‹ Le verité sur l'AlgérieChapitre 87 sur 148 · VII · texte numérisé non relu

VII

Le rôle d'économie politique assigné à la femme d'Algérie dans la lutte antijuive par les calculateurs du parti.

Que la femme, jouet de sa chair exaspérée, fût

ainsi poussée dans la bagarre antisémite unique- |ment par son sexe et parce que M. Max Régis était

beau garçon, évidemment, cela paraissait humiliant aux politiques du parti.

Les calculateurs voulaient d’elle autre chose que de l’amour pour M. Max Régis, quelque chose de plus utile et de plus pratique dans la lutte : qu’elle n’achetât plus rien chez les juifs.

Déjà en 1891, dans le premier Antijuif, n° du

| 11 janvier, M. de Redon avait essayé de l’éloigner | du commerce juif en disant :

— Que l’on devrait écrire devant les magasins juifs : « Ici les honnêtes femmes n'entrent pas. »

— Que « dans les magasins juifs les chrétiennes n’ont du bon marché qu’à la condition de se laisser pincer le derrière ». (Textuel.)

Pauvre M. de Redon, comme il dut souffrir à la pensée du nombre de chrétiennes qui « ont eu du bon

| marché » dans les magasins juifs depuis 1891... Il | n’eut douleur plus grande que lorsqu'il constata la

nature de l'influence exercée par M. Max Régis qui lui, différent du juif, toujours se fit payer quand il daigna « pincer le derrière » d’une chrétienne.

Les journaux antisémites, pour éloigner la femme des magasins juifs, n’employaient pas toujours la recommandation « gare à votre derrière » inventée par M. de Redon. Aïnsi M. Chaze publia souvent de longues dissertations politico-économiques sur le propos, sans aucune de ces allusions de mauvais goût, plus insultantes pour les femmes que l’on prétendait ainsi défendre que pour ceux dont on croyait les défendre. Mais il faut supposer que la manière à la de Redon était la bonne, car c'était la plus employée.

En voici un article type, dans l’Antijuif, qu'il faut

lire entièrement pour savoir comment l’Algérien comprend « l’art et la manière » de mener les femmes de son pays.

C’est d’un M. Joderlos qui intitulait cette épitre aux Algériennes : « Nouvel appel aux femmes. »

« La femme étrangère qui n’est pas fille d'Israël est une bête. » (Talmud. Trad. Sanhédrin. F, 52. 2.)

« Voilà un article du livre sacré des juifs que toutes les femmes européennes qui vont encore acheter chez les youpins feraient bien de méditer, avant de pénétrer dans les immondes ghettos où on les vole et où on les salit. Oui, femmes françaises et autres, pour les youtres ignobles, vous n’êtes que des bêtes, que des machines à plaisir faites pour rassasier leur lubricité de verrats en rut. Chaque fois que vous allez chez ces êtres visqueux, vous en sortez avilies,souillées, car le juif, en contact avec une Européenne, se fait bouc, singe et pourceau.

« Il s'arrange toujours pour vous toucher de ses doigts crochus, pour vous dire quelque grosse fadaise, quelque galanterie bête et sale avec des mines d’ours mal léché.

«Il ne respecte rien, pas même les toutes jeunes filles, pas même les enfants. Considérant toutes les femmes non juives comme des bêtes, il les traite comme telles et les regarde comme une pâture destinée à exciter et à calmer ses instincts libidineux, ses passions bestiales, ses désirs lubriques.

« La vue, le contact d’une femme européenne, le fait renâcler, baver, s’ébrouer et se trémousser comme un baudet, et la femme qui sort de chez un juif est comme la fleur sur laquelle à rampé un vil colimaçon, salie, souillée, tachée.

« Timide, obséquieux, humble avec les hommes, il est orgueilleux, prétentieux, fanfaron avec les femmes, aimant à se poser eh don Juan, en Lovelace.

« Ilse vante de ses bonnes fortunes et a l’impudeur de proclamer bien haut que les complaisances qu’il obtient des femmes européennes le consolent du mépris qu'ont pour lui les hommes.

« Une telle insolence de la part de Ces misérables, rebut de toutes les nations, exutoire du monde entier, n'est-elle pas ignoble, et ne sommes-nous pas des lâches de la supporter?

« S'il est encore des femmes européennes assez peu respectueuses d'elles-mêmes et de nous pour aller se fourvoyer dans les antres juifs, l’heure n'est-elle pas venue pour nous,

pères, maris, frères et fiancés, de nous unir, de nous liguer et de défendre absolument à nos femmes, à nos sœurs, à nos fiancées, c'est-à-dire à ce que nous respectons le plus au monde, d'acheter quoi que ce soit chez ces reptiles immondes, chez ces crapauds purulents ?

« Femmes françaises nos sœurs, et vous Espagnolettes, non moins belles, ni moins gracieuses, que les juifs se vantent impudemment d’avoir pour un mouchoir de vingt sous, ne sentez-vous pas votre cœur se soulever, tout votre être pris de dégoût au contact du juif que la légende (oh! combien vraie, celle-là) fait descendre du bouc et de la guenon dont il a l'odeur et la lubricité !

« Ignorez:vous que les juifs, même les plus élégants, ont toujours quelque part sur leur corps maudit quelque plaie qui coule, quelque puant stigmate, la lèpre immonde qu'ils ont conservée et propagée à travers les âges ?

« Ne savez-vous pas que, quoique couverts de musc et imbibés d'eau de Cologne, ils puent toujours, et comme la camarade d'atelier de la Nana de Zola, leur digne défenseur, ils trouillotent tous du goulot?

« Et puis, chose plus grave, et qui doit pour jamais vous les rendre, comme à nous, éternellement exécrables, les voyezvous, en ce moment-ci, faire tous leurs efforts, semer à pleines mains l'or corrupteur pour nous déshonorer aux yeux du monde.

« Femmes de France, du pays de Jeanne d'Arc, de la terre de Jeanne Hachette et de mille autres héroïnes que l'histoire a immortalisées, les voyez-vous, ces parias dont la France, dans un moment d'oubli, à laissé faire des citoyens, insulter notre armée, la sainte armée de la patrie, baver sur le dras peau glorieux sous lequel s’abritent vos pères, vos maris, vos frères et vos fiancés, et pour lequel ils sont tous prêts à sacrifier leur vie s’il le faut.

« Donc, femmes françaises, pour votre beau renom, pour votre honneur et votre dignité, faites-vous une règle de conduite de ne pénétrer jamais dans ces ghettos dont vous sortez toujours volées et salies. »

C'était une bien curieuse manière de les nettoyer ces pauvres femmes « salies », que la ianière inventée par M. de Redon.

M. Max Régis était plus avisé quand — le bougre les connaissait bien! — il leur clamait :

« Vous êtes maintenant les vestaies qui veillez au feu sacré sur lequel s’offrira l'holocauste de toutes nos souffrances.

«. Apportez sur l'autel de la Patrie en danger l'hommage de vos dévouements si nécessaires. »

Cela c'était pour les héroïnes qu’on voit arriver des banlieues, coïffées de chapeaux à plumes... des braves femmes, un peu ridicules, mais saines de cœur, et qui « marchaient » quand on les appelait vestales ou qu'on les comparait à Jeanne d’Are.

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