CHAPITRE IV
Le Dragon-Rouge et la Poule-Noire.
Le Dragon-Rouge traite premièrement de l’art de commander les esprits célestes, aériens, terrestres, infernaux, puis du vrai secret de faire parler les morts, de gagner toutes les fois qu’on met aux loteries, de découvrir les trésors cachés, etc.,etc. ; la Poule-Noire, ou la poule aux œufs d’or, de la science des talismans et des anneaux magiques, de l’art de la nécromancie et de la cabale pour conjurer les esprits infernaux, les sylphes, les ondins, les gnomes, de la manière d’acquérir la connaissance des sciences secrètes, etc., etc.
Telles sont les niaiseries toutes incompréhensibles que contient ce volume, réimprimé encore si souvent en France, et dont les ignorants qui l’achètent sont chaque jour les dupes.
La croyance la plus généralement répandue touchant la poule noire, c’est qu’en la sacrifiant à minuit, soit à la lisière d’un bois, ou encore
mieux à la fourche de trois chemins, on engage le diable à venir faire un pacte. D’après ce fameux livre, il faut prononcer une conjuration, ne se point retourner, faire un trou en terre, y répandre le sang de la poule et l’y enterrer. Le même jour, ou neuf jours après, le diable vient et donne de l'argent, ou bien il fait présent à celui qui a sacrifié d’une autre poule noire qui est une poule aux œufs d’or.
‘ Les doctes, dit un auteur, croient que ces sortes de poules, données par le diable, sont de vrais démons. Le juif Samuel Bernard, banquier de la cour de France, mort à quatrevingt-dix ans, en 1759, et dont on voyait la maison à la Place-des-Victoires, à Paris, avait, disait-on, une poule noire qu'il soignait extrémement ; il mourut peu de jours après sa poule, laissant trente-trois millions.”
Le lecteur comprendra, sans doute, que la fortune immense réalisée par cet homme, durant une existence aussi longue, ne fut que le fruit de sa bonne administration comme banquier à la cour de France, et que sa poule noire n’y fut certainement pour rien. Ainsi que chacun mette de l'ordre et administre bien ses propres affaires, tout en pratiquant l’économie, et il se trouvera en peu de temps possesseur d’une véritable poule aux œufs d'or.
Nous terminerons ce chapitre en citant une conjuration très-forte, dont on se sert spéciale: ment pour découvrir les trésors cachés tant par les hommes que par les esprits; nous la trouvons dans le même ouvrage, et on peut s’en servir, dit l’auteur, tous les jours et à toute heure du jour et de la nuit. Mais voyons d’abord quelles sont les différentes croyances-tes plus répandues touchant ces sortes de trésors et comment on les croit gardés.
Lo M Re