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à craindre d’émulsions tenaces, comme on en observe fréquemment au cours de semblables manipulations. Par distillation du solvant, on obtient en général un résidu cristallisé d’une pureté telle qu’il peut être soumis directement à l’action des réactifs caractéristiques des produits étudiés. »
L'auteur a vérifié que l’action de la pancréatine sur les véronalides était nulle et que, par cette méthode, leur extraction était sensiblement quantitative. Il insiste sur l’ébullition précédant l'attaque trypsique, nécessaire pour détruire l’antitrypsine qui s’opposerait à la protéolyse; il termine la description de son mode opératoire par une purification du résidu au moyen de noir animal et s’est assuré que le noir utilisé ne retenait pas de véronal.
« Afin de séparer les impuretés entraînant une erreur par excès, le résidu a été repris par l’eau au bainmarie, en présence de noir animal, et la solution aqueuse évaporée a fourni un produit cristallisé incolore. Celui-ci, après dessiccation, a été pesé; puis on a effectué sur lui les réactions caractéristiques des dérivés barbituriques. »
Dans sa thèse (pages 26-27), Lagarce (37) signale que par cette méthode il n’a pas toujours obtenu de bons résultats :
« On opère à chaud en milieu aqueux dilué, ce qui charge le liquide d’épuisement d’une grosse quantité d’impuretés qui seraient insolubles dans l’alcool.
« Nous avons remarqué qu’il se forme souvent un coagulum, provenant sans doute d’une protéolyse in-
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complète, quand on porte à l’ébullition le liquide de digestion. D’autre part, lors de l’acidification du liquide refroidi, il se forme un précipité volumineux, dont le lavage est difficile et qui risque de causer des pertes, principalement si l’on a opéré en solution assez concentrée. »
Pour ces raisons, avant d’épuiser par léther en milieu acide, Lagarce (37) a trouvé avantage à :
« Saturer de sulfate d’ammoniaque le liquide soumis à l’ébullition après l’action de la pancréatine, laisser déposer, puis filtrer.
« Acidifier alors faiblement et avec précaution, avec de l’acide chlorhydrique étendu, afin d’éviter la précipitation des produits de désintégration des albuminoïdes et opérer en milieu suffisamment dilué pour que l’addition d’éther ne produise pas de précipité dans la solution à épuiser. »
En opérant la saturation par le sulfate d’ammoniaque, « on a ainsi précipité les albumoses, rendu le milieu plus dense, donc plus facile à épuiser à l’éther et moins susceptible de précipiter par addition d’acide » (37).
Avant d’accepter ces conclusions, il est permis de se demander si l’auteur a bien suivi dans ses détails la méthode préconisée par M. René Fabre. En effet, la pancréatine renferme plusieurs ferments solubles, parmi lesquels Les plus importants sont la trypsine, qui agit sur les matières protéiques, pour donner les protéoses (albumoses et peptones), la diastase pancréatique, qui hydrolyse et saccharifie les matières amyla-
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cées, et la stéaptase ou lipase pancréatique, qui émulsionne les graisses neutres et les dédouble partiellement en glycérine et acides gras.
Or, la trypsine perd son activité à une température supérieure à 50°; par ailleurs, la pancréatine est hygrométrique et doit être conservée à l’abri de la chaleur et de l’humidité, en flacons bouchés et paraffinés. Comme l’indique le Codex (page 446), « il est bon d’en faire de temps en temps l'essai dans des conditions bien déterminées de réaction du milieu, de dilution, de température et de durée » (GuILLoT, 31, p. 272-274). Un gramme de pancréatine doit digérer au moins 50 grammes de fibrine essorée ou 12 gr. 50 de fibrine sèche; l'essai se fait en milieu neutre et à l’étuve à 50°. Tous les acides minéraux ou organiques retardent son action et elle devient inactive avec 0,05 % d’acide exprimé en HCI; l’optimum d’activité de la pancréatine se trouve entre 0,2 et 0,3 % de CONa?, ce qui s'explique parce que le suc pancréatique s’écoule dans un milieu alcalin.
Donc, en résumé, dans la méthode de Fabre il faut respecter les trois conditions suivantes :
1° La température de 50°-55° est un maximum à ne jamais dépasser;
2° La quantité d’un gramme de pancréatine pour 50 grammes de pulpe est une quantité minimum; le produit employé doit être de titre Codex;
3° L’ébullition après protéolyse est nécessaire pour fournir, après centrifugation ou filtration, un liquide limpide se prêtant bien aux manipulations.