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adonnés les premiers, et Cham, a moment du déluge, en aurait été le dépositaire et le propa- Sateur. Mais, pour ne pas se perdre dans le vague de ces légendes, la plupart toutes contradictoires, disons que lès magiciens étaient en grand honneur à la cour de Pharaon et q“ils possédaient déjà, à cette époque, toutes les sciences occultes : le: fait est consigné même dans les livres sacrés de l'Ancienne Loi.
Aujourd'hui, qu’on ne trouve plus de ces magiciens ou sorciers célèbres, nous n’avons done pas à craindre leurs maléfices et sortiléges ; mais leurs œuvres ou croyances absurdes et diaboliques n’en $ont pas moins arrivées jusqu'à nous. Nous les trouvons imprimées dans des livres très recherchés par le vulgaire, et, entre autres, le Grand-Albert, le Petit- Albert, le Dragon-Rouye et le Grimoire. à È Comme ces livres sont la cause principale de la propagation des erreurs populaires jusqu’à nous,. nous. allons essayer :de démontrer que cesouvrages ne renferment, d’un bout à. l’autre, que les mènsonges les: plus grossiers. Nous nous servirons à cet effet des meilleures autorités. IBIÉT 71 L =: 9 fl “Cormimençons par-le Gran/-Albert.
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. Les Admirables Secrets du Grand-Albert.
‘On attribue ce livre À Albert de Groot, savant et pieux dominicain, dont le nom fut traduit par celui d'Albert le Grand. Cet homme:d’un
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génie extraordinaire, naquit dans ia Souabe à Lawigen, sur le Danube, en 1205, et fut mis à tort au nombre des magiciens par les démono-
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graphes. À la suite d’une vision dans laquelle la sainte Vierge, qu’il servait tendrement, lui ouvrit les yeux de l'esprit, rapportent ses bioraphes, il devint l’un des plus grands docteurs de son siècle. Albert le Grand fut évêque de Ratisbonne et mourut saintement à Cologne, âgé de 87 ans. Ses ouvrages, manuscrits, ne furent publiés qu’en 1651, c’est-à-dire 359 ans après sa mort. ‘ En les parcourant, dit Collin de Plancy, dans son Dictionnaire infernal, d’où nous empruntons ces détails, on admire un savant chrétien ; on ne trouve jamais rien qui ait pu le charger de sorcellerie. Il dit formellement, au contraire : ‘ Tous ces contes de démons “ qu’on voit rôder dans les airs, et de qui on “tire le secret des choses futures, sont des absurdités que la saine raison n’admettra jamais. ”
Cependant, on lui attribue, mais à tort, les
Admirables secrets d’ Albert le Grand, ou, comme on le désigne en Canada, le Grand-Albert.
. Ce livre contient plusieurs traités sur les vertus des herbes, des pierres précieuses et des animaux, etc., etc., augmentés d’un préservatif contre la peste, les fièvres malignes, les poisons et l’infection de Pair, tirés et traduits des ànciens manuscrits de cet homme savant ; c’est Pouvrage qui le dit. ‘“ Excepté du bon sens, dit Collin de Plancy, on trouve de tout dans ce fatras, jusqu’à un traité des fientes. ”
Aussi, la plupart des meilleurs historiographes s’accordent à dire qu’Albert le Grand est complètement étranger à ce livre, rempli de réveries grossièrs et fastidieuses, presque toutes absurdes et fort sales.
: Mais, ce qui doit nous étonner beaucoup, c'est de voir qu’en Europe, au centre même de la civilisation la plus avancée, on vende encore,
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chaque année, aux pauvres hebitants des campagnes, des milliers d'exemplaires du Grand- Albert, nonobstant les absurdités dont il est rempli.
Cette malheureuse influence du mystérieux, après avoir traversé l’Océan, s’est répandué fortement en Amérique ; mais heureusement qu’en Canada, nous le disons avec un légitime orgueil, on est bien loin de vendre par milliers d’exemplaires ce livre trompeur aux habitants de nos campagnes, ainsi que cela se pratique en Eu-, rope. Nous croyons, au contraire, qu’il serait | même difficile d’en réunir par tout le Bas-Canada de 25 à 30 exemplaires, quoique ce livre, néanmoins, soit très recherché. Mais, en cela, nous devons féliciter, et beaucoup, nos libraires | Franco-canadiens qui se refusent, chaque jour, / de se prêter à ces sortes de spéculations pour le moins aussi perverses que condamnables.
Nous terminerons ce chapitre par une des plus célèbres sorcelleries d'Albert le Grand qui eut lieu à Cologne et qui contribua sans doute pour beaucoup à le faire passer pour un grand sorcier de son temps : ‘ Un jour, il donnait un banquet, dans son cloître, à Guillaume IF, comte de Hollande et roi des Romains. C'était dans le cœur de l’hiver, et la salle du festin présenta, à la grande surprise de la cour, la riante parure du printemps ; mais, ajoute-t-on, les fleurs se flétrirent à la fin du repas. A une époque où l’on ne connaissait point les serres chaudes, l’élégante prévenance du bon et savant religieux dut surprendre. Ce qu’il appelait lui-même ses opératicns magiques n’étaient ainsi que de la magie blanche. ”
Voilà donc à quoi se réduisait toute la sorce!s lerie d’Albert le Grand. D'ailleurs, il est prouvé
jusqu’à l'évidence que tous les livres de secrets merveilleux qu’on a publiés sous le nom de ce savant dominicait, ne sont qu’une supercherie et qu’une réclame, pour mieux inspirer la-confiance auprès des gens crédules à qui on voulait les vendre.
Passons maintenant au Petit- Albert.