fait venir le diable en lisant le grimoire ;: mais qu'il faut avoir soin, dès qu'il paraît, de lui jeter quelque chose à la tête, soit une savate, une
souris ou un chiffon ; car autrement, disent-ils, 4 on risque d’avoir le cou tordu. Aussi on avait Là
terrible petit volume connu sous le nom de Grimoire, autrefois tenu secret et pour une bonne cause.
Voici maintenant les trois grimoires qui ont été les plus célèbres d’entre tous les autres. Le premier est connu sous le nom de Grimotre du pape Honorius, avec un ‘ recueil des plus rares secrets,” ornés de figures et de cercles. Une : partie de ce volume ne contient que des conju- À rations, et l’autre un ‘ recueil de rares secrets.” |
Le second est intitulé : Le vrai Grimoire, et sur le revers du titre : “ Les véritables Clavieules de Salomon.” On y trouve aussi des conjurations et des formules magiques avec un ** recueil de secrets curieux.” |
Le.troisième est Le Grand Grimoire avec !:
“ Grande Clavicule de Salomon,” contenant la magie noire ou les forces infernales du grand Agrippa (1), pour découvrir les trésors cachés et
la prudence, dès qu’il était saisi, de brûlerle à |
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© (1) Henri Corucil:» : grippa était médecin et philosophe et fut
l'un des plus savr:i: homme: de son temps. Né à Cologne en 1486,
est mort à Grenc à. ::, 1f.;, après une carrière orageuse. Il passe
pour un gran s0::i5x de son époque, et comme ayant des relations ” secrètes avec Satan.
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se faire obéir à tous lesesprits, suivis de “ tous les arts magiques et de secrets merveilleux.”
Pour donner à ces livres niais et absurdes,— qu’on attribue faussement, le premier, au pape Honorius et les deux derniers, à Salomon, —une autorité plus grande, ‘ on disait, rapporte l’Histoire de la Sorcellerie, qu’il fallait les faire baptiser par un prêtre, et les nommer comme un enfant. Le prêtre recommandait aux puissances infernales d’être favorables à ce néophyte ; et il sommait l’une de ces puissances de venir, au nom de toutes, apposer son cachet sur le volume. Le livre signé et scellé, tout l’enfer se trouvait soumis aux volontés de celui qui s’en servait, et il n’y avait point de diable qui ne se fit un plaisir et un honneur d’obéir.
‘* Tout ce que l'imagination la plus déréglée peut inventer de plus absurde, tout ce que l’impiété peut rêver de plus sacrilége se trouve réuni dans ces volumes, que l’on peut regarder avec raison comme devant occuper le premier rang parmi les monuments de la sottise humaine. ?”
A l’appui de ce qui précède, nous citerons la conjuration suivante, extraite du Grimoire qu’on attribue à tort au pape Honorius, et où les noms de la Trinité, de Dieu, de Jésus-Christ, de sa sainte mère, des saints ét des martyrs, les versets de l’Ancien et du Nouveau-Testament sont profanés de la manière la plus odieuse.
La voici en son entier :
‘ Moi (on se nomme), je te conjure, esprit (on nomme l'esprit qu’on veut évoquer}, au nom du grand Dieu vivant qui a fait le ciel et la terre et tout ce qui est contenu en iceux, et en vertu du saint nom de Jésus-Christ, son trèscher fils, qui a souffert pour nous mort et pas: sion à l’arbre de la croix, et par le précieux
amour da Saint-Esprit, trinité parfaite, que tu aies à m'apparaître sous une humaine et belle forme, sans me faire peur, ni bruit, ni frayeur quelconque. Je t’en Conjure au nom du grand Dieu, vivant, Adonay, Tetragrammaton, Jehova, Tetragrammaton, Jehova, Tetragrammaton, Adonay, Jehova, Othéos, Athanatos, Adonay, Jehova, Othéos, Athanatos, Ischyros, Athanatos, Adonay, Jehova, Othéos, Saday, Saday, Saday, Jehova, Othéos, Athanatos, Tetragrammaton, à Luceat, Adonay, Ischyros, Athanatos, [schyros, Athanatos, Saday, Saday, Saday, Adonay, Saday, Tetragrammaton, Saday, Jehova, Adonay, Ely, Agla, Ely, Agla, Agla, Âgla, Adonay, Adonay, Adonay ! Ven (on nomme l'esprit) ven (on nomme | esprit) verni (on nomme l'esprit).
“Je te conjure de rechef de m’apparaître Comme dessus dit, en vertu des puissances et sacrés noms de Dieu que je viens de réciter présentement, pour accomplir mes désirs et vo- Jontés sans fourbe ni mensonge, sinon saint Michel archange invisible te foudroyera dans le plus profond des enfers ; viens donc pour faire ma volonté. ”
Et pour donner plus de force à cette abominable Conjuration, on ÿY ajoutait encore certaines formalités : tels que les sacrifices de chats, de chiens et de poules noires ; ou bien encore on portait sur soi de la corde de pendu ; mais, Surtout, on cherchait à se Procurer des œufs de
coq, pondus dans le Pays des infidèles.
Il suffit, sans doute d’indiquer ces stupidités ie Inconcevables, pour faire Comprendre de suite qu’elles sont toutes, sans distinction, les œuvres des temps barbares, où la plupart des peuples
e Q ? . 11 L Croupissaient dans une l8norance complète de tout principe religieux.
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Nous terminerons ce chapitre en rapportant, à propos du Grimoire, une anecdote assez plai- Sante, extraite de l’Histoire des fantômes ei des démons :
‘ Un petit seigneur de village venait d’'emprunter à son berger le livre du Grimoire, avec lequel celui-ci se vantait de forcer le diable à paraître. Le seigneur, curieux de voir le diable, se retira dans sa chambre et se mit à lire les paroles qui obligent l'esprit des ténèbres à se montrer. Au moment où il prononçait, avec agitation, ces syllabes puissantes, la porte qui était mal fermée, s'ouvre brusquement ; ‘le diable paraît, armé de ses longues cornes et tout couvert de pcils noirs... Le curieux sei. &neur perd connaissance et tombe mourant de peur sur le carreau, en faisant le signe de la croix. Il resta longtemps sans que personne vint le relever. Enfin il rouvrit les yeux et se retrouva avec surprise dans sa chambre. Il vi- Sita les meubles, pour voir sil n’y avait rien de dégradé : un grand miroir qui était sur une chaise se trouvait brisé, c'était l’œuvre du diable, Malheureusement, pour la beauté du conte, on vint dire un instant après à ce pauvre seigheür que son bouc s'était échappé, et qu’on avait repris devant la porte de cette même pièce où il avait si bien représenté le diable. [avait vu dans le miroir un bouc semblable à lui et avait brisé la glace en voulant combattre son ombre.”
Cette anecdote nous donne l'explication d’une foule d’autres apparitions extraordinaires, qui se réduisent, moins les variantes, à celle du sei: gneur et de son bouc.
16 LE VÉRITABLE Etat in cvtlipee dy méloneiiniens pou